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Interview de Marc Touati, créateur et Président de l'ACDE (Association pour la Connaissance et le Dynamisme Economiques)




Marc Touati, créateur et Président de l'ACDE
Marc Touati, créateur et Président de l'ACDE
CFO-news : Monsieur Marc Touati, bonjour. Vous êtes créateur et Président de l'ACDE (Association pour la Connaissance et le Dynamisme Economiques). Pourriez-vous nous présenter votre association et son action ?
Marc Touati : La création de l'ACDE part d'un constat très simple. En France, l'économie fait peur. Or, qui dit "peur", dit méconnaissance, désintérêt et passivité face aux analyses des "experts", souvent volontairement incompréhensibles, mais aussi face aux décisions économiques prises par des dirigeants politiques souvent peu compétents en la matière.
Un exemple d'actualité de cette triste réalité nous est donné par la pauvreté et/ou la crédibilité des programmes économiques annoncés par les candidats "sérieux" à la présidentielle. Ainsi, dans la France actuelle de croissance molle et d'emploi moribond, les dépenses publiques représentent 54 % du PIB, l'un des niveaux les plus élevés du monde mais aussi, au regard de nos piètres performances économiques, l'un des plus inefficaces. Pourtant, que proposent les deux candidats les plus en vue pour la prochaine Présidentielle? Tout simplement, d'augmenter encore les dépenses publiques ! Jusqu'à quand allons nous continuer de subir cette démagogie et ce gaspillage ?
L'heure nous semble donc venue de choisir une autre voie qui consisterait à faire prendre conscience à l'ensemble des citoyens, en toute objectivité et avec pédagogie, de la gravité de la situation, de manière à engager des réformes en douceur sur le fonctionnement de la société française. C'est là l'un des principaux objectifs que se fixe l'ACDE.
Plus précisément, l'ACDE a pour but de démocratiser l'économie, la finance et les marchés. Dans ce cadre, elle vise à faire comprendre par le plus grand nombre de citoyens les mécanismes économiques et financiers par tous les moyens possibles (écrits, audiovisuels, Internet…). Et ce, de manière à rendre l'économie française et européenne plus dynamique.
A court terme, elle se propose par exemple d'agir pour mettre les enjeux économiques au centre du débat des prochaines élections présidentielles et législatives françaises. Pour se faire, elle vient ainsi de lancer une charte économique à signer par les candidats à la présidentielles et plus globalement par tous les Français qui ne veulent plus être pris pour les « dindons de la farce ».
Cette charte pour une économie responsable, dynamique et rationnelle est composée de cinq articles précis et peut être consultée et signée sur le site www.acde.biz.

Vous écrivez "La France et l'Europe en 2012 : reprise ou faillite ?". Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
Je ne veux surtout pas jouer les Cassandre, mais mon devoir d'économiste m'oblige à dire la vérité sur notre avenir prévisible si nous ne changeons pas le fonctionnement de notre économie.
N'oublions pas qu'en 1980, la dette publique ne représentait que 20 % du PIB, contre plus de 65 % aujourd'hui et plus de 112 % en intégrant le paiement des retraites des fonctionnaires. Et tout ça, pour quoi ? Une croissance ralentie, un emploi moribond et une faiblesse chronique du pouvoir d'achat. En d'autres termes, les politiques aventuristes et les gaspillages qui étaient encore supportables dans les années 80, ne le sont plus aujourd'hui. Et ce d'autant plus qu'à partir de 2012, il n'y aura plus assez d'actifs pour payer les retraités et que l'Etat devra encore mettre la main à la poche pour compenser les déficits des comptes des retraites. Dès lors, la dette publique flambera de nouveau, la notation de la France sera dégradée et les taux d'intérêt augmenteront, déprimant encore une croissance déjà structurellement faible.
Dans ce cadre, il est clair que le prochain quinquennat sera économiquement et socialement déterminant. Si, comme cela est malheureusement très probable, la dépense publique est encore augmentée sans souci d'efficacité, alors la France s'engagera dans une ère d'appauvrissement, qui débouchera de toute façon sur des réformes draconiennes et, par là même, douloureuses.
Nous préférons évidemment une deuxième option qui consisterait à « prendre le taureau par les cornes » et à faire dans la douceur et avec pédagogie les réformes qui s'imposent notamment en terme de fiscalité, d'efficacité des dépenses publiques, de fluidité du marché du travail et de condition de financement de l'économie. Nous sommes donc bien à la croisée des chemins et dans cinq ans, la France sera soit sur le chemin de la reprise soit sur celui de la crise. Nous voilà prévenus.

Monsieur Marc Touati, je vous remercie et vous donne rendez-vous dans un prochain numéro.

Je rappelle également que nos lecteurs pourront vous retrouver sur votre site [www.acde.biz]url:http://www.acde.biz et ainsi adhérer à votre association mais également retrouver vos interventions vidéos et écrites sur notre site CFO-news.

Lundi 12 Février 2007
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