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Banques privées : la Suisse va faire face à de profonds changements


Une étude de KPMG et de l'université de Saint-Gall montre qu'en Suisse, le secteur de la banque privée est à l'aube d'une profonde mutation.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
Cependant, selon l'appréciation de 30 banques privées de premier plan, le secteur se trouve encore à la phase d'analyse de la situation et n'en est pas encore à adapter les stratégies. La croissance interviendra essentiellement à l'étranger. Notamment parce que les avantages de la place financière suisse tels que le secret bancaire et la basse fiscalité dépendent de la législation et ne sont donc pas aisément transposables. La mesure dans laquelle les banques privées suisses prendront part à la croissance dépendra de leur capacité à s'adapter au nouvel environnement. En Suisse, on s'attend à une nouvelle vague de consolidation. Les avis des banques privées varient fortement quant à savoir si le proche avenir apportera une croissance ou un fort recul des fonds sous gestion.

Une crise économique qui s'aggrave, des activités offshore restreintes, une demande croissante de transparence (tant de la part des clients que des législateurs) et une pression accrue sur les marges: on peut comprendre les nombreuses banques privées suisses qui estiment avoir passé la majeure partie des deux dernières années à répondre à des attaques. De plus, il est probable que le marché suisse des banques privées se rétrécira ces prochaines années, et la concurrence offshore pourrait devenir plus serrée pour séduire les clients suisses.

Les espoirs sont plus solides en ce qui concerne la croissance hors de Suisse, et cela pourrait constituer une chance à saisir pour les banques qui voient clair. Les instituts capables de s'adapter à la «nouvelle ère» d'activités extraterritoriales pourraient ainsi trouver de bonnes occasions de s'imposer dans des segments de clientèle en plein essor et peut-être de tirer parti de perspectives intéressantes de fusion-acquisition.

Les banques privées voient s'offrir à elles une multitude d'options. Quel modèle d'entreprise doivent-elles choisir? Quelles propositions de valeur les mettront en bonne position pour attirer de nouveaux clients et conserver leur clientèle actuelle? Comment, le cas échéant, récupérer les actifs rapatriés par le biais d'activités onshore ou «multi-shoring»? Comment poursuivre leurs affaires extraterritoriales de manière parfaitement conforme? Faut-il adopter une démarche d'architecture ouverte?

KPMG et l'université de Saint-Gall (HSG) ont interrogé de hauts responsables de 30 des plus grandes banques privées suisses, en majorité de premier plan, à travers une combinaison d'interviews personnelles et de questionnaires de relance. Les résultats confirment certains des points de vue actuels du secteur mais ils réservent aussi quelques surprises.

De quoi à l'air le paysage du secteur ?
- 71% pensent que le secteur suisse de la banque privée doit se transformer pour surmonter ses défis. Les activités extraterritoriales recèlent des difficultés particulières.
- Seulement 29% pensent que le secteur intérieur suisse de la banque privée va croître au cours des trois prochaines années, ceci alors que plus de la moitié s'attend à une croissance du secteur hors de Suisse.
- Près de 90% perçoivent une intensification de la concurrence au sein du secteur. Cet aspect souligne encore la nécessité de la transformation.
- Selon 79% des répondants, les défis actuels vont entraîner une consolidation accrue. Plus des deux tiers estiment que les perspectives de fusion-acquisition sont bonnes et trouvent que les évaluations actuelles sont intéressantes.

Catalyseurs du changement
- On s'attend à ce que les modifications des réglementations aient un énorme impact sur la culture et les activités du secteur de la banque privée.
- Les restrictions des activités bancaires offshore dues aux normes de coopération fiscale de l'OCDE et aux pressions gouvernementales exerceront une influence marquante sur le secteur suisse de la banque privée.
- Seuls 14% des répondants estiment que les marges bénéficiaires actuelles pourront être maintenues; 40% indiquent que les clients demandent des réductions des honoraires.
- Une majorité irrésistible de 96% observe que les clients demandent plus de transparence et des produits plus simples à comprendre.
- Les banques font face à des exigences accrues des clients quant aux honoraires et aux valeurs.

Modèles d'entreprise et de gestion
- Selon les deux tiers des répondants, les activités bancaires offshore traditionnelles vont fléchir pendant les trois prochaines années.
- La taille, l'envergure et le positionnement deviennent d'autant plus cruciaux à mesure que la complexité et les coûts des opérations bancaires extraterritoriales et internationales augmentent.
- 60% pensent que le modèle des «pure players» sera le plus efficace pour conquérir des parts de marché ces trois prochaines années.
- 89% pensent que les clients souhaitent un conseil intégral en matière d'objectifs de placement et des informations transparentes sur les risques.
- 61% pensent que les responsables de relation clients sont plus efficaces en gestion («farming») qu'en acquisition («hunting»). Seul un quart des répondants se dit satisfait que les responsables de relation clients nouvellement engagés aient atteint des niveaux fixes de transferts d'actifs.

Source :
KPMG Suisse

Laurent Leloup

Lundi 2 Novembre 2009
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