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Trois risques pour scénarios


Nicolas Bouzou, directeur général d’Asterès et auteur-expert CFO-news, présente trois risques potentiels qui pourraient entraver sérieusement la reprise de l'économie mondiale.




Nicolas Bouzou
Nicolas Bouzou
L’économie mondiale avance sur un champ de mines. Certes, il y a bien un mouvement de stabilisation, voire même d’augmentation de l’activité. Ce qui était visible il y a déjà plusieurs semaines dans les prix de marché ou les enquêtes de confiance se voit désormais dans les indices de production industrielle. Toutefois, en économie, la méthode coué ne marche jamais. S’il faut se féliciter du fait que l’hémorragie industrielle extraordinaire de ces derniers mois semble terminée, il ne faut pas penser que la reprise soit en train de paisiblement prendre forme. Après une double crise financière-bancaire et économique, surtout de cette ampleur, et avec, en réponse, des stimulations keynésiennes inédites, il n’y a pas de reprise en tant que telle mais des trajectoires chaotiques et complexes. En réalité, je peux citer une bonne dizaine de risques qui justifient un scénario en U, en W ou en L plutôt qu’en V. Je vais me limiter à trois.

Premier risque : nous ne savons pas anticiper les comportements à venir des consommateurs américains. Depuis le déclenchement de la crise, le taux d’épargne des ménages américains est passé de 0% à 7% de leur revenu disponible. Certains analystes pensent que c’est suffisant pour qu’ils consomment de nouveau. En même temps, la « norme » internationale, pour les pays riches, est proche de 10%. On pourrait donc parfaitement imaginer que la consommation des ménages américains continue de reculer pendant plusieurs trimestres, pesant sur la croissance mondiale et justifiant un scénario en U.

Deuxième risque : la hausse des taux d’intérêt à long terme en raison de la fin des anticipations déflationnistes et de la montée du risque souverain. Pour l’instant, il s’agit d’un risque essentiellement américain, les taux long restant, en Europe, très bas. Toutefois, l’histoire montre que les banques centrales sont souvent impuissantes devant une brusque envolée de taux d’intérêt à long terme, laquelle ferait avorter tout mouvement de reprise, justifiant un scénario en W.

Troisième risque, le plus sérieux (et pas indépendant du deuxième) : le risque souverain lui-même. Il est absolument impossible de savoir quand l’endettement d’un Etat devient insoutenable. Il n’y a pas de chiffre théorique à cet égard. Néanmoins, le fait que le surendettement des Etats soit mondial ne laisse pas de m’inquiéter, même si l’endettement privé recule. Une crise sur la dette d’un pays émergent, voire d’un pays européen comme l’Irlande, la Grève ou l’Espagne justifierait un scénario en L pour le monde entier.

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
 
 
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Dimanche 19 Juillet 2009
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