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La Bourse des PME, éternelle Arlésienne


On en parle beaucoup et de nombreux colloques lui sont consacrés ; la bourse des PME interpelle régulièrement mais reste un projet flou, jamais concrétisé.



Alain Goetzmann
Alain Goetzmann
Selon une étude IDMidcap parue dans Les Echos du 15 octobre dernier, il est démontré que les performances des entreprises moyennes sont généralement meilleures que celles des grandes.

Que dit en effet cette étude ? Que les PME progressent plus vite que les grandes entreprises. 8% exactement.Quelles sont ces PME ? Un échantillon de 170 sociétés qui affichent ensemble un chiffre d’affaires de 103,8 milliards d’€ soit une moyenne par entreprise de 610 millions d’Euro.

610 millions d’Euro de chiffre d’affaires ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais d’une PME. Cet échantillon représente exclusivement le segment des ETI. Il faut, évidemment, financer leur croissance afin d’en hisser le nombre au niveau de nos voisins – allemands en particulier – mais, de grâce, n’occultons pas les vraies PME qui sont bien plus nombreuses et qui ont, elles aussi, besoin de financements pour se développer.

Ne nous arrêtons pas à la définition stricte de ce qu’est une PME pour l’Union Européenne : moins de 250 salariés, moins de 50 millions d’€ de chiffre d’affaires, moins de 43 millions d’€ de total de bilan. Notons toutefois au passage que ce sont les seuils qui permettent aux entreprises de bénéficier de souscriptions en capital déductibles de l’IRPP ou de l’ISF. Notons aussi que les entreprises qui emploient de 50 à 500 salariés sont 12 fois plus nombreuses que celles qui emploient plus de 500 salariés (30.000 contre 2.500). L’enjeu, on le voit, n’est pas négligeable.

Ces PME font aujourd’hui face à de grandes difficultés mais, comme les success-stories de demain se trouvent dans leurs rangs, il faut absolument trouver les moyens de financer leur développement car, alors que les PME du nord de l’Europe, en Allemagne en particulier, sont libérées de l’essentiel de leurs soucis de financement grâce aux liens très forts qui les unissent à la « banque maison », les nôtres souffrent de deux handicaps : des marges insuffisantes dues à la faible compétitivité de notre pays et des relations bancaires médiocres, séquelles historiques d’un climat de méfiance réciproque. L’offre de financement à leur disposition est donc pour le moins spartiate ; et l’application progressive de Bâle III n’est pas faite pour améliorer cette situation.

Pour pallier à ces inconvénients, un seul moyen : les marchés ! Des marchés effectivement ouverts aux PME. Des marchés qui, théoriquement, existent. Nyse-Euronext organise, à Paris le Marché Libre et Alternext, marchés non réglementés répondant parfaitement aux besoins des PME. Il ne leur manque que l’essentiel : des investisseurs.

Si le Marché Libre traîne encore une réputation sulfureuse due au taux de défaillances élevé de ses émetteurs, Alternext n’a pas ce handicap. Pourtant la liquidité y fait également défaut. La raison en est simple : tous les fonds viennent sur Alternext quand le contexte est favorable et désertent dès que les marchés se retournent. Les fonds de valeurs cotées, même labellisés « Small Caps », se transforment instantanément en fonds « Mid Caps » ou « Large Caps » aussitôt que le contexte économique ou financier devient incertain. C’est donc bien au niveau de la liquidité qu’il faut trouver des solutions.

L’enjeu d’une véritable Bourse des PME, est de pouvoir y accueillir efficacement des capitalisations modestes.

Quelques discrètes avancées ont pourtant été observées. Oseo et la CDC ont fait une tentative il y a quelques années ; plus récemment, la CDC, associée à des groupes d’assurance a doté deux fonds de 161,5 M€ afin d’investir à 40 % dans des introductions en bourse et à 30 % dans des augmentations de capital. Mais, pour l’instant, rien ne change.

Il faut, pour drainer l’épargne vers une vraie Bourse des PME lier la défiscalisation d’un certain nombre de produits à un quota de détention au sein d’un portefeuille de valeurs. FCPI, FIP, Holding ISF, pourraient ainsi se voir imposer un quota d’1/3 sur les marchés pour 2/3 en private equity, par exemple. Ceci constituerait le début d’un cercle vertueux car la liquidité retrouvée de ces marchés y amènerait alors aussi les grands investisseurs institutionnels.

Pour permettre à nos PME de se développer, il faut améliorer leur compétitivité – on en parle -, assouplir le carcan social – on négocie – et leur permettre de se financer sur des marchés ouverts – on ne fait rien -. Ces mesures auraient pourtant pour avantage de ne
pas alourdir les dépenses de l’Etat tout en transformant une partie de nos rentiers en co-entrepreneurs. Il en sortirait forcément une dynamique de croissance.

 

Direction financière et stratégique
Levée de fonds, introduction en bourse, fusion-acquisition
Agrément CIF N° F000131 - Listing Sponsor sur Alternext
88 bis, avenue Charles De Gaulle 92200 Neuilly-sur-Seine

Mercredi 9 Janvier 2013
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