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Darwin et la Mondialisation


La publication de « L'Origine des espèces » en 1859 a marqué, et continue de marquer, une révolution intellectuelle. La célébration d’un homme de science tel que Charles Darwin dont on fête, le 12 février 2009, le bicentenaire de sa naissance, est toujours l’occasion, outre de mieux comprendre avec le recul l’impact de son génie et de ses découvertes sur la société de son temps, de mesurer aussi son influence sur les époques et les siècles suivants.



Constant Calvo
Constant Calvo
Si, au plan scientifique, le darwinisme n’est pas sérieusement remis en question, au plan idéologique, en revanche, il a subi et continue de subir de nombreux assauts,

Quant au néodarwinisme, qui a connu de nombreux avatars, on pu constater que son application dans le champ du social, notamment au XIX e siècle, servait par analogie, à la propagation scandaleuse de théories racistes venant légitimer les inégalités.

Plus récemment, c’est dans le cadre de la mondialisation que l’on a vu fleurir le dernier avatar du néodarwinisme, selon lequel ce sont les meilleurs et les plus brillants, c'est-à-dire les plus forts, qui gagnent.

Il est par conséquent ironique de constater, que c’est au moment où on célèbre le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, ainsi que le 150 e anniversaire de la naissance des théories de l’évolution et de la sélection naturelle – « L’origine des espèces » ayant été publié le 24 novembre 1859 – que ce néodarwinisme-là vient juste de s’effondrer.

On a souvent présenté les trois étapes historiques supposées de la mondialisation : la première, l’internationalisation, soit le développement des flux d’exportation ; la deuxième, la transnationalisation, avec le développement des flux d’investissements et des implantations à l’étranger ; la troisième, la globalisation, c'est-à-dire la mise en réseau planétaire des circuits de la communication et de l’information.

On est curieux de savoir, comment les experts, les historiens, les philosophes, ou les théoriciens de la mondialisation, vont nommer cette quatrième étape issue de la crise financière et économique, qui est en train d’émerger sous nos yeux, avant que ne surgisse la cinquième, puis la sixième, et ainsi de suite, bien évidemment. Comme l’évolution des espèces, en effet, il n’y a aucune raison de penser que cela doive s’arrêter un jour.

Le terme de « glocalisation », néologisme né de la combinaison de global et de local serait à coup sûr un excellent candidat. La glocalisation exprime parfaitement la situation paradoxale entre la mondialisation de la circulation des produits, des biens, et des idées, d’une part, et la montée en puissance des influences et des valeurs locales, d’autre part. La glocalisation serait l’un des paradoxes majeurs du phénomène que représente le processus de mondialisation.

Beaucoup en conviennent, la crise va redonner des forces nouvelles aux singularités locales, soit entre autres : réaffirmation des identités locales, renforcement du lien social, développement de nouvelles formes de solidarités et de communautarisme. On pourrait paradoxalement, assister à une accélération de la « fragmentation » ou de« l’atomisation » du monde, autres bons candidats possibles.

Quoiqu’il en soit, il semble bien que l’on assiste au grand retour des Etats et que, contre toute attente, la mondialisation vient leur redonner du sens et de la légitimité ; bien des observateurs et des analystes, autrefois réticents, le crient aujourd’hui sur les toits : seuls les Etats peuvent réguler la mondialisation. Même ceux qui ne juraient que par la dérégulation et le libéralisme en appellent à l’action urgente des Etats.

Car, la crise a permis de mettre en évidence que la mondialisation, si elle produit certes des richesses produit également, et en contrepartie, des inégalités douloureuses ; les écarts entre ceux qui sont capables de saisir les opportunités qu’offre la mondialisation et ceux qui en sont incapables se creusent chaque jour davantage. La mondialisation est également responsable de la marginalisation d’un nombre toujours plus croissant d’êtres humains.

Mais la crise a également osé atteindre les grosses fortunes, les particuliers comme les institutions. C’est un Minotaure, un Sphinx, un monstre insatiable qui n’épargne personne. La face cachée de la mondialisation est apparue, soudain, à tous, dans ses habits de lumière.

Charles Darwin serait sans doute amusé de voir, ceux qui se sont servis de ses théories scientifiques pour légitimer leur pouvoir et justifier l’accumulation sans fin et sans limites de leurs richesses, sans souci aucun de responsabilité sociale, se poser aujourd’hui en victimes, et appeler à l’aide. Lui qui avait écrit : « Les espèces qui survivent ne sont pas nécessairement celles qui sont les plus fortes ni les plus intelligentes, mais celles qui sont les plus réactives au changement ».

Il sera intéressant, dans les mois et les années à venir, d’observer d’où viendront les forces vives et nouvelles du changement.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Mercredi 11 Février 2009
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