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Jérôme Kerviel, xième épisode du feuilleton


Le monde bruisse aujourd'hui au sujet du changement d'opinion d'un officier de police ayant travaillé sur l'enquête : cette personne serait dorénavant parvenue à l'intime conviction que la Société Générale savait que Jérôme Kerviel dépassait les limites fixées par sa hiérarchie, et s'étonnerait que l'enquête et l'instruction aient pu manquer de pugnacité dans la recherche de la vérité. Ce manquement, s'il est avéré, est grave, mais plus que la banque, il vise le magistrat-instructeur responsable de l'enquête qui se serait laissé instrumentaliser par la banque.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Le monde bruisse aujourd'hui au sujet du changement d'opinion d'un officier de police ayant travaillé sur l'enquête : cette personne serait dorénavant parvenue à l'intime conviction que la Société Générale savait que Jérôme Kerviel dépassait les limites fixées par sa hiérarchie, et s'étonnerait que l'enquête et l'instruction aient pu manquer de pugnacité dans la recherche de la vérité. Ce manquement, s'il est avéré, est grave, mais plus que la banque, il vise le magistrat-instructeur responsable de l'enquête qui se serait laissé instrumentaliser par la banque.

Le procès médiatique et populaire de la Société Générale contre Jérôme Kerviel (et réciproquement) dure depuis longtemps, il n'est pas près d'être fini et il n'aura, lui, jamais de verdict « en dernier ressort ». Qu'en dire ? D'abord que cette justice médiatique fait une sorte de concurrence déloyale à l'institution judiciaire, qu'elle ne s'embarrasse pas nécessairement de l'analyse de faits objectifs, et qu'elle est souvent idéologisée. Ensuite que les théorieducomplotistes de tout poil trouveront toujours (ou au moins tant qu'on leur tendra un micro) à redire à cette histoire, et leur inventivité fera feu de tout bois, sauf celui de l'analyse rigoureuse d'un dossier par trop tentaculaire. C'est leur manie, et ils sont efficaces pour polluer le débat public.

Je n'ai pas analysé tout le dossier, toute la procédure Il ne m'appartient pas d'asséner un jugement, qu'il soit mesuré ou péremptoire et qui ne serait basé que sur des bribes du dossier. Mais j'ai quelques réflexions à partager :

Dès la découverte de l'ampleur des engagements pris par Jérôme Kerviel, il était évident qu'il y aurait des suites judiciaires. Dans cette bataille, l'une des parties (la victime) disposait des données et l'autre (le prévenu) n'en disposait plus, sauf à ce qu'elles parviennent au dossier d'instruction. Le prévenu n'a pas manqué de dénoncer cette asymétrie et de supposer qu'un tri partial aurait été effectué par la victime pour cacher sa « complicité » : la thèse est qu'il existait un mandat implicite de la victime au prévenu, sans limite ni plafond, et dans le cadre duquel il aurait agit. C'est difficile à prouver, mais dans le cadre d'une instruction à charge et à décharge, j'espère que cette hypothèse a été envisagée et qu'il y a été répondu aussi factuellement que possible. Il me semble que c'est une condition nécessaire à l'équité des procès.

Pour avoir pu constater la chose de mes yeux, il n'est pas impossible qu'une institution fiduciaire ayant pignon sur rue « trafique » des preuves à son avantage. Dans le cas présent, il y a un soucis, c'est qu'une semaine a séparé la découverte des faits de la perquisition. La banque a donc eu matériellement le temps et la possibilité de « faire le ménage », en parallèle avec le dénouement des positions excessives. En ne demandant pas ou en obtenant pas qu'immédiatement cette perquisition ait lieu, elle a laissé se créer les conditions du doute. Mais, bien évidement, je ne sais pas si de telles altérations des preuves, ou des destructions ou omissions, ou si encore des biais ont eu lieu dans le cas de l'affaire Kerviel.

Ces révélations tombent au moment précis de l'assemblée générale des actionnaires de la Société Générale. Est-ce un pur hasard ? Si non, à qui le crime profite-t-il ? Le silence n'aurait-il pas du prévaloir jusqu'à la fin de l'instruction, pour préserver la sérénité de la justice dans le cadre d'un procès qui rend fou ?

La curée contre la Société Générale de certains hommes politiques qui réclament une commission parlementaire d'enquête ou se répandent sur les réseaux sociaux en assénant « leur vérité » est pitoyable et grotesque : s'ils souhaitaient transformer la finance en bouc émissaire, pourquoi ont-il voté la loi Moscovici, capitulation unanime en rase campagne avant la première escarmouche devant ces mêmes banquiers ? Ce n'est pas très cohérent. A moins que la cible visée ne soit la justice elle-même.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx
boss <at> remsyx <dot> com
twitter : @remseeks
 
 

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Vendredi 22 Mai 2015
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