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Hedge Funds, Private Equity


Hedge Funds - Private Equity - Marchés financiers - Les frères ennemis



Hedge Funds, Private Equity
AVANT-PROPOS

Depuis le début du XXIe siècle, les Hedge Funds et le Private Equity ont connu une croissance impressionnante. Avec les fonds souverains et les réserves financières accumulées par les pays producteurs de pétrole, Hedge Funds et Private Equity représentent une part de plus en plus significative de la gestion de l’épargne dans le monde.

« Hedge Funds, Private Equity et marchés financiers, les frères ennemis ? » Tel est le thème de la conférence annuelle 2007 organisée par NYSE-Euronext et le Cercle des Economistes sous les auspices de l’Université Paris-Dauphine.

Le titre du colloque souligne bien la problématique ou l’une des problématiques posée par le développement de ces nouvelles formes organisationnelles. Les Hedge Funds sont de natures très diverses, mais qu’ils soient des investisseurs opportunistes ou activistes, ils sont accusés de déstabiliser les entreprises dans lesquelles ils investissent, avec une vision court termiste incompatible avec la stratégie de celles-ci. Le Private Equity, lui aussi revêt des formes variées, du capital-risque au LBO en passant par le capital-développement. C’est le Private Equity sous forme de LBO qui occupe la place la plus importante dans cette nouvelle forme d’organisation des entreprises, avec le rachat d’entreprises cotées de taille de plus en plus importante qu’il retire de la cote du marché financier.

La montée en puissance des Hegde Funds et du Private Equity apparaît comme un phénomène à la fois majeur et durable. L’effet de levier a démultiplié l’action des Hedge Funds dont l’endettement se situe entre deux et cinq fois les capitaux qu’ils recueillent des investisseurs. L’effet de levier a permis au Private Equity de lancer des LBO sur des cibles de plus en plus grosses et à des prix hors d’atteinte des prédateurs industriels. Mais il n’empêche que les conditions accommodantes de la politique monétaire et les bas taux d’intérêt qui en résultent ne sont pas la seule cause de l’apparition et du développement de ces nouvelles formes organisationnelles.

Jean-Hervé Lorenzi et Philippe Trainar décrivent dans « L’Avenir du Private Equity » toutes les dimensions de cette nouvelle industrie et notamment celle de la nouvelle forme de gouvernance qu’elle introduit dans les entreprises. De fait, Patrick Artus dans « Private Equity : un succès transitoire dû à l’environnement ou un succès durable ? » montre par une approche économétrique que les sur-performances dégagées par l’industrie du Private Equity vont au-delà d’un environnement économique, monétaire et financier très favorable mais traduit aussi la capacité des fonds de Private Equity à obtenir une gestion des entreprises meilleure que celle que peuvent obtenir les actionnaires des entreprises cotées. Dans « Alimenter l’industrie du Private Equity en projets innovants », Elie Cohen souligne que la France s’est dotée depuis une dizaine d’années d’une industrie du non coté qui lui permet de disposer des outils financiers, juridiques et fiscaux propices à l’émergence d’un courant actif de capital investissement, qui permettra, pour les plus chanceux, d’apporter du sang neuf à la cote boursière. Dans « Hedge Funds et Private Equity : leur apport à la gouvernance des entreprises cotées », Bertrand Jacquillat s’étonne que la boîte à outils et les techniques qu’ont les Hedge Funds et le Private Equity, notamment en matière de gouvernance, ne soient pas davantage utilisées par les entreprises cotées.

Alors Hedge Funds et Private Equity, frères ennemis des marchés financiers, les premiers déstabilisant les entreprises qui y sont cotées, et le second les retirant de la cote et lui ôtant par là même le pain de la bouche ? C’est le thème de la seconde partie de ce cahier, « Quels risques font courir aux marchés financiers et aux entreprises les Hedge Funds et le Private Equity ?

Dans « L’Actif et le Passif de l’industrie des Hedge Funds, un bilan favorable ? », Catherine Lubochinsky conclue que les apports des Hedge Funds aux marchés financiers l’emportent sur les risques qu’ils leur font courir. Dans « Hedge Funds, Private Equity et marchés financiers : frères ennemis ou frères siamois ? » Jean-Paul Betbeze compare les logiques, les spécificités et les contraintes du coté et du non coté. Olivier Pastré livre une vision décapante des fonds d’investissement dans « Fonds, fonds, fonds : les très grosses marionnettes » et Benoit Cœuré répond négativement à la question titre de sa contribution « Faut-il avoir peur des fonds souverains ? »

La troisième partie de ce cahier pose la question de savoir si la réconciliation de ces nouvelles formes d’organisation passe par une meilleure régulation.

D’abord, comme le rappelle Yves Simon dans « Les Hedge Funds, la titrisation et la crise de l’été 2007 », il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Selon lui, l’origine de la crise de l’été 2007 est à rechercher dans l’économie réelle et les comportements exubérants ou pathologiques de certains de ces acteurs et non pas dans l’existence des Hedge Funds et de la titrisation, qu’il qualifie de deuxième plus importante innovation financière après celle des produits dérivés. Dans « Les Hedge Funds et le risque systèmique », André Cartapanis fixe les conditions d’une régulation des Hedge Funds, en améliorant leur transparence et en renforçant les exigences auprès de leurs contreparties, et notamment les primes brokers. Dans son article « Crise Financière et Régulation des fonds », Christian de Boissieu s’insurge contre la confusion entre les vrais et les faux débats. Lui aussi salue les innovations financières qui transfèrent les risques et favorisent la croissance économique et tire les leçons de la crise financière de l’été 2007 pour la surveillance des fonds.

Au sommet de l’appareil réglementaire, il y a les banques centrales. Jean-Paul Pollin dans « Les banques centrales entre régulation économique et contrôle prudentiel » fait fi de la possibilité pour les banques centrales à la fois de contrôler l’inflation des prix des biens et des services et celle des prix des actifs financiers. Seul le contrôle prudentiel peut réguler les bulles d’actifs financiers.

Non, les Hedge Funds et Private Equity ne sont pas les frères ennemis des marchés financiers. Pour ce qui est des premiers, ils contribuent de manière très significative à leur liquidité. Tous deux, et surtout le Private Equity, contribuent à l’amélioration de la gouvernance des entreprises. Les entreprises cotées pourraient même s’inspirer de certaines de leurs pratiques. Dans sa phase initiale de financement, le Private Equity contribue à la régénération du tissu économique et industriel et à l’alimentation ultérieure en sang neuf du marché financier. Enfin, le Private Equity a besoin du marché financier pour in fine « déboucler » ces opérations en réintroduisant en bourse les sociétés qu’il contrôle.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et ces nouvelles formes d’organisation ont provoqué des innovations financières majeures. Leur contrôle ne passe pas nécessairement par des régulations supplémentaires directes, mais plutôt indirectes, notamment dans le sens d’une plus grande transparence des acteurs.

Bertrand Jacquillat

SOMMAIRE

Avant-propos de Bertrand Jacquillat

- I. LA MONTÉE EN PUISSANCE DES HEDGE FUNDS ET DU PRIVATE EQUITY : UN PHENOMÈNE MAJEUR ET DURABLE

L’avenir du Private Equity
Jean-Hervé Lorenzi et Philippe Trainar

Private Equity : succès transitoire dû à l’environnement ou succès durable ?
Patrick Artus

Alimenter l’industrie du Private Equity en projets innovants
Élie Cohen

Hedge Funds et Private Equity : leur apport à la gouvernance des entreprises cotées
Bertrand Jacquillat

- II. QUELS RISQUES FONT COURIR AUX MARCHÉS FINANCIERS ET AUX ENTREPRISES LES HEDGE FUNDS ET LE PRIVATE EQUITY ?

L’actif et le passif de l’industrie des Hedge Funds : un bilan favorable ?
Catherine Lubochinsky

Hedge Funds, Private Equity et marché financier : frères ennemis ou frères siamois ?
Jean-Paul Betbèze

Fonds, fonds, fonds, les très grosses marionnettes
Olivier Pastré

Faut-il avoir peur des fonds souverains ?
Benoît Cœuré

- III. LA RÉCONCILIATION DES NOUVELLES FORMES D’ORGANISATION AVEC LES MARCHÉS FINANCIERS PASSE-T-ELLE PAR UNE MEILLEURE RÉGULATION ?

Les Hedge Funds, la titrisation et la crise de l’été 2007
Yves Simon

Les Hedge Funds et le risque systèmique
André Cartapanis

Crise financière et régulation des fonds
Christian de Boissieu

Les banques centrales entre régulation macroéconomique et contrôle prudentiel
Jean-Paul Pollin

www.lecercledeseconomistes.asso.fr

Dimanche 10 Mai 2009
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