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Yves Gambart de Lignières





CFO-news : Yves Gambart de Lignières bonjour, vous êtes associé gérant de la société DE LIGNIERES PATRIMOINE. Présentez-nous votre activité.

Yves Gambart de Lignières
Yves Gambart de Lignières
Yves Gambart de Lignières : J’exerce le métier de conseil en gestion de patrimoine indépendant depuis 1996.
J’ai créé De Lignières Patrimoine en 2006 qui est une société de conseil financier et gestion de patrimoine auprès d’une clientèle restreinte et plutôt fortunée constituée de cadres dirigeants, chefs d’entreprise et grandes familles.
Tel un chef d’orchestre, nous travaillons avec des spécialistes reconnus dans leur domaine : conseil en rémunération, fiscaliste, notaire… un peu comme à l’image d’un multi family office.


Concernant vos clients chefs d’entreprise, quelles sont vos principales préconisations actuellement ?

En cette fin d’année, je réédite mon message de fin 2008, à savoir, « distribuez les résultats que vous aviez décidé de mettre en réserve lors de vos exercices précédents ». En effet, si votre société n’a pas besoin de ces réserves, vous avez tout intérêt à les percevoir car la taxation des dividendes est historiquement faible et ceci risque de ne pas durer… au regard de l’état des finances publiques ! … sans parler d’un possible assujettissement aux cotisations sociales.

Et quels autres conseils pouvez-vous leur délivrer ?

S’agissant de leur rémunération périphérique, il nous faut, parfois, casser des préjugés tels que mieux vaut percevoir des dividendes que du salaire, mieux vaut avoir une voiture de fonction qu’un véhicule personnel assorti d’indemnités kilométriques…

Au regard de l’oasis fiscal que représente l’épargne salariale (perco, pee, intéressement…), nous sommes, aussi, interrogés régulièrement par la mise en holding consistant à loger dans une structure mère le dirigeant et ses hommes clés afin de fidéliser ces derniers et de leur attribuer une rémunération sur mesure.

Enfin, bien entendu, nous travaillons en amont sur l’optimisation fiscale de la cession de la société qu’elle soit à titre onéreux (vente) ou gratuit (donation) et en aval pour l’appréhension de l’ISF et du bouclier fiscal, du paiement de la plus-value et du placement des capitaux.

S’agissant du seul patrimoine privé, quelles sont vos recommandations ?

La question est large et la réponse est spécifique au profil de chacun.
Brièvement, les enveloppes fiscales les plus pertinentes restent l’assurance-vie et, dans certaines situations, le contrat de capitalisation à condition de choisir, dans chacun des cas, des contrats multi-gestionnaires bien gérés !
Trop de particuliers pensent qu’il est normal de perdre 20% quand les marchés actions reculent de 20%...

Ensuite l’approche ne doit pas être que financière et fiscale… la sphère civile est trop souvent occultée.
En vrac, il s’agit de bien rédiger la clause bénéficiaire, d’adapter le contrat de mariage à la nouvelle situation des époux, d’anticiper les accidents de la vie… sur ce dernier point, il est nécessaire de bien calibrer ses contrats de prévoyance (décès, invalidité, incapacité) mais aussi, le cas échéant, de mettre en place mandat de protection future, mandat à effet posthume…

Et vous ne parlez pas d’immobilier ?

Je suis très méfiant vis-à-vis de l’immobilier d’habitation pour lequel la correction ne me semble pas suffisante.
Toutefois, pour les clients les plus audacieux ou ceux étant peu exposés à ce type d’actif, il pourrait être pertinent de s’intéresser à l’immobilier démembré qui consiste à acquérir la seule nue-propriété d’un bien tandis que l’usufruit est conservé par un tiers pendant une durée de 15 à 20 ans. Hormis une décote de 40 à 50% sur le prix d’acquisition, l’intérêt fiscal peut être important : ISF réduit voire bouclier fiscal optimisé, revenus fonciers minorés, déductibilité en cas de grosses réparations du revenu global…

J’apprécie également, à condition d’être très vigilant sur la qualité du gestionnaire, le statut de loueur en meublé non professionnel dans des résidences de services. Ce type d’investissement est, comme pour l’immobilier démembré, attrayant non pas en raison d’un dispositif fiscal spécifique mais grâce à la possibilité de déduire l’amortissement du bien immobilier des recettes perçues… c’est une solution judicieuse, par exemple, pour un cédant ou un dirigeant qui souhaite se générer des revenus quasiment net d’impôts. De plus, l’inscription éventuelle au Rcs offre une couverture maladie et la possibilité de valider des trimestres de retraite.

En cette fin d’année, quid des placements de défiscalisation ?

Il faut se méfier de ce type d’investissement. Mieux vaut payer sagement son impôt sur le revenu plutôt que d’investir avec un trop grand risque de perte et, parfois, un risque de requalification fiscale… la bonne question à se poser est « aurais-je fait cet investissement sans la carotte fiscale ? »
Citons, tout de même, un contre-exemple intéressant avec la Girardin industrielle. Ce montage purement fiscal qui offre un TRI de l’ordre de 25% est réservé à des contribuables payant au moins 10.000€ d’impôt sur le revenu … là encore le principal risque réside dans la défaillance de l’exploitant.

S’agissant de l’ISF, même si l’échéance est fixée au 15 juin, il faut souligner, à nouveau, le véritable intérêt de loi TEPA qui offre une réduction d’ISF pouvant aller jusqu’à 75% du montant investi ! Pour notre part, nous logeons nos clients dans une holding animatrice qui nous semble être la meilleure solution car les sociétés dans lesquelles nous investissons sont accompagnées dans leur développement tant d’un point de vue comptable que marketing, commercial…

Pour conclure, que souhaitez-vous ajouter ?

Avant de penser défiscalisation, je conseille, toujours, d’auditer son patrimoine existant pour en extraire une première optimisation et ce, avant tout nouvel investissement.

Un seul exemple : si vous ou votre conjoint avez été licencié, vous êtes exonéré d’impôt sur le revenu (mais pas de prélèvement sociaux) en cas de rachat sur votre contrat d’assurance-vie jusqu’à la fin de l’année suivant cet évènement.

Et il y en a bien d’autres : choix de l’option fiscale pour les plus-values de stock-options, pour les dividendes… mode de détention de son patrimoine immobilier, de son portefeuille de valeurs mobilières… doubles périodes d’imposition en cas de mariage, divorce, décès…

En conclusion, pas de précipitation en cette fin d’année et murissez bien à quoi vous vous engagez dans vos investissements.

Yves Gambart de Lignières, je vous remercie et vous donne rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de CFO-news.



© Copyright CFO-news. Propos recueillis par la rédaction de CFO-news


Dimanche 6 Décembre 2009
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