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L’innovation Sociale axe et moteur du Développement Durable


Le développement durable et la RSE (DDRSE) suscitant de fortes attentes sociales et sociétales, tout laisse à penser que l’innovation sociale dont l’objectif principal est la santé, le bien-être des salariés, et la satisfaction de leurs besoins afin d’améliorer la performance de l’entreprise, pourrait être appelée à un bel avenir.



Constant Calvo
Constant Calvo
Encore faut-il savoir de quelle innovation sociale on parle, car il semble exister une littérature abondante sur le sujet, ainsi que des modèles économiques très différents les uns des autres, au point qu’on est en droit de craindre la confusion sinon l’amalgame. Certains auteurs, par exemple, font référence à l’entrepreneuriat social, d’autres à des démarches qui s’apparentent davantage à l’action humanitaire ou philanthropique. L’innovation sociale à laquelle nous faisons référence ici est d’une nature autre ; elle n’a pas le même objet, ni la même finalité.

Selon les chercheurs du Centre de Recherche sur les Innovations Sociales (CRISES) basé au Canada, issus de six universités et grandes écoles, qui fait autorité en la matière, l’innovation sociale se caractérise par son aspect novateur – voire hors normes – l’objectif étant de favoriser le mieux-être des individus et des collectivités. C’est un processus – plus exactement une coopération - qui engage une grande diversité d’acteurs. Le CRISES précise que les innovations en question peuvent « avoir une efficacité sociale qui dépasse le cadre du projet initial et représenter un enjeu qui questionne les grands équilibres sociétaux. Elles deviennent alors sources de transformations sociales et peuvent contribuer à l’émergence d’un nouveau modèle de développement. »

Nous voilà projetés au cœur même des enjeux du DDRSE au sein des entreprises. Selon les experts, on peut distinguer deux visions de l’innovation sociale, lesquelles s’inscrivent dans les nouvelles formes d’organisation du travail : L’innovation sociale « instrumentale » d’une part, laquelle prône qu’une nouvelle forme d’organisation sociale est nécessaire afin de créer les conditions de l’innovation technologique ; l’innovation sociale non instrumentale d’autre part, qui renverse la proposition, et pour laquelle la finalité de l’entreprise est l’invention d’une nouvelle répartition du travail et la prise en compte des intérêts des salariés.

Alors que la première, qui n’est pas sans nous rappeler l’approche instrumentale du DDRSE – une vision orientée business, utilitariste, soit le DDRSE comme un outil, en opposition à la vision éthique soit le DDRSE en tant qu’idéal social et sociétal – occulte le bien-être et le mieux-être des salariés : Les salariés étant considérés ici, on est tenté de le dire, comme un moyen et non pas une fin;

La seconde au contraire, met l’accent sur la nécessité de « réinventer » le travail en lui insufflant du sens et de la valeur, notamment à travers la formation et le développement des compétences, le développement de l’employabilité, la responsabilisation des salariés, « l’empowerment » ou réappropriation du pouvoir, le renforcement du lien social et des relations entre direction et salariés, la redéfinition des rapports de pouvoir et d’autorité, l’épanouissement personnel et professionnel, et, last but not least, un meilleur équilibre vie professionnelle vie personnelle et familiale : La satisfaction des besoins des salariés étant considérée là comme un levier d’amélioration de la performance économique et financière.

Il va sans dire, que la vision non utilitariste de l’innovation sociale, pour laquelle l’adhésion et la participation active des salariés aux décisions engageant l’avenir de leur travail, la valorisation de leurs actions et leurs initiatives, et la reconnaissance qui leur est donnée sont les garants les plus sûrs du dynamisme économique et de la pérennité de l’entreprise, nécessite que la direction des ressources humaines ou les équipes RH continuent d’améliorer leurs pratiques et de s’impliquer davantage au plus haut niveau. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit rien moins, d’une certaine façon, que d’inverser la pyramide de l’entreprise. Bottom Up.

Rappelons, pour la petite histoire, que le Bas de la Pyramide – Bottom Of Pyramid ou BOP – est un concept apparu il y a quelques années. Il a été popularisé en 2004 par un ouvrage de l’économiste C.K. Pralahad The fortune at the bottom of the pyramid. Selon le BOP les offres de services à destination des pauvres – lesquels vivent avec moins de deux dollars par jour – ne sont pas adaptées, car considérées comme trop chères et peu accessibles géographiquement d’une part, étendues sur un marché trop vaste avec des marges commerciales trop faibles pour les grandes entreprises, d’autre part.

Selon certains experts, le BOP représenterait un marché potentiel considérable. Bien que le concept soulève une vague de critiques de toute sorte et suscite quelque scepticisme, on a cru comprendre que de nombreux entrepreneurs voire des grandes entreprises parmi lesquelles Danone, Lafarge Electric, Veolia, ou Essilor, semblent s’y intéresser et y croire dur comme fer. Le BOP tiendra-t-il ses promesses ? On évalue à 2,5 milliards les personnes clientes concernées. D’aucuns disent que le BOP serait un laboratoire d’innovation sociale.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Lundi 24 Septembre 2012
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