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Fable animalière - Haro sur le baudet ! Qu’on se le dise, la Suisse est l’âne-mouton noir de la finance européenne.


Comme dans la fable de La Fontaine*, le Renard dit qu’il faut pendre le bouc-émissaire helvète haut et court. La liste noire des paradis fiscaux est là pour conjurer la nouvelle peste : la crise financière. La crise financière internationale, une crise de confiance généralisée, serait due aux excès… de confiance des clients internationaux des banques suisses.



Fable animalière - Haro sur le baudet ! Qu’on se le dise, la Suisse est l’âne-mouton noir de la finance européenne.
Pensez donc, pour échapper aux sangsues réputées bienfaitrices du fisc, des dévaluations actuelles ou à venir (inclure ici le rouble russe, la livre sterling, le forint hongrois, l’euro et le dollar américain) et des aléas réglementaires, certaines fourmis internationales sont allées mettre à l’abri leur pécule dans les alpages. Alors que les médecins financiers transfusent leurs cigales bancaires exsangues à coup d’injections massives de capitaux, quitte à planifier une hémorragie massive inflationniste, les fourmis se sont encore une fois enrichies industrieusement et sont montrées du doigt. Pire : elles refusent d’être ponctionnées pour alimenter la spirale internationale.

Il faut donc mettre à l’index la stabilité financière, le respect des principes de l’épargne et de l’investissement, l’épargne industrieuse en somme pour satisfaire le Lion américain, le Renard français et le Loup allemand. La ferme des animaux** d’Orwell l’a illustré : certains animaux sont plus égaux que les autres. Est-il fait mention du Delaware comme paradis fiscal ? Le Lion s’en offusquerait. Qu’en est-il de Monaco ? Le Renard l’oublie bien opportunément. Le Loup allemand, quant à lui, se garde bien d’accuser ses protégés autrichiens et luxembourgeois.

Il est vrai qu’en matière fiscale comme en tout autre « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Sauf que le roi est nu. Sa cour est misérable. Il n’a plus les moyens de ses ambitions. L’âne helvète ne doit pas céder et pour une fois, faire mentir la fable.

* « Les animaux malades de la peste »

Cyril Demaria
Cyril Demaria
Cyril Demaria
Passionné par la finance et l’innovation technologique, Cyril a développé une philosophie « hands on », comme analyste dans un fonds de capital-risque transatlantique à San Francisco et à Paris, puis grâce à ses expériences opérationnelles et en tant que fondateur de
Corporate Development Consulting , un cabinet de conseil en private equity. Il a contribué au développement de plusieurs jeunes pousses (Internet, télécommunications et logiciel). Cyril fut portfolio manager au sein du fonds de fonds d'un groupe d'assurance français, et est actuellement associate dans un fonds de fonds basé à Zürich.

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, d’Etudes Approfondies (DEA) en Géopolitique, d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Droit Européen des Affaires, et d’HEC (spécialisation Entrepreneurs). Cyril est l'auteur de
Développement durable et finance (Maxima, 2004), le premier livre en français analysant le processus d'investissement selon des critères de développement durable. Il est aussi l'auteur de Introduction au private equity (Banque Editeur, 2006), et de "Profession business angel" (Banque Editeur, 2008).
 
Cyril Demaria
+41.79.813.86.49

Lundi 23 Mars 2009
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1.Posté par Rémy Mahoudeaux le 30/03/2009 11:37 | Alerter
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Bonjour,
Merci pour cette plaisante métaphore. A rapprocher de cette parodie de fable de cigale et de fourmi qui circulait il y a quelque temps pour expliquer la spirale d'appauvrissement des cigales et l'exil des fourmis. Je ne sais pas si René Girard cautionnera cette approche, mais je constate que les prédateurs, incapables de transformer les enfers fiscaux qu'ils ont organisé depuis des lustres en simple purgatoires (ne soyons pas exigeants) décident (au mépris du respect de la souveraineté) de supprimer les paradis, boucs émissaires si faciles à désigner à la vindicte populaire. Dans le "panem et circenses" actuel, cette navrante recherche d'un dérivatif ne masque pas vraiment l'incurie de l'organisateur des jeux.



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