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Stop à la tarification abusive des banques !


La dérive inflationniste sur les frais bancaires des entreprises se confirme.




La crise aidant, les établissements financiers imposent à celles-ci des conditions où la part d'abus paraît de plus en plus nette. Nos dernières négociations bancaires nous ont permis de relever un certain nombre d'éléments - resserrement des conditions de crédit, réduction du nombre d'opérateurs bancaires, augmentation des postes et des tarifs - qui ne font qu'amplifier le déséquilibre dans la relation banque / entreprise constaté depuis début 2009.

Au travers de nos dernières missions, nous avons en effet pu observer une augmentation de la tarification sur le financement court terme, avec d'une part un passage de l'EONIA à l'Euribor 1 Mois, voire à l'Euribor 3 Mois comme taux de référence, et d'autre part une augmentation du spread, qui peut atteindre jusqu'à 6% sur certaines sociétés.

Nous avons également constaté une multiplication démesurée des postes de tarification, avec des produits et services bancaires de plus en plus nombreux ou divisés en sousproduits et sous-services qui deviennent de véritables variables de réajustement de la marge bancaire. Nous avons ainsi vu apparaître récemment des «Frais de manipulation», des «Frais d'intervention», des «Frais d'actualisation de dossier», etc.

Un client ayant recours à l'affacturage s'est vu envoyer une grille tarifaire comprenant 39 postes de coûts de la part d'un des leaders du marché. 46 postes de coûts ont été recensés sur une autre mission sur une importante banque de financement et d'investissement. Le délai d'attente aux demandes de révision de la tarification bancaire a, en outre, été multiplié par 4 depuis fin 2008, passant d'une à quatre semaines. Il va sans dire que la dérive inflationniste des frais bancaires de nos clients s'est faite à cause d'un abus de position de la part des divers établissements financiers.

Durant les négociations, nous constatons de la part de nos interlocuteurs une position de plus en plus attentiste, ce qui semble faire partie des consignes données aux chargés d'affaires, tel que nous l'a rapporté un membre d'une des principales banques françaises : « Lors des négociations, ne vous énervez surtout pas, ne répondez pas, faites de la politique (…) Les entreprises craignent, plus que nous, la rupture ».

Et, chose grave, les banquiers ne respectent plus la déontologie inhérente à leur métier, ni même les règles élémentaires du commerce. A titre d'exemple, un groupe bancaire français historique est allé jusqu'à refuser de venir en négociation sur différents dossiers, dont une société de plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires.

De fait, cette crise n'a manifestement pas contraint les banquiers à lever le voile sur leurs pratiques. L’entreprise doit, alors, repenser sa stratégie vis-à-vis de ceux-ci.
Dans ce sens, nous préconisons de :
· Accentuer le jeu de la concurrence en ouvrant son pool bancaire à de nouveaux acteurs.
· Repenser et optimiser la répartition des flux bancaires entre les différents acteurs en ayant la possibilité de mobiliser 20% de ses flux.
· Reconstituer le Produit Net Bancaire en y intégrant l’ensemble des frais bancaires mais aussi financiers, courts/moyens/longs termes (affacturage, escompte, Dailly,
crédit bail…), les frais liés au Plan Epargne, Plan Retraite ainsi que l’ensemble des frais monétiques et de télécommunications bancaires, les placements et instruments financiers (couverture des risques de Taux et des risques de Change, achats à terme de devises, etc.…).
· Un benchmark multicritères via un observatoire des conditions bancaires.

Aujourd'hui, plus que jamais, les entreprises doivent remettre en cause leur logique de tarification bancaire en considérant le banquier comme un fournisseur particulier et considérer toutes les composantes du PNB comme des postes de coûts à optimiser.

Hervé Garabédian
Directeur du Pôle Finance de Marianne Experts

Mardi 15 Juin 2010
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