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L’Etat : promoteur de stabilité et de salut publics


Comme ils partent du principe que trop d’État tue l’initiative privée, les néo libéraux exercent donc une pression considérable afin que les pouvoirs publics restreignent drastiquement leurs dépenses. Ce n’est pourtant pas parce que l’État n’a plus d’argent et que ses caisses sont vides qu’il ne peut plus rien. C’est le diktat de l’idéologie néo libérale qui l’empêche d’imprimer de l’argent. Si aujourd’hui il ne peut plus rien, cette impuissance et cette paralysie de l’Etat font évidemment les affaires des néo libéraux qui ne se sont pourtant pas privés de faire appel à lui lorsque le système était au bord de l’implosion. Aujourd’hui, c’est sauver le capitalisme que de reconnaître qu’il est impossible d’attendre de sa part l’établissement du plein emploi.



Michel Santi
Michel Santi
En effet, pas plus le capitalisme que les marchés financiers – qui en sont la sécrétion la plus visible et la plus agaçante – n’ont vocation de philanthrope et c’est précisément pourquoi l’intervention de l’État s’avère vitale pour rasséréner l’économie, garantir et préserver l’emploi, réprimer les abus. Il va de soi que la bonne gouvernance des affaires publiques penche vers la sobriété et qu’il est nettement plus avantageux – non seulement pour les comptes publics mais surtout pour développer les initiatives et les intelligences – que ce soit le secteur privé qui fasse vivre et prospérer l’économie. Pour autant, les déficits publics sont rarement creusés par choix ou de gaieté de cœur par les autorités politiques, mais plutôt par une nécessité impérieuse de suppléer aux carences et aux faiblesses du secteur privé.

Il est donc fondamental de comprendre que les déficits publics ne sont que la conséquence de la baisse de la demande agrégée et non leur cause. Déficits qui seront automatiquement résorbés lorsque l’économie se redressera. En s’endettant, en réduisant les impôts, en multipliant les dépenses, l’État ne fait que combler des lacunes et boucher des trous laissés par le secteur privé. Le circuit économique fonctionne en effet selon le schéma des vases communicants, c’est-à-dire qu’un domaine d’activité ne peut générer des profits que si un autre dépense ou s’endette au même moment.

Ce faisant, l’État remplit son devoir de salut public et remet les gens au travail en assumant, au moins partiellement, la mission d’investissement dans l’économie, provisoirement suspendue par le secteur privé dans la tourmente. Contrairement à ce que prétendent les théories monétaristes, l’avenir est incertain, les informations à notre disposition incomplètes et les marchés imparfaits. Il convient donc de réhabiliter l’État qui a toute sa place dans le système économique, à condition qu’il puisse exercer son emprise de manière rationnelle et loin des calculs politiciens. Seuls l’État et son action peuvent en effet réduire l’incertitude.

Michel Santi
Economiste et Analyste Financier (indépendant)
www.gestionsuisse.com

Jeudi 20 Décembre 2012
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