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Stéphane Nègre Directeur général d'Intel France





Stéphane Nègre
Stéphane Nègre
Quelques commentaires sur vos résultats ?
Les résultats du groupe pour ce trimestre ne sont pas au niveau des attentes que nous avions un peu plus tôt en début d’année.

Intel, de même que la grande majorité des entreprises, a été impactée par la crise économique, c’est-à-dire que nous ne sommes pas passés à travers sans en être affectés... Les répercussions de la dégradation de la conjoncture ont été inévitables.

Dans les résultats que nous avons publiés, nous annonçons un certain nombre de chiffres qu’il faut regarder de près dans la mesure où tout ce qui se trouve dans nos résultats n’est pas seulement dû à la crise ou à la baisse de la demande.

Dans le détail, le chiffre d'affaires au quatrième trimestre 2008 a baissé, en glissement annuel par rapport à 2007, de 23%. Ceci est dû à une réduction de la demande et également, en raison de la crise, à une diminution des inventaires dans la chaîne de fabrication informatique.

Intel se trouve en effet en amont de cette chaîne puisque nous produisons les composants de base qui sont ensuite intégrés par des fabricants, etc. Or sur tous les éléments de la chaîne de fabrication informatique, nous avons constaté une réduction des stocks, ce qui amplifie cette baisse de la demande vue de notre côté.

Quant à notre bénéfice net, il est encore plus impacté…

Effectivement, après impôts, la contraction de votre bénéfice net atteint 90%...
Mais là encore, tout n’est pas dû à la crise. Nous avons passé en provisions exceptionnelles sur nos bénéfices une réduction d’un milliard de dollars due à une revalorisation de l'investissement réalisé sur Clearwire il y a de cela plusieurs trimestres.

Ainsi ce bénéfice net n'est pas la résultante de notre fonctionnement ou du résultat opérationnel. Il s’agit d’un investissement, c’est donc quelque chose de ponctuel qui n'a pas vocation à réapparaître dans les prochains trimestres.

Sans cette revalorisation de Clearwire, notre marge opérationnelle, bien qu'elle soit en baisse d'une année sur l'autre, nous aurait permis d'obtenir un bénéfice de l'ordre de 5 milliards de dollars nettement meilleurs que les 234 millions annoncés…

Votre marge brute a également diminué d'environ 6% entre le troisième et le quatrième trimestre de l'année 2008…
Intel étant un fabricant de microprocesseurs, nous avons des coûts fixes importants, notamment de fonctionnement. Dès lors, toute baisse de la demande ou des livraisons de processeurs nous fait subir une contraction de la marge brute, ici de 6%.

Au total, si nous finissons le trimestre avec 53%, la moyenne annuelle de la marge brute est quant à elle d'environ 55,5%, ce qui est une performance plus que raisonnable pour un industriel.

Par ailleurs sur le premier trimestre 2009, nous continuons à observer une érosion de la marge brute. Mais il s’agit avant tout d’une volonté stratégique. Nous aurions ainsi pu faire remonter notre marge brute en coupant nos frais, notamment en recherche et développement, et nos investissements dans de nouvelles capacités de production, mais nous n'avons pas souhaité le faire.

Nous savons que le coût à payer à très court terme, notamment au premier trimestre 2009, va se traduire par une nouvelle érosion de notre marge brute, mais à moyen terme, donc dans la seconde partie de l’année, nous détiendrons un portefeuille de produits innovant et un outil de production extrêmement efficace qui nous permettront d’une part, de lancer de nouveaux produits plus performants (plus petits, moins énergivores) moins couteux à fabriquer et d’autre part, de participer pleinement à la reprise et même, à l’accompagner…

Vous avez récemment lancé un nouveau microprocesseur, le Corei7. Où en sont les premières ventes, vous êtes vous fixés des objectifs de commercialisation ?
Nous ne faisons pas de prévisions de ventes d'un processeur par rapport à un autre.

Corei7 est une nouvelle génération d'architecture de processeurs, appelée Nehalem en interne. Le premier microprocesseur bénéficiant de cette architecture est le Corei7 qui a été lancé vers le milieu du quatrième trimestre pour le marché des PC de bureau haut de gamme. Aujourd’hui, il n’y a pas de gros volumes sur ce microprocesseur.

Ceci étant, la micro architecture qui est à la base du Corei7 devrait être utilisée dans d'autres produits.

Nous allons ainsi lancer dans les semaines qui viennent une version dédiées aux serveurs. Puis dans la seconde partie de l'année, nous allons continuer à accélérer les volumes sur le Nehalem, en présentant des produits orientés vers le PC de bureau, en matière de volume, et une version pour les mobiles. Cela devrait permettre une montée en charge importante de l'architecture Nehalem qui est aujourd'hui l'architecture la plus performante sur le marché, en termes d'efficacité et d'économie d'énergie.

Quelles innovations principales devraient être mises en place cette année, au-delà du CoreI7 ? Quels sont les principaux axes de R&D lancés par le groupe ?
Sur le marché du microprocesseur haut de gamme, Nehalem est la principale innovation. À l'autre bout de la chaîne, le processeur Atom connaît un succès significatif sur la catégorie des mini PC.

L'architecture Atom permet en effet d'avoir des processeurs très miniaturisés, qui consomment donc peu d'énergie, ce qui est très pertinent dans un marché de notebooks.

Ceci permet également à nos processeurs d'aller dans d’autres catégories de produits qui ne nous sont pas encore accessibles ou pas encore accessibles en volume : les PC de poche, les MiD. SFR a été le deuxième opérateur mondial à lancer une telle offre. Nous nous attendons à une dizaine de produits de ce type lancés en 2009…

Par ailleurs, l'architecture Atom a été déclinée dans les biens grands publics notamment la télévision. La miniaturisation, le coût et la compatibilité avec le reste de nos processeurs permet à Atom d'amener la compatibilité Internet sur les postes de télévision dans le but de surfer ou encore d'utiliser des (widgets) gadgets électroniques en tout genre (bourse en ligne etc.).

Il s’agit d’un mariage entre les technologies de la télévision, du broadcast, et de l’Internet. C’est donc pour Intel une véritable source de croissance, notamment à partir du second semestre de l'année mais aussi pour les années à venir.

Vous visez donc un lancement pour la deuxième partie de l’année ?
Tout à fait. De nombreux produits ont été présentés en démonstration la semaine dernière lors du grand salon CES de l'industrie électronique grand publique qui s'est déroulé à Las Vegas.

Je pense que nous aurons dans un premier temps (première partie de l’année) des télévisions intégrant l'architecture Internet. Puis nous devrions assister à une montée en volume relativement rapide.

Nous sommes face à une véritable innovation qui consiste à amener l'architecture Internet dans des composants où elle n’existe pas.

Intel reste le premier fabricant de semi-conducteurs dans le monde. Quelle analyse faites-vous sur l’état de ce marché ? Comment le voyez-vous évoluer en 2009 ?
Les semi-conducteurs nécessitent des investissements importants en termes de process. Parmi les annonces que nous avons faites récemment, l’une des plus importantes est que nous ne ralentirons pas nos investissements en R&D et sur nos outils de production. Ce sera un très gros différenciateur dans l'industrie des semi-conducteurs, d’autant que la grande majorité des fabricants devraient être un peu plus prudents.

Cet investissement va nous permettre en 2009 de lancer un nouveau process que l'on appelle le 32 nanomètre. Nous étions les premiers à faire du 45 nm en 2007 et nous serons les premiers à lancer le 32 nm en 2009.

L'industrie générale pensait que nous allions retarder le lancement de ce nouveau process. Nous confirmons que nous maintenons notre calendrier initial.

Ce process autour du 32 nm va nous permettre de fabriquer des composants plus petits, plus performants, consommant moins d'énergie, et à même de toucher des produits à très forte mobilité ou à intégration dans l’électronique grand public.

Par ailleurs ce process, en tant qu'outil de production, permettra de réduire les coûts par rapport au 45 nm, ce qui sera un des paramètres essentiels lors de la reprise de l'économie.

La hausse des prix des matières premières pourrait-elle vous impacter ?
Nous n'avons pas eu d'augmentation significative de nos coûts achat ou production. Il y a des fluctuations, certes, en particulier du fait du coût d'énergie dont nous sommes évidemment très dépendants et qui ont très fortement augmenté sur la première partie de l’année 2008.

Nous le sommes d’autant plus que nous avons une politique d'achat d'énergie «green» qui a un coût plus élevé. Or nous sommes le premier acheteur aux Etats-Unis en tant qu’industriel d’énergies renouvelables…

Au total, nous sommes effectivement impactés par les coûts de l’énergie, mais ce n'est pas quelque chose qui impacte fortement nos résultats dans leur ensemble.

Les dépenses en recherche et développement semblent avoir légèrement baissé…
Cela est vrai sur le quatrième trimestre. En 2009, nous maintiendrons des niveaux d’investissements (R&D et outils de production) compris entre 10,4 et 10,6 milliards de dollars. C'est un peu plus faible qu'en 2008 mais cela reste un niveau très élevé !

Quelle sera la répartition des dépenses entre recherche et développement et outils de production ?
Si nous isolons la recherche et développement, cette dernière nous coûtera 5,4 milliards de dollars. Quant à la répartition, elle devrait rester de l'ordre de 25% par trimestre. L’investissement restera donc fort au premier trimestre, sachant que nous aurons à cette période une diminution de nos revenus…

Quelles sont vos perspectives pour 2009 ? L’exercice a-t-il bien démarré ?
Nous avons une très faible visibilité et, compte-tenu de ce qui s'est passé sur la deuxième partie de l’année où nous avons dû réactualiser deux fois nos prévisions pour le trimestre, nous resterons relativement prudents.

Officiellement, nous ne faisons pas de prévisions pour le premier trimestre en termes de revenus. Nous pouvons cependant dire que nous préparons notre organisation pour pouvoir effectuer un chiffre d'affaires au premier trimestre de l'ordre de 7 milliards de dollars.

Dans le trimestre, une fois que nous aurons une meilleure visibilité, nous communiquerons sur nos prévisions au fur et à mesure.

Un dernier mot pour vos actionnaires ?
L'impact de la crise ne modifie pas notre stratégie d'investissement. Nous nous organisons de manière à générer de l'innovation et une réduction des coûts afin de permettre un bon redémarrage dans la deuxième partie de l'année.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy
www.Easybourse.com

Vendredi 30 Janvier 2009
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