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Je n'ai pas battu en retraite


J'ai dû traverser une manifestation en cours de dispersion jeudi soir pour me rendre à mon dernier rendez-vous. Je me sentais certes un peu déplacé avec mon complet-cravate sur mon vélib' au milieu de cette foule de jeunes et de moins jeunes bardés d'autocollants, porteurs de fanions syndicaux ou brandisseurs de slogans.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Voici en vrac quelques réflexions inspirées par cette croisière au milieu de cette foule au demeurant sympathique :

1) J'ai encore vu dans certains médias opposer retraite par répartition et retraite par capitalisation : cette dichotomie me semble tellement dogmatique, arbitraire et dénuée de sens … Une capitalisation ne fonctionne que si une activité économique soutenue permet au moment de la liquidation des retraites de conserver et rendre productive une épargne passée. Et si cette activité existe, c'est qu'il existe également une opportunité de collecter des nouvelle cotisations. Alors la seule différence est une question de curseur et de durée d'amorçage de la pompe ;

2) La démographie ne devrait pas être oubliée : avec 4 mois d'espérance de vie en plus tous les ans, ajouter 2 ans de cotisations est un bien petit saut de puce. Si l'on prend un ratio de pouce mouillé dans le vent de 20 ans de retraites / 40 ans de cotisation, ces 2 ans supplémentaires de cotisations ne financeront que 1 an de retraite marginale, soit l'accroissement naturel de durée de vie de 3 ans. Sommes nous préparés à subir les mêmes manifestations dans 3 ans ? Ne fallait-il pas plutôt inscrire dans le marbre une flexibilité du curseur et non un incrément qui sera vite insuffisant ?

3) On peut s'émouvoir ici comme à l'étranger de voir des « syndicats » de lycéens – spécificité française – côtoyer des travailleurs dans les manifestations. Il est cependant plus surprenant de voir ces jeunes se tirer dans le pied avec autant de naïveté. Une des formulation de la problématique actuelle pourrait être « Accepterons nous, nous quadras et quinquas, de nous faire haïr des générations futures parce que nous aurons continué – comme nos ainés l'ont fait avant nous - de tirer des chèques en blanc sur les générations montantes ? ». Nous ne sommes pas, dans cette histoire, les alliés objectifs des jeunes ;

4) Flexibilité du curseur ai-je écrit plus haut … Cela veut dire être capable, au moment de la liquidation de la retraite en fonction de l'age et des cotisations passées, de servir une rente raisonnable compte tenu des produits financiers futurs et de l'espérance de vie. Offrir donc la liberté donc de partir plus tôt, au détriment de la rente … ou plus tard pour qu'elle soit meilleure. La carte, c'est parfois plus sympa que le menu !

5) Débat plus structurel : la gestion paritaire ne fonctionne pas et le pouvoir régalien intervient … Ne faut-il pas se poser d'abord la question : « Les questions structurelles concernant la retraite et son financement doivent cesser de relever du pouvoir régalien pour être du domaine exclusif du paritaire et/ou du privé ? » Ce n'est pas violer un tabou que de poser la question ;

6) Si le pouvoir régalien s'en mêle, peut-il sur un sujet important comme celui-ci se permettre de bâcler le débat de la représentation nationale par des oukases et prétendre que ce débat ait eu lieu ? Pas très légitime ...

Berezina, cette nouvelle réforme ? Nous verrons bien.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
http://www.remsyx.com

Mercredi 3 Novembre 2010
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