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Kurt & Salmon | Quelles alternatives aux éditeurs historiques pour répondre aux besoins XBRL après COREP et FINREP ?


Le Groupe Caisse d’Epargne a construit une nouvelle architecture pour répondre aux exigences de remise en XBRL* des reporting COREP** et FINREP*** à la Commission Bancaire. Olivier Mespoulet, Responsable Système de reporting de la Direction de la Réglementation et de la Comptabilité Groupe des Caisses d’épargne, révèle avec Ineum Consulting les différentes étapes de la mise en place de ce vaste projet.



Pouvez-vous nous préciser le contexte de votre projet COREP XBRL ?
Depuis ces quatre dernières années, le Groupe Caisse d’Epargne réalise une réelle transformation de ses fonctions Finance et Risques au travers des projets réglementaires IFRS et Bâle II. Dans ce contexte, le projet COREP a associé, dès le démarrage, les filières comptables et risques. De son côté, le projet FINREP a été directement géré par la Direction comptable.
Ces deux projets imposent la conversion au format XBRL et la signature électronique dans la communication des informations aux autorités de tutelle, ce qui a amené à lancer ce projet COREP XBRL.

Quelles sont les spécificités de votre organisation et les objectifs poursuivis ?
Notre spécificité de groupe mutualiste est d’avoir une organisation décentralisée multi-périmètres / multi-remettants. Les déclarations s’effectuent donc à plusieurs niveaux : Caisses régionales, filiales et sous-groupes, organe central (CNCE) et Groupe Caisse d’Epargne (GCE).
Dans le même temps, l’objectif sur l’ensemble des projets de transformation des fonctions Finance et Risques est d’offrir un seul outil et de garantir l’unicité des méthodes à tous les utilisateurs du Groupe. Ainsi en est-il des outils SAP/BO Finance (Magnitude) pour le reporting consolidé et Fermat CAD-Bâle 2 pour le calcul des risques de crédit.

Pouvez-vous nous décrire votre architecture technique et fonctionnelle ?
Dans un premier temps, Fermat CAD-Bâle 2 centralise le calcul des risques de crédit contrat par contrat. Puis, le module Fermat RRT restitue pour chaque entité contributrice ces encours pondérés et ces exigences en fonds propres au format requis par la Commission Bancaire. Ces données sont transférées dans BO Finance. A ce niveau, est réalisé l’ajustement avec la comptabilité et le traitement des écarts pour intégration dans le CoRep.
Enfin, BO Finance effectue une consolidation à 3 niveaux (caisses régionales ou sous-groupes, CNCE et GCE) pour générer les données nécessaires aux 37 remettants que compte au final le Groupe. Chaque consolidation est ensuite traduite au format COREP XBRL par l’outil BO Finrisk afin d’être envoyée à la Commission Bancaire. Le choix de BO Finance comme outil de consolidation nous a permis de structurer toute notre architecture. L’utilisation de cet outil a grandement facilité le déploiement et la conduite du changement. En effet, les entités consolidantes et les équipes en central en avaient déjà une très bonne connaissance pour les besoins statutaires et prudentiels. Par ailleurs, le choix de cet outil couplé à BO Finrisk, en charge de la conversion XBRL, nous a évité de mettre en oeuvre un Datawarehouse qui nous aurait imposé un niveau de détail contrat par contrat et aurait difficilement géré le multi-périmètre et le traitement des ajustements.

Kurt & Salmon | Quelles alternatives aux éditeurs historiques pour répondre aux besoins XBRL après COREP et FINREP ?

Vous êtes un des rares acteurs de la place à avoir fait ce choix d’architecture assez ouvert et en rupture avec votre éditeur historique. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Ce choix d’architecture nous est apparu comme la meilleure solution compte tenu de notre process multi-périmètres spécifique et de notre outil de consolidation. SOPRA propose l’utilisation de son logiciel en tant que traducteur, mais il était plus simple d’intégrer la traduction en XBRL au plus proche de la production de données même si la prise de risques était plus importante.
De plus, en cas de problème il nous est toujours possible d’utiliser le traducteur XBRL à partir d’Excel et des liens dynamiques de SAP/BO Finance pour envoyer nos données à la Commission Bancaire.

Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de la mise en oeuvre de cette architecture ? Et quels sont aujourd’hui les points forts de votre solution ?
La difficulté majeure que nous avons rencontrée à l’époque, était le peu de retour d’expériences sur la mise en oeuvre d’une production de données XBRL des différents acteurs du marché. Il a fallu en outre se familiariser avec la nouvelle réglementation, les reporting associés et les contraintes opérationnelles (format, calculs, contrôles...). Toutefois, cette contrainte nous a donné l’opportunité de définir une solution mutualisant l’outil de consolidation, ce dernier devenant un « sas » avant la production du COREP en tant que telle. Cela nous permet d’enrichir les données, notamment en complétant le calculateur de risques Fermat et en saisissant les entités entrantes, comme ce fut le cas lors de l’intégration de Natixis dans le Groupe Caisse d’Epargne par exemple.
Ce dernier point est également un avantage différenciant dans le cadre de la production du FINREP.

Selon vous, quelles sont les prochaines étapes du déploiement de l’XBRL ?
L’objectif serait d’avoir un outil permettant de faire les remises au greffe et de créer les comptes à destination de l’Autorité des Marchés Financiers en XBRL. Dans ce sens, nous avons souscrit un engagement contractuel avec l’éditeur afin de recevoir une version XBRL plus modulaire, plus paramétrable et de fait, plus adaptable à toute nouvelle taxonomie.
Par ailleurs, le COREP nous amène à croiser données risques et données comptables. On peut supposer que la transversalité n’est pas terminée. Les outils amont et les niveaux de restitution ou de remise (social ou central) guideront le choix de l’outil en charge de la conversion XBRL.

Comment vous situez-vous par rapport à vos confrères qui utilisent Business Object Finance pour l’alimentation des états consolidés BAFI ? Aurez-vous à l’avenir plusieurs traducteurs XBRL en fonction du type de donnée ?
Pour le moment, nous ne savons pas exactement comment les états SURFI seront réalisés. Cependant, nous mettrons la conversion XBRL au plus proche de la production des données. Selon nous, il est indispensable que les éditeurs historiques s’adaptent aux nouvelles exigences réglementaires et intègrent, au-delà de la fonctionnalité de traduction XBRL, une dimension de paramétrage dans leur progiciel de reporting afin de pouvoir s’adapter aux nouvelles taxonomies qui ne manqueront pas d’émerger.

Comment gérerez-vous les évolutions de taxonomie, l’exploitation et la maintenance de votre environnement ?
A moyen terme, le format XBRL devrait se généraliser. A ce titre, il nous paraît indispensable que l’association XBRL France mette à disposition un traducteur du COREP en Excel. Tant que les autres analystes ne peuvent pas lire les fichiers XBRL, ceux-ci ne seront exploitables que par la Commission Bancaire.
Actuellement, l’outil BO Finance offre la possibilité de générer des fichiers XBRL pour les taxonomies COREP et FINREP à une date donnée. Mais ce n’est pas suffisant, il faut que les outils permettent l’interface entre XBRL et Excel ainsi que l’intégration d’une nouvelle taxonomie par le client lui-même, sans devoir passer par l’éditeur. Ces derniers devront également, à terme, proposer d’intégrer directement des données en XBRL.
Ce projet de 18 mois, qui a nécessité une forte mobilisation des équipes internes avec l’assistance et le soutien des équipes d’Ineum Consulting, est une réussite.

*XBRL : eXtensible Business Reporting Language, langage standard servant à communiquer des données financières utilisant des dictionnaires structurés, nommés Taxonomies, explicitant l'ensemble des concepts utilisés par un pays (les États-Unis), un groupe de pays (Union européenne) ou un domaine particulier (banques, assurances, places boursières...)

**COREP : Common solvency ratio REporting, projet commun à l'ensemble des contrôleurs bancaires européens, portant sur le ratio de solvabilité européen (CAD3 = Capital Adequacy Directive[2]) qui est une transposition à la législation européenne des accords Bâle II . Ce projet vise en particulier à alléger les contraintes administratives des établissements actifs sur plusieurs marchés européens et à faciliter la coopération entre les autorités de contrôle.
***FINREP : FINancial REPporting, projet commun à l'ensemble des contrôleurs bancaires européens, portant sur les données consolidées (Bilan et Compte de Résultat au format IFRS) dans le cadre de transposition à la législation européenne des accords Bâle II .

Propos recueillis par :
Olivier Cassagne, Associate Partner, Ineum Consulting
Nicolas Protin, Manager, Ineum Consulting

A propos de Ineum Consulting
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Mercredi 14 Janvier 2009
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