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Thierry Graffin , Directeur Adjoint Arbitrage Coface


Entretien avec Thierry Graffin Directeur Adjoint à la Direction de l’Arbitrage Coface concernant la dernière étude de Coface sur le comportement de paiement des entreprises en Chine.




Thierry Graffin
Thierry Graffin
Thierry Graffin bonjour, vous observez un assainissement global de la situation financière des entreprises chinoises, malgré les difficultés d’accès au crédit. Pourriez-vous nous résumer la neuvième édition de votre étude ?

Le ralentissement de l’économie chinoise suite à l’arrêt du « stimulus fiscal » aurait pu laisser craindre une détérioration du paiement des entreprises en Chine, ce ne fut pas le cas. Grâce au recours à des outils de management adaptés comme l’assurance-crédit, l’information d’entreprise, ou la mise en place au sein des entreprises de services de crédit management, les entreprises locales ont mieux géré leurs risques en 2011. Je ne dirais pas que la situation financière des entreprises s’est assainie mais plutôt que le comportement de paiement des entreprises s’est amélioré. En effet, les marges demeurent faibles en Chine et les problèmes de trésorerie restent la principale cause de retards dans les paiements.

Les retards de paiement sont-il plus fréquents ?

Oui, ils sont plus fréquents, puisque 79% des entreprises interviewées en ont souffert en 2011 contre 67% en 2010, mais ces retards ont été réglés plus rapidement, dans un délai de 30 à 60 jours, contre souvent plus de 60 jours auparavant. A noter une normalisation certaine du climat des affaires, puisque les impayés sont de moins en moins dus à des cas de fraude ou de mauvaise gestion comme c’était le cas les années précédentes

Les entreprises font-elles face au manque d’accès au crédit ?

Cela varie en fonction du type d’entreprises. Les entreprises et banques publiques restent largement soutenues par le gouvernement et captent 60% des crédits alloués, alors que les entreprises privées, et particulièrement les PME éprouvent des difficultés pour accéder au crédit. L’accès au crédit est d’ailleurs le premier sujet d’inquiétude des dirigeants d’entreprises en Chine, selon notre étude, avant la hausse des matières premières, des salaires ou l’appréciation du yuan.

Comment contrent-elles ce manque d’accès au crédit ?

Elles trouvent des ressources grâce au « shadow banking » ou crédits « alternatifs » provenant le plus souvent d’entreprises. Les taux d’intérêt sont évidemment très élevés, ce qui fragilise les entreprises qui empruntent, mais ce système fragilise également les entreprises prêteuses en cas de non remboursement des prêts, sachant que les marges des entreprises chinoises sont, comme je l’ai dit, faibles et, de plus, ont tendance à baisser.

Quel pronostic faites vous pour 2012 en matière de paiement en Chine ?

Le ralentissement prévisible de la croissance en 2012 (qui provient surtout des exportations, l’Europe en récession ayant représenté 19% des débouchés chinois en 2011), et la très forte concurrence locale vont avoir des conséquences sur la solvabilité des entreprises chinoises, notamment dans les secteurs à faible valeur ajoutée comme le textile, la chaussure ou le jouet. Des faillites sont à craindre, comme en 2008-2009. Coface reste donc prudente dans l’analyse des risques en Chine pour l’année en cours.


Lien vers l'étude : www.finyear.com/Etude-de-Coface-sur-le-comportement-de-paiement-des-entreprises-en-Chine_a23236.html

Vendredi 8 Juin 2012
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