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Il faudra revisiter les dogmes et ne pas craindre les changements de modèle


L’institution entrepreneuriale peut sortir meilleure de cette mutation imposée. Le métier de chef d’entreprise aussi. A condition d’arrêter de considérer qu’une contrainte sociale est anti-économique ou qu’une avancée économique est forcément positive en soi.



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
Est-il plus mal d’avoir à analyser désormais les substances chimiques avant de les mettre sur le marché et d’y substituer d’autres quand elles sont nuisibles ? Est-ce si problématique pour le développement de la téléphonie mobile d’avoir à négocier certaines conditions d’installation de ses antennes, pour éviter des risques et des dommages qu’on peut prévenir ? Est-ce la fin du progrès pharmaceutique s’il faut négocier très tôt avec les assureurs les produits qu’ils attendent pour améliorer la gestion durable de la santé ? Est-ce moins bien pour les constructeurs automobiles dont la vocation est de faciliter notre mobilité individuelle, si les ménages n’ont plus deux voitures en ville, s’ils partent en vacances en train et si on repense leurs besoins de transport ? Est-ce la vocation des énergéticiens de vendre de plus en plus d’énergie ou seulement celle dont chacun a besoin, quand il en a besoin ? Est-ce dommageable pour les entreprises de produits de bien-être ou d’entretien, si elles doivent inciter à moins consommer d’eau, à plus recycler ? Le rôle des entreprises alimentaires est-il de vendre pour vendre ou d’améliorer la nutrition et la santé à la fois ? Etc.

Ces questions étaient iconoclastes, voire irrecevables, il y a peu. Elles sont au cœur des réflexions stratégiques des entreprises les plus avancées. Un modèle nouveau est en marche qui redonne plus que jamais sa vocation innovatrice et créatrice à « l’institution entreprise », en tant que fédérateur d’apports et d’attentes différentes qui peuvent se constituer en projet commun. Si la Société en fait partie, à travers l’écoute des parties prenantes, le respect de la règle et la co-construction de la régulation, « le contrat entrepreneurial » peut devenir l’une des clés aux problèmes de ce siècle. Nul ne peut encore affirmer ce qui sortira de cette crise, mais il est incontestable qu’un nouveau « contrat entre l’entreprise et la Société » émergera. La transition actuelle va consister à le définir en commun. La question posée est de savoir si les chefs d’entreprise y participeront activement, le freineront ou le subiront ? Si les entreprises affirmeront enfin leur rôle politique au meilleur sens du terme. Pas seulement pour sauver l’entreprise mais pour réaliser plus vite « un monde durable ».

Patrick d’Humières
www.company21.fr

Dimanche 7 Mars 2010
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