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Aveu de naïveté


Je dois l'avouer : je suis un grand naïf. Jusqu'à la lecture de l'article de la Tribune du 9 février 2011 signé Marc Fiorentino, je pensais que nous vivions dans un monde idéal où la Chine, les tigres d'Asie et les Pétro-Monarchies se gavaient sans retenue de T-Bond comme par le passé, sans trop se soucier de l'indigestion. Je pensais que tant que ces pays iraient à la soupe de l'oncle Sam, ne se méfiant ni des qualités gustatives et ni des aspects diététiques du junk food qui leur y est servi, la demande américaine trouverait une bonne raison de ne pas s'écrouler, nous permettant à nous autres pauvres vassaux de peut-être surnager dans nos fiefs.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
J'avais bien entendu que la FED avait obtenu une autorisation d'acquérir du T-Bond mais je pensais que c'était conjoncturel et à la marge, juste pour faire l'appoint sans désespérer Billancourt, euh pardon Detroit. Un peu comme les actions d'auto-contrôle, un truc légèrement honteux auquel on a recours parce que c'est bien pratique, mais que l'on aimerait enfouir sous le boisseau, loin des regards moqueurs des plus vertueux que nous.

Et voilà que j'apprends que non seulement ces pays ont décidés de changer de régime, les ingrats, mais que maintenant la FED remplace ces voraces défaillants et surtout le premier d'entre eux, la Chine, en devenant le premier détenteur de dette américaine. Naïf je suis de ne pas m'être posé la question de la position du curseur … Et piètre prophète aussi : ni l'économie US ni celle du monde n'a pas l'air de pâtir de ce déséquilibre, mais vaque tranquillement dans l'illusion du bon Dr. Pangloss.

Donc le Trésor doit les sous qu'il a emprunté pour financer l'abyssal déficit américain à la FED. Passer de l'argent de ma poche droite à ma poche gauche ne m'a jamais enrichi, et j'imagine qu'il en va de même pour les dettes : le transfert de dette d'une poche à l'autre d'un même pantalon ne restaure pas la solvabilité de celui qu'il habille. C'est tout de même s'aveugler sur l'apparente solvabilité de l'État américain que d'imaginer que cette situation est normale. Nul ne semble s'en émouvoir, et j'imagine que le premier qui osera parler d'inflation, puis de récession se fera sortir manu militari de la salle pour avoir dit des gros mots publiquement. Que d'hypocrisie !

La bonne surprise sera peut être que l'économie mondiale peut se passer d'une demande américaine forte, mais je ne crois pas que cela se soit vu par le passé. Nous sommes au bord du précipice et nous nous apprêtons à faire un grand bond en avant, en nous tenant tous par la main et en chantant. Faillible prophète il y a peu, j'aimerai me tromper encore. Ou alors je n'ai rien compris, ce qui est toujours possible.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

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www.globaltreasurynews.com

Mercredi 16 Février 2011
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