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Emplois, RSE, et Développement des Ressources Humaines Durable


On a l’impression que les démarches de développement durable et de responsabilité sociétale des entreprises (DD/RSE) intéressent plus les acteurs associatifs, les ONG, les spécialistes, les médias, les internautes sur les réseaux sociaux, et autres consultants, que les premiers concernés c’est-à-dire les chefs d’entreprise et les actionnaires. S’agit-il d’un malentendu ou d’une erreur de perception ?



Constant Calvo
Constant Calvo
Ce n’est certainement pas la conjoncture économique internationale, autrement dit la crise et ses conséquences, qui est de nature à dissiper ce désagréable sentiment. Car, il semble bien que la crise gèle l’enthousiasme des chargés DD/RSE et met un frein à leurs ambitions, et inquiète nombre d’entrepreneurs lesquels relèguent pour la plupart la mise en place des projets à des lendemains plus sereins et prospères, exception faite des projets emblématiques qui contribuent à valoriser l’image et la marque employeur.

On a beau jeu de répéter que le DD/RSE est une opportunité afin de sortir de la crise, et que performance sociale, performance environnementale, et performance économique sont indissociables et constituent les trois facteurs de la performance globale. Rien n’y fait. Les chefs d’entreprises sont prudents, timides voire craintifs, et misent plus que jamais leur va-tout sur les deux priorités et dogmes définis par les toutes puissantes directions financières : la réduction des coûts et la gestion des risques.

L’enquête menée auprès de 300 décideurs financiers dans le cadre du deuxième « Baromètre de la fonction DAF » (Directions Administratives et Financières) réalisé en juin 2013 par MRC&C pour le cabinet BDO et la Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes, n’est pas de nature à nous rassurer car les résultats indiquent que le DD/RSE n’est un dossier prioritaire que pour 6% d’entre eux. D’aucuns ne manqueront pas de remarquer que les DAF n’ont – paradoxalement – pas pris la mesure des opportunités que représentent les démarches DD/RSE en termes de réduction des coûts et de gestion des risques. Il faut préciser, à leur décharge, qu’on les dit – maigre consolation – très inquiets.

« Les directeurs financiers ont vraiment pris la mesure de la crise. Autant dire qu’ils ont le moral à zéro », a déclaré Michel Léger, commissaire aux comptes et Président de BDO France. C’est peu dire qu’ils ont le moral à zéro. Alors qu’ils n’étaient, pour ainsi dire, que 88 % à juger la conjoncture « défavorable » ou « très défavorable » lors du 1er Baromètre, ils sont désormais 95 %.

Chacun sait que l’inquiétude et la peur ne sont pas bonnes conseillères, elles obscurcissent l’esprit et inhibent le comportement. Les temps actuels nécessitent des entrepreneurs audacieux – rappelons que le courage consiste à affronter l’adversité, tandis que l’audace ou la bravoure ne connait ni obstacle ni limite – qui ne se contentent pas de gérer les risques mais les prennent sans états d’âme et les assument ; ils exigent la mise en œuvre de politiques globales et de stratégies à long terme, en dépit des courbes, des chiffres, des tableaux de bord sophistiqués, et des Cassandre.

Les décideurs financiers ne sont dans la plupart des cas ni des visionnaires ni des stratèges. La créativité et l’innovation – notamment l’innovation RH et sociale – ne sont pas leur exercice favori ni leur terrain de prédilection. Ils n’ont pas été formés pour cela. Nul ne pourra pas leur reprocher d’être ce qu’ils sont. Mais on est en droit d’attendre autre chose des entrepreneurs.

La situation de l’emploi en France et en Europe, en particulier des jeunes et des personnes en situation difficile ou de précarité, exige de faire monter en puissance les directions des ressources humaines et leurs équipes, de leur allouer des moyens humains et des budgets, de renforcer leur légitimité en interne et externe, et de leur donner une plus grande marge de manœuvre et un plus grand périmètre d’action en termes décisionnels et organisationnels, afin de leur permettre de concevoir des dispositifs innovants en faveur de l’emploi et de l’inclusion sociale, aidés en cela par les pouvoirs publics cela paraît une évidence, mais également par l’Union Européenne et l’Organisation Mondiale du Travail fortement mobilisées l’une et l’autre sur le sujet et qui n’ont de cesse de sonner l’alarme.

Les solutions innovantes existent, les bonnes pratiques et les outils aussi. D’autres peuvent et doivent être inventés. L’innovation ne concerne pas seulement le secteur industriel ou technologique comme on aurait trop tendance à le croire, mais aussi les Ressources Humaines. A quand un département Management de l’Innovation rattaché aux directions des ressources humaines ?

L’entreprise responsable et citoyenne a un rôle social inscrit dans les valeurs et principes de l’engagement volontaire à la démarche DD/RSE : créer des emplois ; veiller à ce que les conditions de travail soient acceptables et le salaire équitable ; développer l’employabilité de ses salariés ; faciliter l’intégration des jeunes au monde de l’entreprise ; et participer à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Le DD/RSE c’est aussi le développement des ressources humaines durable.


Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Mercredi 17 Juillet 2013
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