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2014/2015, vers un regain de pessimisme ?


Suite au petit-déjeuner organisé par le cabinet ARC qui s’est tenu hier matin, voici les résultats du Baromètre Cabinet ARC/IFOP sur les problématiques de recouvrement de créances, trésorerie et financement, des entreprises.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
Des entreprises, peu convaincues par l’impact des récentes mesures gouvernementales, qui restent en grande difficulté face aux retards de paiement et au financement de leur trésorerie.

Pour la quatrième année consécutive, le Cabinet ARC publie son Baromètre* sur les problématiques de recouvrement de créances, trésorerie et financement, des entreprises. Le Cabinet ARC a par ailleurs interrogé, cette année, les entreprises sur leur perception des mesures récentes prévues par la Loi de Consommation du 17 mars 2014.

Les chiffres clés du Baromètre Cabinet ARC/IFOP 2014 :
- 6% des entreprises françaises pensent que la situation économique de la France va s’améliorer
- 1/3 des entreprises ont vu les délais de paiement de leurs clients se détériorer
- 88% des entreprises sont réticentes à relancer leurs clients grands comptes par crainte de perdre un marché
- 72% des litiges sont non fondés, administratifs et/ou commerciaux
- 80% des entreprises notent un désengagement des banques vis-à-vis des PME depuis 2008
- 28% des entreprises en difficulté de trésorerie utilisent le découvert bancaire contre 36% en 2013
- 23% des entreprises voient un intérêt aux nouveaux financements et peuvent l’intégrer à leur activité
- 9% des entreprises croient que les amendes prévues par la Loi Hamon seront appliquées.

Les entreprises moins optimistes sur la situation économique française et leur activité

Après un recul du pessimisme en 2013, les entreprises semblent revenir au niveau de confiance de 2012. 94% d’entre elles ne prévoient pas d’amélioration de la situation économique française dans les 6 prochains mois (89% en 2013 et 97% en 2012) : 63% considèrent qu’elle ne va pas changer et 31% qu’elle va se dégrader. Le regain de pessimisme est encore plus marqué chez les grandes entreprises : elles ne sont plus que 5% à envisager une amélioration (14% en 2013) et 35% s’attendent à une détérioration (24% en 2013). « Cette évolution s’explique par le fait que les grandes entreprises ont conscience des difficultés économiques rencontrées par leurs principaux clients que sont les PME. » remarque Denis Le Bossé, Président du Cabinet ARC. Quant à l’évolution de leur propre activité, les entreprises sont légèrement plus confiantes : 38% anticipent une croissance de leur activité, 41% sa stabilité et 21% son recul.

Les entreprises en difficultés face aux retards de paiement et au financement de leur trésorerie

30% des entreprises ont constaté une détérioration des délais de paiement de leurs clients (contre 33% en 2013). Si le délai de retard moyen s’est stabilisé à 10 jours pour les clients PME (10,4 en 2013) et 8,2 jours pour les clients grands comptes (7,3 en 2013), le nombre de retard continue d’augmenter notamment pour les clients PME : 63% des entreprises interrogées enregistrent des retards de 1 à 10 jours (59% en 2013).

Pour faire face aux difficultés de trésorerie posées par ces retards persistants, les entreprises utilisent à égalité :
- le découvert bancaire (28% contre 36% en 2013) : les PME s’appuient de moins en moins sur les banques pour leurs problèmes de trésorerie (29% contre 38% en 2013), une tendance un peu moins marquée pour les plus grandes entreprises (23% contre 27% en 2013). Un recul qui peut s’expliquer par le désengagement des banques vis-à-vis des PME depuis 2008 constaté par 80% des sondés,
- et l’allongement des délais de paiement fournisseur (27% contre 29% en 2013).

L’affacturage reste peu utilisé (12%) tant par les PME (11%) que par les grandes entreprises (15%). Toutefois, les entreprises restent prudentes à l’égard des nouveaux modes de financement (reverse factoring, crowdfunding etc …) : seules 23% y voient un intérêt et pensent qu’il est possible d’intégrer ce genre de financement à leur activité.

« Le financement bancaire reste numéro 1 pour les entreprises, notamment pour les PME qui n’ont pas les moyens de se tourner vers les dispositifs coûteux tels que l’affacturage et ne font pas encore confiance aux nouveaux financements. Or, pour des raisons réglementaires (Bâle 3, ratio de fonds propres etc …), l’accès au crédit bancaire demeure difficile, en particulier pour les crédits de trésorerie. C’est l’ensemble du financement de notre économie qui est remis en cause.» regrette Denis Le Bossé, Président du Cabinet ARC. « Nous faisons un double constat : d’un côté, les banques disent ne pas recevoir de demande de financement de trésorerie et de l’autre, les PME nous indiquent ne pas être accompagnées par leur partenaire bancaire, nos clients grandes entreprises relèvent également cette absence de financement, ce qui les incite à épauler elles-mêmes financièrement leurs clients que sont les PME.» précise Denis Le Bossé.

Le rapport de force « Grands groupes/PME » au cœur du recouvrement de créances

Dans ce contexte difficile, la gestion du poste client est devenue plus centrale pour 71% des entreprises (78% en 2013). Ce léger recul est plus marqué chez les PME 69% (contre 78% en 2013). Les grandes entreprises sont également plus nombreuses à trouver que le recouvrement de créances est devenu plus difficile : 64% contre 51% des PME. 77% d’entre elles évoque la détérioration de la trésorerie de leurs clients comme principale raison de cette difficulté croissante. Sur leurs besoins en matière de recouvrement de créances, il ressort que 38% des entreprises ont besoin de former leurs équipes, 30% de les renforcer et 17% de faire appel à un cabinet extérieur. 1 entreprise sur 3 estime n’avoir besoin de rien, une tendance plus importante chez les PME (35%) que les grandes entreprises (26%). « Les PME semblent avoir baissé les bras vis-à-vis du poste client car elles sont davantage tournées vers le maintien de leur activité et la gestion au quotidien de l’entreprise. Au contraire, les grandes entreprises s’organisent ce qui contribue à consolider le rapport de force existant entre PME et grands groupes » explique Denis Le Bossé. En effet, près d’une entreprise sur 2 (46%) considère que les clients grands compte respectent moins bien les délais de paiement que les PME. De plus, 68% des entreprises interrogées pensent que les services commerciaux peuvent être réticents à relancer les clients grands comptes, 88% par crainte de perdre un marché et 32% par crainte de voir l’image de votre société se dégrader. 79% des entreprises interrogées ne réclament pas de frais de relances (85% en 2013), 78% en raison du risque de détérioration de la relation commerciale. Les grandes entreprises osent davantage les réclamer (32%) que les PME (19%).

Les entreprises peu convaincues par l’impact des récentes mesures gouvernementales

Bien qu’adoptée en 2008, 52% des entreprises considèrent l’impact de la LME comme modéré car la réglementation n’est pas respectée (stable par rapport à 2013). En effet, 27% des entreprises interrogées ont constaté une augmentation des litiges avec leurs clients, liée pour 37% à des litiges non fondés visant à se soustraire à la LME (46% en 2013) et 35% à l’augmentation des litiges administratifs ou commerciaux. Par ailleurs, les entreprises ont encore une connaissance limitée des dispositifs d’accompagnement mis en place par les pouvoirs publics. Ainsi, plus d’une entreprise sur 2 (55%) ne connait aucun des dispositifs suivants : médiateur du crédit, médiateur inter-entreprises, commissaire au redressement productif.

En ce qui concerne les mesures plus récentes, les entreprises ne sont pas plus confiantes notamment pour la loi de Consommation (ou loi Hamon) et son décret du 3 octobre 2014 qui prévoient des amendes administratives en cas de non-respect des délais de paiement pouvant atteindre jusqu’à 375 000 euros. Seules 9% des entreprises pensent que les amendes fixées par la loi Hamon seront appliquées : 8% pour les PME et 13% pour les grandes entreprises. Elles croient davantage au rôle des commissaires aux comptes puisque 70 % pensent que ces derniers transmettront les attestations sur délais de paiement. Toutefois, elles ne sont plus que 25% à penser que la transmission des attestations au Ministère chargé de l’économie permettra de réduire les délais de paiement. « En dépit de l’augmentation annoncée du nombre de contrôles de la DGCCRF d’ici 2014, ceux-ci restent trop peu nombreux pour que les entreprises pensent que les amendes pourront être appliquées. D’autant que la LME, adoptée en 2008, n’est toujours pas respectée. » souligne Denis Le Bossé. Les entreprises croient davantage en la dématérialisation des factures puisqu’elles sont 53% à penser qu’elle aura un effet positif sur la réduction des délais de paiement et 78% que le délai de 3-4 ans permettra d’implémenter un logiciel de factures dématérialisées.

La solidarité économique, une piste à explorer davantage ?

Au-delà des mesures gouvernementales, les entreprises semblent convaincues de l’intérêt de la solidarité économique. 60% d’entre elles accompagnent leurs clients rencontrant des difficultés à régler leurs factures que ce soit en établissant un échéancier sans prise de garantie (40%) ou avec prise de garantie (14%), ou encore en leur proposant un crédit fournisseur (5%). « Les entreprises et notamment les plus grandes ont pris conscience des difficultés de trésorerie et de financement de leurs clients. Elles les accompagnent donc afin de maintenir l’activité économique et obtenir le paiement de leurs factures » explique Denis Le Bossé.

Les entreprises qui ont déjà engagé des procédures contentieuses se sont heurtées à la mise en redressement ou en liquidation judiciaire de leur débiteur (74%) ou la situation obérée de leur débiteur (51%) « Les entreprises n’engagent pas suffisamment tôt les procédures judiciaires à l’encontre de leurs débiteurs. La situation de ces derniers est déjà critique lorsque l’action est diligentée. N’oublions pas que les premiers à agir sont les premiers à se faire payer.» conclut Denis Le Bossé.

A propos du cabinet ARC
Le cabinet ARC, fondé en 1989, figure parmi les leaders français du marché du recouvrement de créances commerciales et de l’optimisation du poste clients. S’appuyant sur une équipe de juristes hautement qualifiés, il intervient à toutes les étapes de la gestion du poste client dans des domaines d’expertise pointus. Ainsi, il accompagne les credit managers non seulement dans le traitement préventif, de l’analyse financière d’un nouveau prospect à la gestion de factures avant échéance, mais aussi dans le traitement curatif de l’action amiable à l’exécution des décisions de justice. Pour ce faire le Cabinet ARC est doté d’un département détectives d’affaires diligentant des investigations poussées sur la solvabilité des entreprises et la localisation de leurs actifs saisissables. Il s’appuie également sur un réseau d’experts en France et à l’international (150 huissiers en France et des correspondants judiciaires et des partenaires en Europe, Asie, Afrique et Etats-Unis). Le cabinet ARC a aussi su compléter son accompagnement aux entreprises par des formations en credit management. Denis Le Bossé en est le dirigeant.
www.cabinet-arc.com


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Mercredi 19 Novembre 2014
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