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Bâle III accroît la prise de risque


La réforme dite de Bâle III est une aubaine pour ceux qui aimeraient que les banques prennent moins de risque et qu’elles assurent enfin leur rôle dans le financement de l’économie sans faire appel à l’Etat et au contribuable. Pourtant, elle pourrait bien aller à l’encontre de ses objectifs premiers…



Pascal de Lima
Pascal de Lima
Tout d’abord parce qu’il y avait déjà les stress-tests qui auraient du suffire à rassurer les marchés financiers, stress-tests d’ailleurs plus à même de mesurer la solidité du système bancaire moyennant des hypothèses réalistes et une communication financière appropriée qu’une augmentation de fonds propres.

Car en réalité l’augmentation des fonds propres peut aussi avoir des effets contradictoires sur la prise de risque, surtout lorsqu’elle repose sur une augmentation de la part volatile des fonds propres… celle qui peut produire des signaux négatifs au marché ! Au meilleur des cas imaginons que cela permette d’augmenter de 100 à 150 milliards les ressources des banques. En quoi est-ce que cela pourrait limiter la prise de risque ? Au contraire ! On peut imaginer que cela stimule encore plus les augmentations de capital et les dividendes qui s’en suivent en augmentant ainsi la prise de risque des banques vers les actifs les plus rémunérateurs et donc aussi…les plus risqués.

Car avec une augmentation des fonds propres, l’industrie financière devient de plus en plus sélective dans un contexte de croissance molle à une époque ou tout le monde est à l’unisson pour dire que la monnaie est un bien publique générateur de cohésion social. C’était bien le sens de la récente crise de l’immobilier aux Etats-Unis avec tout ce que l’on connait maintenant sur la réappropriation par l’humain des activités financières ? Or ici, tout le tissu de PME fiables pourrait bien en pâtir.

Il faut ajouter à cela que la BCE venait de maintenir ses taux refi inchangé à 1% ce qui facilitait le refinancement bancaire et la reprise de l’activité. Il n’était pas nécessaire de compliquer le problème en ajoutant au ratio de solvabilité fixé à 7% maintenant, des fonds propres selon le cycle de l’activité, à la hausse en période de croissance économique, à la baisse en période de ralentissement. La BCE avait déjà résolu le problème de la pro-cyclicité par le maintien de taux de refinancement extrêmement bas. Il faut prendre garde à ne pas neutraliser les effets positifs sur la croissance économique des orientations de la BCE par des effets négatifs sur celle-ci des orientations du G27 et de la régulation prudentielle mondiale.

C’est oublier la palette d’ingéniosité financière qui permettra aisément de contourner ces règles. D’ailleurs certains avaient déjà anticipé cette mesure…Il suffit de faire le maximum pour que le surcroît de fonds propres générés ne couvre in fine que certaines activités plutôt que d’autres qui devront être toujours couvertes par l’Etat…

Pascal de Lima
Economiste en chef Altran Financial Services et enseignant à sciences-po

www.altran.com
pascal.delima@altran.com

Mercredi 15 Septembre 2010
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