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Tous les symptômes d’une crise politique


L’Europe doit aujourd’hui devenir une véritable confédération d’Etats.




Tous les symptômes d’une crise politique
L’histoire de l’intégration européenne est marquée par la difficile relation entre vision et pragmatisme. L’approche visionnaire est culturelle et politique: à l’image du général de Gaulle qui avait un dessein pour la France, issu de notre histoire partagée sur ce petit coin de terre qu’on appelle l’Europe, un mouvement est né.

Ce mouvement est proche de celui qui a jadis créé les Etats nationaux, certes autour d’une dynastie ou d’une ethnie dominante (mais jamais exclusive) - les Etats sont des constructions politiques et pas des données en soi. On peut les faire évoluer, et c’est bien le dessein du projet européen.

C’est l’idée des Etats-Unis d’Europe, avec des autorités démocratiquement légimitées, une structure fédéraliste, à l’image des Etats-continent que sont les USA, le Brésil, l’Inde, l’Australie, tous décentralisés, tous gouvernés par un pouvoir politique mandaté pour cela, partageant des valeurs communes, aptes à peser sur les destinées du monde.

Plutôt que de proposer clairement cette démarche aux peuples d’Europe, les politiques (dont beaucoup ont peur de leur ombre et suivent l’électorat à la trace au lieu de le précéder) ont préféré faire l’Europe en catimini, par des réglementations techniques, par mille et un détails dont le sens s’est très vite perdu et qui ont bien plus démotivé qu’entraîné. Dans cet esprit, on a pensé que l’Euro conduirait sans qu’on s’en aperçoive à l’Europe, alors que c’est le contraire qui est vrai...

En fait, chaque catégorie à joué à contre-emploi.

  • Les technocrates ont dû assumer des choix politiques, et ont mis les mains dans un domaine qui ne peut être que politique, les conditions d’existence d’une monnaie. A vrai dire, ils sont tout excusés: la nature ayant horreur du vide, il fallait bien que quelqu’un le fasse.

  • Les politiques, eux, au lieu d’en rester à leur sphère qui est de motiver les peuples et de proposer des constructions institutionnelles qui fonctionnent, sont descendus dans la salle des machines et ont commencé à bidouiller le moteur: à force de baisser la garde devant des pays à budgétisation et à gouvernance douteuses, d’ignorer les critères d’endettement et donc de crédibilité des Etats-membres définis dans le traité de Maastricht, ils ont fragilisé l’outil dont ils attendaient le salut, l’euro.

La crise actuelle montre clairement qu’il faut maintenant aborder de front le sujet qui fâche: la forme que doit prendre l’Europe pour la rendre stable et viable, soit une véritable confédération d’Etats. L’Europe ne pourra pas rester éternellement au milieu du gué.


Jeudi 6 Octobre 2011
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