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La France de plus en plus isolée en Europe


Alors que l'Allemagne continue de tourner le dos à la morosité économique, que le Royaume-Uni a renoué avec la croissance soutenue et que les PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) sortent progressivement de la crise, la France continue de « briller » par sa mollesse économique.



Marc Touati
Marc Touati
Ainsi et sans surprise, le tube de l'été « la reprise est là… » n'a pas passé l'automne dans l'Hexagone. Et pour cause : à peine a-t-elle fait son apparition que la fameuse reprise a déjà disparu. Telle pourrait être la synthèse de la première version des comptes nationaux de la France au troisième trimestre 2013. En effet, après avoir reculé de 0,4 % du deuxième trimestre 2012 au premier de 2013, puis avoir rebondi de 0,5 % au deuxième, le PIB français a rechuté de 0,1 % au troisième.

Mais au-delà de cette contre-performance sur laquelle nous allons revenir ci-après, la vraie tristesse réside dans le fait que la France est l'un des rares pays d'Europe occidentale (avec l'Italie et Chypre, respectivement - 0,1 % et - 0,8 %) à connaître une variation négative de son PIB au troisième trimestre 2013. + 0,8 % pour le Royaume-Uni, + 0,3 % pour l'Allemagne et la Belgique, + 0,2 % pour l'Autiche et le Portugal, ou encore + 0,1 % pour l'Espagne et les Pays-Bas.

Quant à la zone euro dans son ensemble, son PIB a progressé de 0,1 %, enregistrant ainsi son deuxième trimestre consécutif de croissance. La dernière fois que la France a connu deux trimestres consécutifs de progression du PIB remonte aux troisième et quatrième trimestres 2011. Cela commence à faire long…

Mais, au-delà de ces chiffres sujets à caution et à révision, le plus inquiétant est que cet écart entre la France et ses partenaires européens risque de s'aggraver. En effet, elle est le seul pays européen à refuser de réformer son économie en profondeur et reste de ce fait menacée par un nouveau plongeon.

D'ores et déjà, le détail des comptes nationaux français du troisième trimestre a de quoi inquiéter. Et pour cause : en retirant la contribution de la formation de stocks, variable ô combien artificielle, le PIB français a en fait chuté de 0,6 % au troisième trimestre. En d'autres termes, en dehors d'un mouvement de restockage technique, l'économie française reste bien ancrée dans une léthargie dangereuse.

Pis, à côté d'une consommation sous perfusion qui n'a progressé que de 0,2 % au troisième trimestre, l'investissement s'est de nouveau effondré de 0,6 %, une contre-performance identique pour l'investissement des entreprises et celui des ménages. Cela fait désormais sept trimestres consécutifs que l'investissement recule dans l'Hexagone, soit une régression de 4,7 %. Par rapport à son point haut du premier trimestre 2008, l'investissement national enregistre un effondrement de 13 % !

La France demeure donc bien engoncée dans le cercle pernicieux « désinvestissement-chômage-croissance zéro ». La nouvelle baisse de l'emploi de 0,1 % au troisième trimestre ne fait d'ailleurs que confirmer ce triste état des lieux. Pour retrouver une variation positive de l'emploi dans le secteur marchand, il faut même remonter au deuxième trimestre 2011. Depuis lors, on recense un total de 189 600 destructions d'emplois nettes. Et ce n'est malheureusement pas terminer. Dans ces conditions, le chômage va continuer d'augmenter, alimentant la morosité ambiante, notamment sur le front de la consommation.

Que dire enfin des exportations qui se sont affaissées de 1,5 %. Le problème est que la vigueur de ces dernières était la pierre angulaire des prévisions de reprise du gouvernement...

Plus globalement, avec un acquis de seulement 0,1 % au sortir du troisième trimestre, la croissance annuelle du PIB français devrait bien avoisiner le zéro pointé en 2013. Quant à celle de 2014, elle devrait au mieux atteindre 0,9 %, contre 1 % pour la zone euro. Il faut donc admettre la triste réalité hexagonale : le taux de chômage va se rapprocher des 12 % en 2014, le déficit public va rester supérieur à 4 % du PIB et la dette publique atteindra les 100 % du PIB.

En conclusion, avec des prix à la consommation qui ont encore reculé de 0,1 % en octobre (soit un glissement annuel de 0,6 %), la France est non seulement menacée par la stagnation, le chômage de masse, mais aussi par la déflation et, in fine, la crise sociale. Mais, quand nos dirigeants politiques vont-ils enfin réagir et surtout agir dans le bon sens ?



Marc Touati
Economiste.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


Mardi 19 Novembre 2013
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