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L'avenir de la finance : la posture entrepreneuriale


Objectif Cash recevait divers intervenants autour de ce thème : Anthony Le Rhun, Fondateur - C&Choux ; Jacques-Henri Eyraud, Président - Turf Editions, et Jean-Louis Tertian, Chef du département de l'analyse stratégique et de la prospective au Ministère de l'Economie et des Finances. Fidèle à mon arbitraire habituel (quitte à être injuste), je vais me focaliser sur les propos de Jacques-Henri Eyraud : ma proximité avec le type d'entreprise qu'il dirige est assumée.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
La cotation

Jacques-Henri Eyraud est déçu : la cotation de son entreprise sur Alternext n'a pas tenu ses promesses d'incrément de notoriété. Certes, il reconnaît que le marché primaire à joué son rôle lors de l'introduction en bourse, mais le titre n'est pas couvert par des analystes et des volumes faibles donnent une amplitude déraisonnable aux variations du cours du titre.

Je ne connais pas son entreprise, mais j'ai tout de même envie de répondre que si Alternext a permis à son entreprise (1) de lever des fonds et (2) d'organiser un marché plus liquide que du pur gré à gré pour ses investisseurs, la part essentielle du job est faite. Les inconvénients liés au manque de couverture sont réels, mais c'est toujours la même quadrature du cercle : Qui peut et qui veut payer l'analyste (en lui garantissant son indépendance et des ressources suffisantes pour bien effectuer son travail) ? Que son coût soit in fine imputé à la performance de l'investissement et donc payé par l'investisseur, tout le monde en est bien conscient, mais qui signe le bon de commande, qui paie le chèque ?

En plus du problème de l'analyste se pose celui de l'appétence ex-nihilo des investisseurs. La gestion collective aura tendance a éradiquer les small caps à cause du manque de liquidité des titres et de l'inflation du nombre de lignes (et des coûts induits) qu'il faudrait gérer, et les investisseurs directs seront facilement rebutés par le relatif manque de visibilité de ces valeurs. Enfin le culte du « big is beautiful » existe, et il conviendrait peut-être de bousculer cette idole.

Dynamisme

Un autre sujet de réflexion et même d'affliction : quand la France a créé une start-up devenue un géant de plus de 10 000 M$ de revenus en 10 ans (Free), la seule Silicon Valley en voit éclore une par trimestre, soit 40 fois plus. Je n'ai bien sûr pas vérifié, mais la simple énumération des sociétés sur la page Wikipedia qui lui est consacrée rend cette affirmation vraisemblable. La seule étroitesse du marché national ne peut pas être une réponse satisfaisante : il n'est que 5 fois plus petit en nombre de personnes, et la Silicon Valley n'est pas tout les Etats-Unis d'Amérique. Je ne sais bien évidement pas si cette carence est due à un nombre insuffisant d'éclosion de start-up, ou à un problème de croissance endémique de ces entreprises.

Insatisfaction

L'insatisfaction serait une posture entrepreneuriale : je suis a priori d'accord, et pour deux raisons. D'abord, une opportunité de marché, c'est souvent une frustration face à un contexte qui induit l'entrepreneur à imaginer une solution, puis à la réaliser. Ensuite, il y a souvent cette ambition qu'ont les créateurs de start-up de toujours vouloir se battre pour que le client soit mieux servi.

Employabilité

Notre hôte, David Brault, nous a aussi indiqué en introduction une statistique qui pourrait faire frémir : la durée moyenne de vie d'un DAF serait passée de sept à trois ans. Ces chiffres bruts semblent montrer que le job devient de plus en plus précaire, il font intrinsèquement mal a priori, et david Brault a raison d'inviter chacun à soigner son employabilité. Mais il convient de se poser les questions suivantes (1) Est-ce que toutes les fonctions de direction générale ou opérationnelle ou fonctionnelle sont touchées de façon comparable ? (2) Un temps de DAF sur 2/3 postes dans des entreprises différentes au lieu d'une seule expérience longue ne sera-t-il pas une meilleure préparation pour l'accession à une responsabilité de DG ?

Il ne me reste plus, comme d'habitude, qu'à remercier Objectif Cash pour la qualité et la convivialité des événements organisés.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx
boss <at> remsyx <dot> com
twitter : @remseeks
 
 

Vendredi 11 Octobre 2013
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