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Bernardins : Un débat trop consensuel


Ce n'est que mon opinion, mais le débat « Dirigeants ou actionnaires : qui contrôle qui ? » tenu dans le cadre des Mardis des Bernardins (1) m'a un peu déçu, comme un match de rugby où ne s'affronteraient que des équipes de Bisounours. Pas le moindre méchant : l'investisseur (2) n'était pas cupide, ni le dirigeant (3) roué, ni le consultant (4) arrogant. Le bon docteur Pangloss eut prodigué moult satisfecit au vu d'un tel consensus.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Je retiens cependant de ce débat :

Quelques litotes de bon goût qui ont bien sûr été assénées (dans le désordre et sans prétendre être exhaustif) :
- 15% de rentabilité attendus par les investisseurs, c'est effectivement irresponsable et peu réaliste dans la durée ;
- l'état n'est pas la solution de tout ;
- le rôle des administrateurs indépendants se complexifie ;
- l'asymétrie d'information entre dirigeant et actionnaire étant trop forte, l'entreprise doit être plus transparente ;
- ce serait idéal d'intéresser davantage les actionnaires à la vie de l'entreprise où ils investissent ;
- passer l'essentiel du temps d'un conseil d'administration sur la rémunération des dirigeants est exagéré, il y a d'autres sujets inscrits à l'ordre du jour ;
- les scandales sur-médiatisés au sein des entreprises les plus importantes induisent des régulations inadaptées et très pénalisantes pour les entreprises plus modestes.

Des éclairages intéressants étaient apportés :
- parler de régulation sans parler des régulateurs ne sert pas à grand chose. L'arbitre fait partie du jeu ;
- la sensibilisation / formation à l'éthique manque ;
- l'actionnariat salarié n'est pas gérable en France du fait des contraintes règlementaires ;
- la diversité des administrateurs est une richesse. Leur formation ne doit pas être négligée.

Sur ce dernier point, je voudrais rajouter que l'indépendance de ces administrateurs ne se décrète pas et que l'analyser sur le plan exclusivement économique est dangereux et réducteur.

Pour en revenir au titre du débat, je souhaiterais rappeler ce qui est dit dans le livre : les actionnaires élisent et mandatent des administrateurs qui choisissent, rémunèrent et révoquent des dirigeants. Ils les épaulent pour certaines opérations et participent à des décisions qui sont collectives. Pour rémunérer et révoquer, les administrateurs contrôlent les dirigeants. Mais si le leader charismatique des administrateurs est aussi le dirigeant principal et qu'il est un autocrate, ce n'est pas gagné ...

Pour terminer, une mêlée ne doit pas ressembler à un câlin, sinon les spectateurs quittent les gradins du stade et crient « Remboursez ! ». Je ne l'ai pas fait, mais ce n'était pas vraiment un débat où sont confrontées des idées divergentes. C'est, me semble-t-il, dommage. Pour ceux qui le souhaite, KTO diffuse la première partie du débat , jusqu'aux questions de la salle qui ne sont pas en ligne.

(1) Mardi des Bernardins – conférences tenues au Collège des Bernardins http://www.collegedesbernardins.fr/
(2) Jacques Garaïalde, directeur de Kohlbert, Kravis, Roberts & Co (KKR)
(3) Pascal Imbert, président du directoire de Solucom
(4) Emmanuel de La Ville, fondateur d'Éthifinance, agence indépendante d'analyse extra financière
(5) URL : http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/les-mardis-des-bernardins.html

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
http://www.remsyx.com

Mardi 23 Novembre 2010
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