France : Consommation et enquête INSEE

Après une petite euphorie printanière, la consommation des ménages n'a pas résisté à l'été. Ainsi, sa chute de juillet - août confirme que la situation des ménages reste fragile.



Marc Touati
Pour autant, il ne faut pas dramatiser. En effet, après la hausse des mois précédents, la baisse de juillet - août constitue une correction logique. D'ailleurs, avec un niveau de -1,3 %, le glissement annuel de la consommation résiste. Avec un niveau de 85 pour le climat des affaires dans l'industrie en septembre, un plus haut depuis octobre 2008, les chefs d'entreprise confirment que la reprise est bien en place.

Bien entendu, la résistance de la consommation s'explique encore et toujours en grande partie par la prime à la casse. Pour autant, la poursuite de ce "cadeau" gouvernemental ainsi que la réallocation de la forte épargne des ménages vers la dépense devraient permettre de maintenir une consommation soutenue jusqu'aux soldes d'hiver.

En fait, l'euphorie n'est pas de mise et ne le sera d'ailleurs toujours pas dans les prochains mois compte tenu de l’évolution de la consommation des ménages et du climat des affaires. Pour autant, la bonne tenue de la consommation des ménages en juillet-août et la nouvelle hausse du climat des affaires dans l'industrie confirment que la France a non seulement évité la bérézina tant annoncée mais qu'elle se dirige également vers une augmentation du PIB d'environ 0,3 % tant au troisième qu'au quatrième trimestre 2009. Ce qui devrait se traduire par une baisse du PIB de "seulement" 2,1% sur l'ensemble de l'année 2009.

Et ce d'autant que l'amélioration récente de l'activité dans l'industrie et dans les services devrait limiter les destructions d'emplois. Surtout, les prochains mois devraient plutôt réserver des bonnes surprises.
Mais au-delà de ces relatives bonnes nouvelles, l'économie française va devoir traverser plusieurs obstacles sur le chemin de la reprise : euro trop fort, augmentation des taux directeurs de la BCE au plus tard début 2010, épuisement des soutiens publics a l'activité et surtout augmentation de la pression fiscale, notamment au niveau local sans oublier la taxe carbone.

Autrement dit, si la France a bien évité le scénario catastrophe de la courbe en L, elle ne devrait malheureusement pas rater celui de la "tolle ondulée", c'est à dire d'une croissance durablement molle autour des 1,5 %. Ce ne sera déjà pas si mal au regard des prévisions consensuelles, mais bien insuffisant pour inverser significativement la courbe du chômage.

Marc Touati
Economiste.
Directeur Général de Global Equities.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


Dimanche 27 Septembre 2009


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