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L'appel à la gouvernance : La RSE remonte aux conseils d'aministration


Les démarches de management RSE suscitent au moins un colloque par mois dans le monde.



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
Les acteurs qui animent ce mouvement (WBCSD, CSR Europe, PRI, IIRC, SASB, GRI, CDP, UNGC, sans oublier maintenant de plus en plus l'OCDE et la Commission européenne...) s'y rencontrent avec les entreprises leaders – les 50 mêmes - dont pour les françaises Danone, Alcatel-Lucent, Solvay, Kering, Vivendi qui sont les plus présentes à l'international - autour de trois sujets constants : l'amélioration des modes de reporting extra-financiers (dont tout le monde considère qu'on a atteint un bon palier avec la prise en compte de l'analyse de matérialité qui favorise une sélectivité « pertinente » des indicateurs utiles), la convergence des référentiels et des méthodes (dont on voit bien qu'elle doit conduire à l'intégration stratégique des données financières et extra-financières, en tête du rapport de gestion, d'où la compétition larvée entre l'approche investisseurs du rapport intégré et l'approche parties prenantes exhaustive de la GRI), et l'avènement des outils d'accessibilité comme l'open data et l'interconnexion des supports, au service de tous les utilisateurs ( qui ne sont plus seulement les investisseurs mais aussi « les consommateurs éclairés » en quête de « marques responsables »), dynamique significative dans le monde anglo-saxon et de plus en plus crédible.

Ce mouvement de fond très actif a rejoint une réflexion avancée dans les business schools (HBS, Insead, Stanford...) et les sociétés de conseil en pointe qui nourrissent les nouveaux modèles de management d'une attention sociétale considérée comme un des paramètres clés de la dynamique innovatrice des meilleures entreprises du moment : la durabilité n'est plus un risque à gérer mais une offre claire différenciante. Cette maturation aura pris dix ans mais elle est bien là. Et le dernier classement mondial DJSI mt en valeur ces « mutants » (voir à ce sujet absolument l'article de Bob Eccles, « la grande idée » dans la Harvard Business Review en français parue en octobre - cf. Extra-FiL du mois d'octobre).

Pour autant, tous les acteurs s'entendent sur un point de blocage dans ce rapport nouveau entre les entreprises et la nouvelle société du 21°siècle : la frilosité des Boards. Si le management a ouvert le jeu, tant pour répondre aux investisseurs exigeants que pour donner une image green ou sociale à son projet, on ne va jamais très loin tant que les conseils d'administration n'impulsent pas une bonne compliance et des engagements volontaires qui font la différence. En France, le classement de maturité que Enjeux Les Echos publie pour la première fois, s'explique par ce seul facteur de l'impulsion d'en haut qui fait que certains leaders du CAC 40 (Carrefour, Kering, Schneider...) sont plus largement engagés dans la société que d'autres et le prouvent !

De fait, la performance RSE va se jouer désormais au niveau des Boards pour trois raisons lourdes : l'enjeu climat est sur le haut de l'agenda et les conseils sont interpellés sur ce qu'ils font ou pas ; la compliance sur la fiscalité, l'éthique coûte tellement cher que le cynisme n'est plus de mise et – last but not least - aucun administrateur ne doute que la compétitivité se joue sur l'innovation sociétale, dans des usages inexplorés et une empathie avec les nouveaux marchés, précaires, émergents etc..

Bien plus, le G de ESG revient en force dans les notations, car les études prouvent qu'une bonne gouvernance d'entreprise, vigilante, prospective, impliquée et non plus connivente ou conservatrice et rentière, challengée par l'interpellation des autres parties prenantes et contrôlée, avec une responsabilité personnelle, fait progresser l'entreprise... La durabilité est d'abord une affaire de gouvernance d'entreprise et c'est là que le débat est en train de s'installer, autour de deux leviers de bon management : une approche holistique de l'entreprise qui fusionne les performances financières, extra-financières, le court terme et le moyen terme, et une approche contextuelle qui se préoccupe plus des enjeux du monde, car « il n'est pas d'entreprise qui gagne dans un monde qui perd » pour reprendre la citation de Claude Fussler, alors que jamais autant de menaces globales ne sont apparues, allant des questions sanitaires à la protection des data, en passant par l'éthique et la sécurité etc.. Les dirigeants ne peuvent échanger une rémunération élevée que contre une vigilance renforcée, attentive au monde !

La France a marqué un point – de son côté – à travers les recommandations de l'IFA sur l'intégration de la RSE dans les conseils, proposées par Anne Marie Idrac. Reste à diffuser ces bonnes intentions et surtout à rejoindre le travail international en cours qui va formaliser une vision plus exigeante et transparente (cf.projet LEAD Board Program qui démarre aux US). Comme quoi, nous sommes dans la course... pour autant que nous ne cherchions pas à « étatiser » la démarche, comme finissent toutes nos idées en la matière, faute de démarche collective organisées de la part des entreprises... Ne lit-on pas avec effroi dans les travaux de la plate-forme RSE que « l'Etat doit encadrer et définir la RSE », alors même qu'il ne parvient pas à la mettre dans la politique de l'APE pour ses entreprises et qu'il n'apporte pas un pouce d'encouragement fiscal à l'ISR. Mais restons optimiste car c'est une banque française (CACIB) qui a promu les « obligations responsables » au Sommet de l'ONU sur le climat, c'est Novethic qui a été retenu par les allemands pour orienter leur ISR et heureusement qu'il y a « la diplomatie économique » pour porter la RSE à l'international ? On demande dirigeants et Administrateurs pour faire la promotion d'un modèle de gouvernance durable, indissociable d'une compétitivité française retrouvée.

Patrick d’Humières
www.institutrse.com

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Lundi 6 Octobre 2014
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