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LBPAM / L'Eco du Matin : Avant le plus noir de la nuit


La pandémie se développe et les chiffres économiques chinois pour les deux premiers mois de l’année sont alarmistes. Il n’empêche que là-bas la reprise est en marche et que partout autour du globe des initiatives de soutien à l’activité sont prises. Les dernières datent de la nuit dernière et ont été le fait de la Fed américaine.



La Banque Postale Asset Managment / L'Eco du Matin : Avant le plus noir de la nuit

Sur le front sanitaire, l’épidémie continue de se développer. C’est en Europe et dorénavant aux États-Unis que le rythme est le plus rapide. L’augmentation du nombre de nouveaux cas quotidiens est autour d’une tendance de +30% par jour. En revanche, en Asie, le ralentissement est bien engagé et certains pays comme la Corée du Sud sont très proches d’une stabilisation. Tant sur le « vieux continent » que dans le « nouveau monde », des mesures de restriction des déplacements sont prises ou renforcées.

Pour ce qui est de l’activité économique, les informations les plus récentes proviennent de Chine. Celles concernant le rythme de la croissance sont très mauvaises. Il faut rappeler que traditionnellement le système statistique chinois produit des indicateurs « joints » pour les mois de janvier et de février : un seul chiffre pour toute la période. Et ceci du fait de la distorsion introduite par les fêtes du Nouvel An, qui peuvent selon les années intervenir davantage sur le premier ou sur le second de ces deux mois. La production industrielle a reculé de 13,5% sur un an (à comparer à une anticipation par le consensus des économistes de -3% et à une progression de 6,9% en décembre). Les investissements en actifs fixes (on dit comme cela !) ont baissé de 24,5% (contre respectivement -2% et +5,4%) et les ventes au détail, de 20,5% (contre respectivement -4% et +8%). L’inflexion baissière est spectaculaire. La baisse du PIB au cours du premier trimestre (T sur T) va être sévère.

Les faits sont les faits et il faut les prendre en compte. Il n’empêche qu’il faut aussi, et peut-être surtout, tenter de regarder devant. Puisque la situation s’améliore sur le front sanitaire, il faut essayer d’en mesurer les conséquences sur le tempo de la reprise. Le WeBank China Recovery Index a cette ambition. Il indique une remontée nette de l’activité économique en Chine. Par rapport à une base 100 juste avant le début de la comptabilisation du nombre de personnes touchées par le coronavirus, un point bas à 25 a été atteint au cours de la première décade de février. Le dernier chiffre connu, qui date du milieu de la semaine dernière, est à 75.

Il faut garder en tête que la maladie s’est propagée en Chine environ un mois avant qu’elle ne touche significativement l’Europe (l’antériorité est d’au moins un mois et demi concernant les États-Unis). Son net ralentissement et la reprise économique qui en résulte sont des repères importants pour tenter d’anticiper les développements à venir dans l’espace Atlantique. Ce n’est peut-être pas toujours « au plus noir de la nuit que le jour apparaît » ; ce n’est pas pour autant qu’il faille « sombrer dans le pessimisme ».

Et ce d’autant plus que des mesures de soutien à la croissance sont prises tous azimuts. Tous les pays touchés par l’épidémie s’y mettent, mais le plus souvent « chacun dans son coin » et dans une sorte de mouvement de valse mêlant les temps budgétaire et monétaire. On ne s’interrogera pas sur le caractère plus ou moins harmonieux de ce balai ; on peut espérer peut-être que le G7 du jour (par téléphone) au niveau des chefs d’État et de gouvernement permettra d’introduire davantage de coordination internationale et à ce titre plus d’efficacité. Bien sûr, le fait que le G7 soit sous présidence américaine ne simplifie sans doute pas les choses.

En attendant, c’est des Etats-Unis qu’est venue l’initiative de politique économique la plus importante des dernières heures. La Fed, pour la troisième fois de suite en inter-meetings a assoupli son réglage monétaire. L’objectif recherché au travers des mesures annoncées est double : lutter contre un ralentissement en cours et inévitable de la croissance et faire en sorte que celle-ci revienne dès que possible sur le sentier autour duquel elle évoluait jusqu’il y a encore récemment. Les décisions prises sont les suivantes :
• Baisse de 100pdb du taux des fonds fédéraux ; il devra osciller dorénavant entre 0,0% et 0,25% ; on retrouve le niveau atteint au lendemain de la « grande récession » de 2008 ;
• Achat pour 700 milliards d’USD de titres d’État et de mortgage back securities (respectivement 500 et 200 milliards) ; le calendrier des opérations n’est pas spécifié ; sans doute pour ne pas s’interdire de « mettre le paquet » à un moment si les conditions de marché l’exigent ;
• L’accès à la liquidité de la Fed pour les banques commerciales est facilité, tout comme celle en dollar pour les banques centrales étrangères ; les contraintes réglementaires pour les banques américaines sont aussi allégées ; les trois points sont essentiels en matière de maintien de l’activité économique aux États-Unis et aussi dans le reste du monde ;
• En termes de « guidage prospectif » (forward guidance), la Fed ne précise aucun calendrier de maintien de ces nouvelles initiatives ; elle est cependant très claire : la normalisation sur le front du réglage monétaire n’interviendra que dans le sillage de celle des conditions économiques.

On comprend des propos tenus par le Président Powell lors de la conférence de presse que la Fed n’est pas prête à positionner son taux directeur en territoire négatif et/ou à intervenir sur le marché du Crédit. Il n’empêche que sa résolution paraît vraiment grande. Les révolutions « coperniciennes » pourraient ne pas lui faire peur.

L’incertitude reste épaisse. Les marchés vont-ils accepter de voir un peu loin (prendre en considération le retour sur expérience de la Chine) et vont-ils considérer que la réponse de politique économique est bien en train de monter en puissance ? Disons que cela ne paraît pas être déjà le cas.



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Lundi 16 Mars 2020
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