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Archaïque, la productivité ?


Dans un contexte économique d’inflation quasi nulle, les hausses de salaires n’ont plus pour objectif premier de compenser l’érosion monétaire. Autrefois, l’équation était simple : le taux d’inflation servait de base, à la fois aux négociations salariales et aux hausses des prix de vente. Tout le monde y trouvait son content, l’entreprise comme ses salariés. Les hausses semblaient, aux yeux de tous, le signe d’une évolution positive, alors que, bien souvent, elles n’étaient que stagnation. Mais les apparences étaient sauves.



Alain Goetzmann
Alain Goetzmann
Aujourd’hui, les salariés exigent toujours – et on peut, évidemment, les comprendre – de voir évoluer leur rémunération chaque année. Mais la donne a changé. L’entreprise ne peut plus imposer de hausses de prix, dont l’inflation constituerait la justification, pour compenser l’évolution de ses coûts salariaux. Toute hausse de salaire ne peut être, désormais, financée que par une amélioration de la productivité.

Mais, qu’est-ce que la productivité ? Sur quelle base doit-elle être calculée ?

Il faut clairement définir, d’entrée de jeu, que la seule productivité qui compte réellement est la productivité de l’entreprise toute entière, celle qui se mesure par le bénéfice d’exploitation et à laquelle chaque membre de l’entreprise doit participer, du balayeur au président.

L’amélioration de cette productivité est donc aujourd’hui l’unique moyen de financer les hausses de salaires. C’est un message souvent difficile de faire passer au sein de l’entreprise car il oppose ce que chaque salarié considère comme un dû : son augmentation annuelle, à ce dont il se méfie : une exigence toujours plus forte, à son égard, de la contribution à fournir.

Le chef d’entreprise a deux rôles à jouer, dans ce dilemme :

En premier, celui d’un prosélyte. Il doit continuellement expliquer et convaincre tout un chacun de ce rapport direct et incontournable entre l’augmentation de la masse salariale et l’amélioration de la productivité de l’entreprise.

En second, celui du gestionnaire attentif en exigeant la mise en place d’outils permettant de mesurer l’évolution de la productivité dans chacune des unités qui composent l’entreprise, des plus grandes aux plus petites.

On associe souvent productivité à production car c’est dans ce domaine que les techniques les plus sophistiquées ont été élaborées, surtout au siècle dernier, quand la main d’œuvre représentait la composante essentielle du prix de revient. De nombreuses mesures de productivité se pratiquent dans les ateliers qui, il faut bien le dire, ne sont pas très populaires. Mais, dans ce domaine aussi, les méthodes ont évolué.

La productivité, de nos jours, ne se limite plus à la production. Tout peut être mesuré : la productivité des forces de ventes, des services administratifs, des systèmes d’information, de la logistique, etc…

Ces mesures conduisent généralement à deux conclusions :

L’une, grâce au benchmarking avec les principaux concurrents, permet d’appréhender la compétitivité intrinsèque de l’entreprise. L’équipe de direction peut alors décider de la façon la plus efficace d’allouer, en interne, les ressources, humaines et financières ;

L’autre, par la mesure détaillée de l’évolution de toutes les productivités, jusqu’au plus petites unités, permet de faire apparaître les marges de manœuvre salariales dont elle dispose réellement.

Dans un contexte d’entreprises plus ouvertes, plus mobiles et plus décentralisées, la compétitivité et son amélioration continue sont directement dépendantes de la productivité et de la finesse de sa mesure. La pérennité de l’entreprise est à ce prix.

 

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Vendredi 18 Décembre 2015
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