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2013 année noire pour les entreprises : plus de 64 000 défaillances


Dans son étude intitulée «France : le changement c'est pour quand ? Quelle perspective pour la croissance française en 2013 ?», Euler Hermes, leader mondial de l'assurance-crédit, livre ses scénarii macro économiques pour la France et dresse le bilan et les perspectives des défaillances d'entreprises.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
- Pour 2012, Euler Hermes a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique, avec un PIB attendu à +0,1% pour l'ensemble de l'année. Les défaillances d'entreprises devraient enregistrer une hausse de +3%, à 63 000 défaillances.

- Pour 2013, la société d'assurance-crédit propose deux scénarii. « Dans notre scénario central, la croissance du PIB est attendue à +0,3%, avec un objectif à 3% de réduction du déficit public non atteint. En revanche, dans un scénario où l'ajustement serait trop rapide, la France ne pourrait éviter une récession, affichant ainsi -0,2%. Quelle que soit l'épaisseur du trait, le tissu industriel est déjà touché : en 2013, ce sont entre 64000 et 65000 entreprises qui feraient défaut», commente Ludovic Subran, Chef économiste du Groupe Euler Hermes.

1. Relance budgétaire et consommation passent leur tour

La France a jusqu'ici évité une croissance négative depuis la crise 2008-9, contrairement à la plupart de ses voisins. La situation est loin d'être rassurante pour autant. L'économie française n'a toujours pas retrouvé son pic d'activité d'avant crise (1er trimestre 2008). Elle est en quasi stagnation depuis 5 trimestres et n'a échappé que de justesse à un repli au deuxième trimestre 2012.

- Une dépense publique sous contrainte(s), même si les finances publiques profitent encore de la confiance des marchés
Si la France profite d'un coût de financement pour l'instant favorable, la balance primaire est encore loin de l'équilibre. Le bouclage budgétaire, au regard des expériences réussies d'ajustements, s'annonce à haut risque pour 2013. Dans notre scénario central, l'effort fiscal projeté est équilibré entre les différents acteurs économiques mais la croissance resterait limitée (+0,3%) et le déficit public serait plus élevé que la cible annoncée, à 3,5% du PIB. Un renforcement de l'effort fiscal dans le but d'atteindre l'objectif budgétaire pousserait l'économie en récession (-0,2%). A contrario, un choc de compétitivité à l'avantage des entreprises, notamment celles exposées à la concurrence internationale, pourrait porter la croissance à +0,9% ; malgré une zone euro toujours sous pression.

- Le relais demande des ménages est significativement mis à l'épreuve
La consommation ne progresse qu'en valeur et plus en volume depuis plusieurs trimestres. La dégradation du marché de l'emploi, la rapide décélération des salaires, l'absence d'un véritable reflux de l'inflation et les anticipations de hausse des prélèvements fiscaux sont autant de facteurs de freins. L'absence d'un choc de confiance des ménages circonscrit le repli récemment observé du taux d'épargne, dernier levier de croissance de la consommation à court terme.

2. Redynamiser l'investissement et le commerce extérieur, le vrai enjeu

- En 2013, le déficit du commerce extérieur se résorberait légèrement à 65 milliards d'euros
La demande adressée à la France serait en nette décélération en 2012 (proche de +1% d'augmentation par rapport à 2011) et ne se redresserait que légèrement, affichant un rythme de progression de +4% en 2013, avec une croissance mondiale en rebond limité (+2,8%, après +2,5% en 2012). « Le commerce extérieur de la France est doublement fragilisé. D'une part, par un manque de franche reprise des débouchés à moyen terme ; d'autre part, par une question de positionnement et de compétitivité-prix», commente Ludovic Sénécaut, président du directoire d'Euler Hermes France.

- Un besoin d'investissement au point mort
La production industrielle est retombée à un plus bas depuis 1998 et les carnets de commande ne montrent aucun signe de retournement à un horizon six mois. Le potentiel de croissance de l'investissement apparaît limité notamment au regard de l'évolution de la productivité et des dépenses de R&D. « À court-terme, stimuler l'investissement semble cause perdue : l'imposition des bénéfices aura au mieux un effet marginal. Le facteur limitant reste l'anticipation d'un choc de profitabilité par manque de débouchés. S'ajoute à cela une problématique propre aux PME : elles restent toujours limitées dans leurs choix de financement», commente Ludovic Subran.

3. Des entreprises et des secteurs sous pression

- Entreprises : l'évolution du chiffre d'affaire prend un virage dangereux
Les perspectives d'évolution de chiffre d'affaires des entreprises françaises sont mal orientées pour l'ensemble de l'année 2012, avec une forte décélération côté PME/PMI et une contraction côté grandes entreprises. L'année 2013 ne permettrait qu'une stabilisation. Dans ce contexte les écarts de rentabilité resteront toutefois majeurs entre secteurs d'activité. « Les secteurs qui tirent leur épingle du jeu sont l'industrie agroalimentaire et la chimie, plus internationalisés et diffusés dans l'économie ; a contrario, les secteurs à la traîne sont les équipementiers automobiles impactés par la chute du marché automobile, la construction avec un retournement à la baisse des mises en chantier et le transport aérien », commente Ludovic Subran.

- 2013 pourrait être l'année d'un record historique en termes de nombre de défaillances
Euler Hermes a noté un repli modéré de la sinistralité au 1er semestre 2012 à -0,5%. « Cet état de grâce, c'est-à-dire la baisse de la sinistralité avec une croissance nulle, n'aura été que de courte durée. Les défaillances ont en effet augmenté de +7,6% sur les trois derniers mois à fin août 2012, note Ludovic Subran. «Nous prévoyons une augmentation des défaillances de +3% en 2012, puis +2% en 2013. À l'export, notre mesure du risque de défaillance chez nos principaux partenaires commerciaux afficherait une augmentation de +10% en 2013, avec une Europe du sud particulièrement sinistrée» ajoute Ludovic Sénécaut. « Par ailleurs, en France, le premier semestre 2012 aura été marqué par la taille du chiffre d'affaires cumulé des 15 plus grandes défaillances. Ce dernier s'établit à près de 7 milliards d'euros, soit déjà trois fois plus que celui de l'ensemble de l'année 2011. Si l'on envisage un scénario dégradé de croissance zéro en France pour 2013, il s'agirait alors d'un record historique en nombre de défaillances, à plus de 65 000», conclut-il.


Laurent Leloup

Mardi 2 Octobre 2012
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