Interview | Charlotte PILLAUD, Directrice du Pôle Innovations Sociales chez ALCANDRE

Propos recueillis auprès de Charlotte PILLAUD, Directrice du Pôle Innovations Sociales chez ALCANDRE.


Bonjour Madame PILLAUD, vous défendez depuis toujours les enjeux liés à la Qualité de Vie au Travail. Effet cosmétique ou nécessité absolue ?

En 2013, j’initiais déjà ce débat précurseur dans ma thèse traitant du « Marketing de la Bienveillance ».
En effet, il faut tout d’abord savoir de quoi on parle.

Trop souvent, les entreprises qui veulent se lancer dans une démarche QVT confondent « bien-être au travail » et « bonheur au travail ». Le bien-être et le bonheur sont 2 choses très différentes. Les mots ont ici toute leur importance.

Dans le cas du bonheur, la démarche peut dans certains cas engendrer des solutions « cosmétiques », peu ou pas suffisamment efficaces, comme un baby-foot, une conciergerie, une salle de repos ou de massage, ou encore l’embauche d’un Chief Happiness Officer, responsable du bonheur des salariés ! Comme chacun sait, le bonheur est intrinsèquement personnel. Il dépend de facteurs extérieurs au travail, sur lesquels l’entreprise n’a aucun moyen d’action. Sans nier l'apport de telles actions visant à procurer un mieux vivre aux salariés, elles restent souvent des artifices qui ne changeront rien à son fonctionnement, ni à son management.

C'est la raison pour laquelle elles doivent intégrer une politique et des plans d'actions plus globaux, permettant de ce fait un bien-être durable, absolument nécessaire pour l'entreprise. Créer toutes les conditions de bien-être au travail pour ses salariés, fait que le travail est bien mieux réalisé et que l’entreprise devient beaucoup plus performante. Mais ce bien-être s’acquiert à travers une culture d’entreprise, un environnement de travail, la prévention des RPS (les Risques Psycho-Sociaux), des moyens, du sens, du dialogue, un management respectueux et équitable encourageant la prise d’initiative, l’autonomie, la responsabilisation, la créativité et bien d’autres facteurs encore…

Ne jamais perdre de vue qu’apporter le bien-être signifie aussi prévenir le mal-être.

C’est pourquoi on parle donc désormais de Qualité de Vie & Conditions de Travail (QVCT), depuis la nouvelle loi Santé au travail du 2 août 2021.

Après tant d’années en cabinets QVCT de référence, pourquoi avoir choisi le cabinet ALCANDRE pour enrichir et déployer votre expertise ?

Le cœur de métier du cabinet ALCANDRE est d’accompagner les CEO, Comex, Codir et équipes dirigeantes, dans l’optimisation de leurs performances, l’excellence de leur management et la réussite de leurs projets de transformation.

Lorsqu’on parle de Risques Psycho-Sociaux ou de Qualité de Vie au Travail influençant la performance de l’entreprise, on pense rarement à ces dirigeants. Et pourtant, non seulement les patrons sont concernés par ces sujets RSE, mais la santé de l’entreprise passe d’abord par celle de ses dirigeants. Or à l’évidence, le bien-être et les risques psychosociaux du dirigeant sont aujourd’hui les angles morts de la santé au travail.

D’après moi, seul un dirigeant serein et en forme peut accompagner positivement ses équipes et rendre son entreprise plus performante. La QVCT comme élément fondateur d’une politique RSE efficace doit donc concerner autant les salariés que leurs dirigeants, d’autant plus qu’en toute logique, un patron qui se préoccupe de sa santé se doit aussi d’être attentif à la santé mentale et physique de ses salariés.

La réalité économique démontre en effet que la performance d’une société est directement liée à la santé et au bien-être de ses collaborateurs, tous niveaux confondus. À cet égard, entre les différents échelons de l’entreprise, le management et la communication jouent un rôle prépondérant.

Stress, solitude, surcharge de travail, responsabilités, incertitudes, contraintes et objectifs financiers…, les facteurs pathogènes auxquels sont exposés les patrons d’entreprise sont nombreux. Et parfois s’y ajoute un autre facteur : la défiance. Les hommes et femmes clés de l’entreprise ont en effet souvent le sentiment de ne pas être appréciés ni même compris par leurs salariés.

Pour briser ce sentiment d’isolement, pour améliorer la qualité de vie au travail propre au dirigeant et soulager le stress qu’il engendre, une partie de la solution réside dans un accompagnement sur mesure de haut niveau.

C’est pourquoi j’ai choisi le cabinet ALCANDRE, dont c’est l’expertise depuis plus de 12 ans.

Quelles pistes faut-il envisager pour allier « Qualité de Vie au Travail » et « Performance économique » ?

Nous adoptons pour cela une politique innovante et stratégique en matière de QVCT, qui fusionne les deux.

Notre signature « Human Force One » traduit l’importance du capital humain dans la gouvernance des entreprises. L’équilibre du couple « Homme/Entreprise » est pour nous la clé de voûte du succès, pour le meilleur de l’un et de l’autre.

Comme je vous l’indiquais, les clients d’ALCANDRE se situent au niveau de la direction générale (C-Levels), c’est-à-dire là où les réflexions et les prises de décision intègrent la performance économique et l’attractivité de l’entreprise.

Ce niveau de relation permet d’avoir une vision très objective de l’état de santé de l’entreprise, quels que soient leur taille, leur culture, leur historique, leurs enjeux et leurs ressources.

En termes de pistes de travail, nous abordons le sujet du point de vue de la performance et de l’exigence sur lesquelles l’entreprise et les salariés peuvent s’entendre. C’est ce que nous appelons la « Duo Performance », ce terrain d’entente qui apporte de l’efficacité au travail et qui est bénéfique pour les deux parties : l’entreprise et ses salariés.

Un diagnostic global de la situation doit définir les chantiers à déployer au sein des équipes : formations sur mesure, accompagnement des hauts potentiels, prise en charge des équipes en difficulté, sensibilisation aux comportements, communication interpersonnelle… le tout sous l’angle de l’engagement, de l’innovation et de l’empowerment, au service de la performance.

Comment évaluez-vous l’efficacité des solutions que vous mettez en place chez ALCANDRE ?

Preuves à l’appui (*), 86% des entreprises ont constaté des gains de productivité après avoir mis en place un programme QVCT, améliorant l’équilibre « Vie pro / Vie perso », et 74% d’entre elles ont même augmenté leur CA. Ce sont des exemples parmi tant d’autres qui confirment que les retours sur investissement en QVCT sont mesurables en termes de bénéfices économiques.

Ce ROI est le cœur de notre savoir-faire et de notre différence. Nous l’évaluons par rapport à la résolution des problèmes sur lesquels nous avons été sollicités et à l’atteinte des objectifs de la mission elle-même. Il est fondamental pour nous, comme pour le dirigeant, que chaque service proposé par nos soins, chaque action mise en œuvre, ait un caractère pragmatique et engendre des résultats visibles et chiffrés.

Chez ALCANDRE, seul le résultat compte et notre outil de pilotage est à l’image d’un baromètre conçu pour afficher la saisie et l’évolution des critères de performance.

Nous faisons le suivi de ces indicateurs qui assurent une mise en place concrète de nos actions, que ce soit autour de la santé, du turnover, de l’absentéisme, etc.

Comme les chiffres et les faits sont têtus et s’imposent d’eux-mêmes, ce sont eux qui constituent nos tableaux de bord, dictent le sens de nos interventions et en mesurent les effets. Cela nous permet aussi d’intervenir sur un programme déjà en cours d’exécution, d’en dépister et de corriger les maillons faibles et d’en optimiser sa prolongation. Nous pouvons également en mesurer l’efficacité à travers l’apaisement d’une situation ou l’amélioration des résultats de l’entreprise ou d’un groupe.
(*) Étude Sodexho 2016

Selon vous, la QVCT serait donc vouée à un futur prometteur ?

De toute évidence.

Le contexte socio-économique en perpétuelle évolution fait bouger les entreprises, les organisations, le collectif et l’individu. Il entraîne des turbulences dans l’organisation du travail et contribue au développement de nouvelles zones de fragilité et de vulnérabilité.

Les schémas doivent donc s’adapter toujours plus vite et plus fréquemment face à la volatilité des environnements dans lesquels ils évoluent. Ils doivent aussi se réinventer, ce qui implique des changements et des transformations qui bouleversent les rythmes et les organisations de toutes les parties prenantes.

L’essor des nouvelles technologies hypermodernes de ces dernières années, notamment avec l’avènement de la crise sanitaire, a aussi contribué à faire évoluer en profondeur les conditions de travail tout en légitimant fortement le télétravail.

De même, avec l’apparition de l’intelligence artificielle, du métavers, des chatbots, de la robotisation, de l’hyperconnexion…, on assiste de plus en plus au sein des entreprises à une disparition progressive de la relation physique, au profit de la relation virtuelle.

Ainsi, l’égalité professionnelle femme/homme, l’intelligence spirituelle, la prise de conscience du rôle à jouer dans la protection de l’environnement, la porosité des espaces spatio-temporels, l’accélération des rythmes de travail, l’innovation managériale..., tissent de nouvelles normes culturelles et remanient profondément les rôles et les comportements des salariés qui sont aux premières loges de cette évolution sociale. Il faut donc que ce glissement soit contenu dans un cadre construit, qui prépare les salariés à préserver leur santé psychique.

La QVCT chez ALCANDRE délimite précisément ce cadre : nous identifions les apprentissages, les outils et les solutions nécessaires à une économie réenchâssée dans la société et dans le monde vivant. Seule cette démarche holistique produit un fonctionnement harmonieux, reflétant une cohérence entre le besoin des individus et l’atteinte de la performance des entreprises.

Maîtrisé de cette façon par le cabinet, le futur de la QVCT ne fait aucun doute : entre les organisations, les conditions de travail, la culture managériale et la réalité socio-économique..., nos démarches QVCT s’inscrivent dans une logique d’anticipation et de réglage permanent du juste équilibre.

Pour conclure, que conseillez-vous aux entreprises qui souhaitent aborder la QVCT de façon « Duo-Performante » ?

Je leur dirais quatre choses simples et évidentes, trop souvent ignorées :
- Prendre conscience qu’une chaîne ne vaut que par son maillon le plus faible.
- Que la QVCT holistique offre un levier puissant d’optimisation, d’équilibre et d’attractivité.
- Que tout est traitable et mesurable.
- Que tout peut et doit commencer par un simple état des lieux.


Charlotte PILLAUD
charlotte.pillaud@alcandre.com
www.alcandre.com

Mardi 15 Novembre 2022


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