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Vendredi 30 Juillet 2021

Interview | L’euro numérique (suite au lancement des travaux de la BCE sur le sujet), les crypto-monnaies et les modes de paiement dématérialisés


Entretien avec Hugues Morel, Chairman de Finnegan.



Comment interpréter le succès sur le marché des monnaies virtuelles ?

C’est selon moi une tendance inéluctable avec un véritable phénomène d’accélération depuis plus d’un 1 an. Le succès des monnaies virtuelles sur le marché est dû à une combinaison de 2 facteurs :
- D’abord, la technologie est éprouvée, la blockchain est un système qui fonctionne, le meilleur exemple en est le Bitcoin depuis 2009, mais il en existe des centaines d’autres qui sont utilisées en masse tous les jours ;
- Ensuite, les banques centrales se sont rendues à l’évidence, les monnaies virtuelles répondent à une demande, elles sont fiables et comme elle ne peuvent pas laisser indéfiniment l’économie se développer via des monnaies privées, elles se doivent de proposer une Monnaie Digitale (MDBC).
La combinaison de ces facteurs constitue aujourd’hui une porte grande ouverte aux investisseurs.

Où se situe la France sur cette tendance ?

Si l’on regarde le sujet côté particuliers, les Français utilisent les monnaies virtuelles plus pour spéculer que pour régler leurs achats. Si l’on regarde le sujet côté Banque Centrale, nous ne sommes pas en avance en comparaison aux Suisses, aux Suédois ou aux Chinois. Toutefois, la France fait partie des pays européens les plus en pointe sur ces sujets au sein de l’Union européenne.
Des tests sont faits pour un usage de l’e-euro sur les marchés de gros comme pour les usages domestiques mais aujourd’hui il n’y a pas de date de prévue pour la mise à disposition d’un e-euro que nous pourrions dépenser via nos smartphones.

Quels sont les avantages des crypto-monnaies (et donc d’un euro numérique) ?

Les avantages sont nombreux : simplicité et sécurité d’utilisation, accessibilité pour tous, rapidité et fluidité des échanges, une grande facilité de conversion en devises étrangères, etc. Cela permettrait également de limiter les coûts : avoir les mêmes avantages qu’avec une carte de crédit mais sans les frais (d’abonnement, de transactions, d’utilisation à l’étranger, etc.), émettre de la monnaie en quelques clics sans avoir à faire tourner des presses à imprimer.

Comment la BCE pourrait-elle coopérer avec les établissements bancaires ? Comment éviter une désintermédiation du rôle des banques ?

C’est sans doute une des plus importantes questions. Pour qu’un e-euro se diffuse dans l’économie, il faut qu’il passe par les banques commerciales. La BCE a pris récemment position sur ce point, elle organisera la distribution via le réseau des banques de place. En attendant que cela arrive, il reste encore de beaux jours aux autres crypto-monnaies comme le Bitcoin.

De quelles options technologiques dispose la BCE pour la création de sa monnaie numérique ? (Blockchain, TIPS…)

La BCE a pu faire des expérimentations avec le système TIPS, ainsi qu’avec un euro numérique basé sur la Blockchain. Plusieurs critères ont été testés lors de ces expérimentations (nombre de transactions réglées par seconde, nombre de paiements de bout en bout par seconde, latence dans le règlement des transactions, etc.). D'autres évaluations d'évolutivité seront effectuées en complément pour évaluer l'impact sur le débit d'autres choix de conception (tels que les techniques de confidentialité, la rémunération, etc.).

Quelles sont les spécificités des différentes crypto-monnaies, publiques de banque centrale et privées comme le Bitcoin ou le Diem ?

Les principales différences sont les suivantes :


Ces crypto-monnaies peuvent-elles avoir un impact négatif sur le système financier ?

Si l’on parle des MDBC a priori non. La valeur d’une monnaie correspond à la confiance qu’on place en elle. S’il est prouvé que les euros en pièce de monnaie ou en billet que nous avons dans la poche n’ont aucune différence avec ceux que nous avons sur nos smartphones (usage, garantie de valeur, pérennité dans le temps), alors il n’y a selon moi aucune raison qu’elles aient un impact négatif. Elles peuvent même avoir un impact positif sur le système financier : rapidité et multiplication des échanges, création de valeur de PIB, etc. Si l’on parle des autres crypto-monnaies, elles peuvent avoir tous les impacts qu’on leur connait déjà, à commencer par ceux de la spéculation comme récemment sur le Bitcoin.

Les plateformes de crypto-monnaies sont-elles aussi concernées par les risques de cyber sécurité et de piratage ?

Oui tout à fait, ces plateformes sont bien sûr concernées par ces risques mais elles ont l’avantage d’être intrinsèquement plus sûres étant donné qu’elles ne peuvent pas être manipulées sans que cela ne laisse de trace dans la blockchain.

Quelle est la réglementation actuelle pour sécuriser les transactions en crypto-monnaie ?

Si l’on parle de MDBC, alors se serait le code de la monnaie au même titre que tout autre type de représentation de la monnaie, pièce ou billet. Seule la banque centrale a le droit d’en émettre ou d’en détruire, tout échange contre devise doit faire l’objet d’une transaction sur un marché régulé, il est interdit de l’imiter ou de la falsifier.

Si l’on parle de cryptomonnaie type cryptoactifs, échangeable sur les marchés et pouvant donner lieu à spéculation, alors ce sont les réglementations des marchés financiers qui s’appliquent et elles sont soumises aux directives et règlements émis par l’AMF en France.




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