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Etat des lieux de la RSE en France


Dans un rapport, intitulé « La responsabilité sociale des entreprises : l’engagement de la France », publié le 24 avril 2009 par le Ministère des Affaires Étrangères, alors que notre pays présidait l’Union Européenne, on pouvait, en préambule, lire ceci :



Constant Calvo
Constant Calvo
" La responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE) est devenue un thème essentiel dans les réflexions sur la régulation de la mondialisation et a donné lieu à de multiples initiatives récentes. La crise économique actuelle renforce d’autant plus ce débat. L’engagement de la France dans la RSE se caractérise à la fois par sa pleine participation à de nombreuses négociations internationales, par une intervention de l’Etat au plan législatif et en tant qu’initiateur d’une dynamique pluri-acteurs, ainsi que par le foisonnement des initiatives prises par les acteurs économiques et sociaux. "

Et dans le premier chapitre intitulé « Qu’est-ce que la RSE pour la France? », on pouvait également lire ceci :

« État membre de nombreuses organisations internationales, la France a participé à l’élaboration de définitions dans lesquelles elle se reconnaît. C’est aussi pour elle un concept stratégique. »

Plus loin, voilà ce qui est écrit :

« La France ne joue pas seulement un rôle actif au plan diplomatique. Des initiatives nationales multiples ont affirmé une identité particulière dessinant une capacité conceptuelle reconnue. Elle s’est affirmée innovatrice au plan législatif avec notamment la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE, 2001). Elle l’est aussi dans la promotion de l’investissement responsable selon des dispositifs variés, et l’amélioration de la transparence grâce à une politique de labels. Enfin, les initiatives des acteurs privés manifestent l’engagement de la société française dans la RSE. »

Voilà pour les déclarations d’intentions de la France. Bonne note est prise.

Mais qu’en est-il vraiment de la RSE dans les entreprises françaises? Qu’en est-il de leur engagement, c’est-à-dire de leurs actions sur le terrain ?

Comment rendre compte de la réalité complexe de la RSE dans les entreprises françaises ? Comment faire la part des choses entre déclarations et pratiques ? Comment se retrouver dans le dédale des principes, référentiels ou normes, lois, recommandations, émanant de différentes institutions publiques ou privées, quelles soient françaises ou internationales ?

C’est à ces questions, et à bien d’autres, que tente de répondre l’excellent Hors Série n°41, Novembre 2009, publié par Alternatives Économiques, intitulé « La Responsabilité Sociale des Entreprises Françaises ».

D’entrée de jeu, à la lecture de l’éditorial qui titre « le chemin est encore long … », on comprend que l’affaire est sérieuse, sinon grave, et que l’analyse et l’investigation de ce Hors Série – à lire absolument - se veulent sans concessions.

Qu’il s’agisse des rapports sociaux et environnementaux des entreprises du CAC 40 - ah, les fameux rapports développement durable ! - considérés par ces dernières d’abord et avant tout comme des outils de communication, et dans lesquels elles veillent coquettement à présenter leur meilleur profil, quitte à faire quelques judicieuses impasses et distorsions sur certaines formes de leurs activités ;

Qu’il s’agisse aussi des paradis fiscaux : « les entreprises françaises du CAC 40, quelles soient bancaires ou industrielles, sont très présentes dans les territoires offshore, principalement au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suisse. » ;

Qu’il s’agisse encore des dérives et autres dérapages de la publicité dite « écologique » visant à induire en erreur le consommateur ;

Ou de la fiscalité : « seules quatre entreprises du CAC 40 ont payé un impôt sur les sociétés qui corresponde aux taux officiel en France », avec la palme d’or décernée à l’unanimité du jury à Unibail-Rodamco, la société immobilière, « qui a réussi l’exploit de ne consacrer que 1% des bénéfices cumulés sur 2006-2008 à l’impôt »!

Rien, absolument rien, ne nous est épargné des vices et turpitudes de la RSE.

Heureusement, les ONG veillent au grain, les consommateurs se mobilisent, ainsi que les investisseurs ; les salariés prennent lentement conscience que la RSE peut également être leur outil ; les jeunes développent un esprit de plus en plus critique ; les organisations syndicales réalisent que la RSE est un moyen unique leur permettant d’enrichir le dialogue social.

Les entreprises vont-elles sont la pression conjuguée des uns et des autres, devenir vraiment, enfin, responsables ?

Avec en filigrane, la question lancinante de savoir s’il faut continuer à laisser les entreprises s’engager volontairement dans la démarche RSE, ou s’il faut les y contraindre et légiférer.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Mardi 17 Novembre 2009
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