Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

Suisse-UE : les accords bilatéraux sont la seule solution raisonnable


Stéphane Rossini, président du Conseil national, s’exprime sur l’importance de la relation entre la Suisse et l’Union européenne. Il explique en outre comment il évalue le besoin de réforme dans les domaines social et de la santé ainsi que de l’énergie, mais aussi au niveau de la politique financière et fiscale.




Stéphane Rossini
Stéphane Rossini
La pression internationale sur la Suisse restera élevée en 2015, notamment dans le domaine de la politique financière et fiscale. Quelle attitude la Suisse doit-elle adopter à cet égard ?

La Suisse doit opter pour une attitude d’ouverture et de collaborations internationales. Dans un monde globalisé et face aux problèmes financiers de tous les Etats, il est illusoire de faire toujours figure d’exception. Notre pays doit par ailleurs aspirer à davantage de transparence et d’éthique pour sa place financière et renforcer la justice fiscale.

La voie bilatérale a-t-elle un avenir ?

C’est la seule issue raisonnable pour que notre pays reste concurrentiel et prospère. Nos Hautes écoles, nos chercheurs et nos entreprises ne peuvent être les otages de l’isolation souhaitée par certains. La Suisse fait partie du monde, donc de l’Europe, et doit y jouer un rôle.

Quels sont les plus grand défis dans notre pays ?

Garantir la prospérité et la cohésion sociales sont des enjeux complémentaires et fondamentaux. Cela suppose une formation de très haut niveau, des entreprises dynamiques et des politiques publiques (plus particulièrement sociales) efficaces. De plus, il conviendra de porter une attention privilégiée aux (bonnes) relations intergénérationnelles.

Quelles réformes sont les plus urgentes en ce qui concerne…

a) …la politique sociale et en matière de santé ?


Dans les deux domaines, il faut moderniser et redynamiser le fédéralisme pour assurer une gouvernance optimale du système et harmoniser les différentes assurances sociales. Il y a trop de cloisonnements et de redondances, donc d’inégalités, entre les régimes sociaux. Il urge de viser une allocation optimale des ressources. On peut faire mieux !

b) …la politique énergétique ?

La sortie du nucléaire doit rester une priorité, car elle force le développement des énergies renouvelables et les économies d’énergie. La maîtrise du marché de l’électricité est ensuite une condition de notre indépendance. Une concurrence accrue dans ce domaine serait une erreur stratégique et un non-sens économique, pour le moins dans le sens de l’intérêt général !

c) …la politique financière et fiscale ?

La justice fiscale est la clé de la cohésion sociale. Il convient donc de respecter strictement la progressivité de l’impôt, d’asseoir l’imposition sur tous les types de revenus effectifs et de simplifier le système, en réduisant les déductions qui facilitent l’évasion fiscale. De plus, l’imposition individuelle doit s’imposer, tout comme l’harmonistion, car la concurrence intercantonale est un poison.

2015 est une année électorale. Quel en sera l’impact sur les travaux du Conseil fédéral et du Parlement ?

En politique, les campagnes sont permanentes. La mise à l’agenda des objets à traiter sera influencée par les élections. Pensons à la réforme de la prévoyance vieillesse ou à l’impôt sur les successions. La polarisation risque d’être plus intense et par conséquent le consensus plus fragile.

Comment la Suisse pourra-t-elle rester une place attractive à l’avenir ?

Par une formation de haut niveau, le soutien à la recherche et au transfert des technologies, l’ouverture internationale et des politiques publiques fortes.

Quels sont vos objectifs personnels pour votre année de mandat en tant que président du Conseil national ?

Les trois messages de mon engagement concerneront l’importance de la cohésion sociale et nationale ; l’intelligence (formation, recherche) pour une économie au service de la société ; l’engagement international en faveur de la paix et de la lutte contre la pauvreté. C’est dans cette perspective que je vais aller une année durant à la rencontre de la population suisse.

Entretien réalisé par KPMG Suisse et publié le 7 janvier 2015.

Vendredi 9 Janvier 2015
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs