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Copenhague et la Norme RSE ISO 26000 : Entre Espoir et Déception


La publication de la première norme ISO 26000 sur la Responsabilité Sociale est prévue pour septembre 2010. Va-t-elle subir le même sort que l’accord sur le climat et les gaz à effet de serre récemment, et hâtivement, bouclé – vous avez dit bâclé ? - à Copenhague ?



Constant Calvo
Constant Calvo
A entendre certains observateurs, toutefois, la conférence de Copenhague ne fut, en définitive, ni une réussite ni un échec. Cette prestigieuse et largement médiatisée réunion des dirigeants de la planète n’aura pourtant accouché que d’un timide plan d’action, peu contraignant, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Bien que, selon le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’accord obtenu au forceps dans la soirée du 19 novembre 2009, «marque une avancée importante dans les négociations et constitue le premier accord réellement mondial qui peut permettre de limiter et réduire les émissions de gaz à effet de serre, soutenir les mesures d’adaptation en ce qui concerne les plus vulnérables et favoriser la création d’une nouvelle ère de croissance durable en terme d’environnement », force est de constater qu’il est déjà contesté de toutes parts.

On est en droit de se demander si, à l’instar de la conférence de Copenhague sur le climat qui avait suscité des attentes considérables, la norme RSE 26000 ne va pas pareillement générer des commentaires critiques.

On se souvient peut-être, qu’en janvier 2005 l’Organisme de Normalisation International (ISO) s’était engagé dans l’atteinte d’un « consensus international » - cela ne vous rappelle–t-il rien ? - sur la définition du concept de responsabilité sociétale dans ses dimensions sociale, économique et environnementale.

Quatre ans plus tard, à l’issue de moult débats et de plusieurs réunions internationales, on était prêt à bondir de joie à l’annonce que la norme ISO 26000 était enfin, et heureusement, en voie de finalisation.

Mais, première déception, on append que contrairement à la norme ISO 9001 portant sur la qualité, et la norme ISO 14001 portant sur l’environnement, la tant attendue norme ISO 26000 patiemment concoctée par plus de 500 experts représentant 90 pays et une quarantaine d’organisations internationales, parmi lesquelles l’Organisation internationale du travail (OIT), le Pacte Mondial, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ou le Global Reporting Initiative (GRI), ne pourra pas faire l’objet d’une labellisation et d’une certification.

Car, au grand dam de ceux qui espéraient beaucoup - trop peut-être comme à Copenhague -, il s’agit pour cette norme RSE 26000 de ne définir rien d’autre, et rien de plus, que des lignes directrices sur la responsabilité sociétale et non pas un système de management.

Deuxième déception, bien plus grande encore, de l’avis de nombreux analystes et experts, la norme 26000 dont le texte est en cours de rédaction finale, représente un « compromis » dit-on - tiens, tiens, ça nous rappelle décidément quelque chose … - entre les différentes perceptions et conceptions éthiques et morales des acteurs en présence.

Il semble que les spécificités culturelles des différents pays et régions du monde rendent impossible, malgré des débats parfois houleux, l’élaboration d’une norme RSE internationale.

Là encore, comme à Copenhague, et comme pour les Droits de L’Homme bafoués au quotidien par de nombreux pays, l’élaboration de valeurs universelles se heurte à des difficultés insurmontables.

D’aucuns ne manqueront pas de regretter, par exemple, que la norme 26000 « n’est pas destinée à servir de base à une action en justice, une plainte ou tout autre revendication dans des procédures nationales ou internationales ou autre. Elle n’est pas destinée à être citée comme une preuve d’une règle internationale coutumière ».

Texte peu contraignant en vue, par conséquent, comme à Copenhague encore, et qui risque de laisser beaucoup d’entre nous sur leur faim.

Il y des jours comme ça, où l’on se dit, qu’à Copenhague comme ailleurs, il n’y aurait rien de tel qu’un bon séminaire de médiation interculturelle - démarche interdisciplinaire à la confluence des théories de la communication, de la psychologie, de la pédagogie, de l’anthropologie, de la linguistique, et de la culture – afin de décadenasser les cœurs et les esprits, et de dégager de nouveaux horizons insoupçonnés à la table de négociation.

Attendons septembre 2010 pour la publication de la norme ISO 26000, afin de juger vraiment, en toute connaissance de cause ; et attendons Mexico cette même année 2010, où se déroulera le prochain sommet sur le climat et les gaz à effet de serre.

D’ici là, on vous souhaite une Bonne Année placée, nous l’espérons, sous le double signe du Développement Humain Durable et de la Responsabilité Sociale.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Dimanche 24 Janvier 2010
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