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L’heure des grandes manoeuvres a sonné


Bank of America, Natixis, Alpinvest, Citi… les cartes du private equity ont commencé à être rebattues. Les acteurs suisses et les fonds de fonds devraient s’y préparer.



Cyril Demaria
Cyril Demaria
Coup sur coup, Bank of America, Natixis et Citi ont annoncé la cession de leurs portefeuilles de private equity respectivement à Axa Private Equity pour les deux premiers et à Lexington Partners pour le troisième. Parallèlement, les deux caisses de retraite néerlandaises possédant Alpinvest, un des plus gros gérants européens de fonds de fonds, ont annoncé la mise en vente de leur filiale commune. De quoi secouer le monde feutré du private equity.

En effet, les prochains Accords de Bâle III durcissant les ratios prudentiels bancaires, le private equity exercé pour compte propre va devenir plus coûteux. La «règle Volcker» aux Etats-Unis a elle aussi durci les conditions pour les banques en limitant leur participation à quelques centaines de points de base. Cela a suscité des transferts de gérants de private equity entre acteurs du monde financier et il est probable qu’ils continuent. Des mouvements qui vont en générer d’autres chez les acteurs indépendants.

Les investisseurs en private equity mentionnent régulièrement la nécessité de réduire les frais de gestion afin de préserver des rendements qui ont tendance à décliner. Un des moyens de réduire ces frais, tout en conservant une marge confortable, consiste à agréger des montants croissants. C’est ce qu’a entrepris Axa en France et il est probable que le mouvement touche les acteurs suisses, en particulier ceux ne possédant pas la masse critique suffisante.

En tête des candidats à la consolidation figurent Unigestion private equity à Genève, Adveq à Zurich qui a fait face au départ de deux de ses trois dirigeants (André Jaeggi et Peter Laib), Alpha Associates et Capvent. Cependant, les géants d’hier ne sont pas à l’abri des revers de fortune. Le zougois Capital Dynamics, qui avait fait l’acquisition aux Etats-Unis de la société en déshérence HRJ Capital, se trouve désormais sous pression du fait de la perte d’un de ses principaux mandats (Washington State Investment Board) au profit de l’américain Hamilton Lane.

Une autre source de pression vient du fait que le rythme de levées de fonds s’est singulièrement ralenti au pays des fonds de fonds. Les produits se sont fortement standardisés et les clients s’interrogent sur les raisons de recourir à un fonds de fonds.

L’accès aux managers d’exception, du fait de la croissance de la taille des fonds sous-jacents, n’est pas aussi difficile que les gérants l’affirment.

Les performances des fonds de fonds sont généralement décevantes et il est désormais possible de construire des mandats (sans commissions de performances et sur la base de budgets négociés) à partir de 25 millions de francs d’actifs. Sauf pour les investisseurs ne disposant pas d’une telle allocation au private equity, plus que jamais la légitimité des fonds de fonds généralistes est questionnée. Cela devrait produire des changements considérables dans le secteur.

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Cyril Demaria
Passionné par la finance et l’innovation technologique, Cyril a développé une philosophie « hands on », comme analyste dans un fonds de capital-risque transatlantique à San Francisco et à Paris, puis grâce à ses expériences opérationnelles et en tant que fondateur de
Corporate Development Consulting , un cabinet de conseil en private equity. Il a contribué au développement de plusieurs jeunes pousses (Internet, télécommunications et logiciel). Cyril fut portfolio manager au sein du fonds de fonds d'un groupe d'assurance français, et est actuellement associate dans un fonds de fonds basé à Zürich.

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, d’Etudes Approfondies (DEA) en Géopolitique, d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Droit Européen des Affaires, et d’HEC (spécialisation Entrepreneurs). Cyril est l'auteur de
Développement durable et finance (Maxima, 2004), le premier livre en français analysant le processus d'investissement selon des critères de développement durable. Il est aussi l'auteur de Introduction au private equity (Banque Editeur, 2006), et de "Profession business angel" (Banque Editeur, 2008).
 
Cyril Demaria
+41.79.813.86.49

Jeudi 10 Mars 2011
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1.Posté par Rémy Mahoudeaux le 10/03/2011 10:46 | Alerter
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Je me suis toujours posé la question de l'intérêt des fonds de fonds : les tours de tables dans des sociétés sont réalisés par des pools d'acteurs "primaires" ayant à leur tour de table des investisseurs directs et des fonds de fonds qui ont investis chez plusieurs investisseurs "primaires".ayant peut-être co-investit sur n sociétés. C'est un serpent qui se mord la queue et la fusée a un étage de trop, Je n'imagine pas que la valeur ajoutée du gestionnaire de fond de fonds soit suffisante par rapport à sa rémunération. A terme, peut-être que le private equity sera exclusivement pratiqué sous forme de partnership, ou intègrera des entreprise d'asset management indépendante des établissements de crédit.


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