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Secret bancaire : la finance s'efface devant la politique


Les pressions que subit la Suisse depuis quelques semaines indiquent avec une aveuglante clarté que nous assistons à une guerre tout à fait classique.




Secret bancaire : la finance s'efface devant la politique
Avec les places fortes assiégées de la Suisse, du Luxembourg et de l'Autriche, les généraux Hans-Rudolph Merz, Angela Merkel et Barack Obama, les armées de banquiers sanglés dans leurs uniformes taillés à New Bond Street et de fonctionnaires grommelants, les escarmouches provoquées par les déclarations scandaleuses d'un certain Petit caporal, les opérations de sauvetage au-delà des lignes ennemies pour sauver le soldat Citigroup ou Fortis, et les attentes pénibles, pieds dans la boue, au fond des tranchées pavées de fichiers Excel, tandis qu'explosent alentour les faillites et les dépôts de bilan. Oui, c'est une guerre d'un genre nouveau mais dont les termes employés ces jours dans la presse ne trahissent pas la nature profonde.

Comme dans toutes les guerres, celui qui a l'initiative possède l'avantage. En l'occurence, la Suisse a été prise au dépourvu, ce qui dénote de la part de son exécutif politique une singulière impréparation, alors même que les éclaireurs épouvantés par ce qu'ils avaient vu au front ne cessaient depuis plusieurs mois d'appeler à une extrême vigilance. On aura préféré, comme c'est trop souvent le cas dans ce petit pays, se reposer sur le coussin moelleux de la démocratie directe et du sentiment profond que celle-ci procure d'être dans son bon droit. Or, être dans son bon droit ne suffit absolument pas. Il suffit de savoir que l'Accusateur en chef en Amérique est le nouveau Secrétaire au Trésor Timothy Geitner, récemment accusé d'évasion fiscale à hauteur de 34'000 dollars.

Ainsi, la réaction du Président de la Confédération de ce vendredi 13 mars est certes significative, mais aussi lourde de menaces. Elle trahit une grande nervosité et une peur des sanctions. On se souvient que l'UBS, avec l'accord de Berne, avait livré 285 noms de ses clients "soupçonnés d'évasion fiscale" à l'IRS en pensant déserrer l'étau qui la suffoquait. Mais le lendemain, elle apprenait avec la suprise les nouvelles exigences portant d'un juge de Floride sur 52'000 clients. Et Merz risque aussi, dans les jours qui viennent, de voir sa concession d'aujourd'hui se transformer en précédent.

Pourtant, quoiqu'il advienne désormais, on peut se réjouir d'un aspect précis. En remettant le secret bancaire au centre du débat, on l'examine et on le soupèse, mais on le réforme aussi, ce qui semblait nécessaire. En réformant cette vieille institution, la place bancaire suisse se voit offrir une chance de réformes plus profondes, de réhaussements et de redéfinition de sa compétitivité dans un monde de plus en plus éclaté. On verra bien dans quelques mois ou années si, comme l'augurent certains, la réforme du secret bancaire suisse aura affaibli, ou, comme on est en droit de le penser, renforcé et redynamisé la banque suisse.

David Laufer
David Laufer

Lundi 16 Mars 2009
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