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SEPA-EBICS : un challenge, certes mais aussi une belle opportunité


On a coutume de dire que l’ampleur et le coût de la mise en oeuvre de la réglementation SEPA correspondent aux chantiers additionnés de l’euro et de l’an 2000. La migration EBICS, à échéance dernier trimestre 2011, est une étape clé, qui va toucher toutes les entreprises.




Si dans les grandes entreprises, le SEPA est traité comme un chantier majeur et structurant, abordé en mode projet avec une équipe dédiée, il n’y aura pas nécessairement, voire sûrement pas de « Monsieur SEPA » dans les PME. Amenés à jouer à plein leur rôle de proximité, les partenaires doivent anticiper et s’organiser pour saisir cette opportunité d’évolution du poste comptable.

1ère Partie : Qui dit EBICS, dit SEPA : quelle réalité se cache derrière ses acronymes ?

SEPA, l’avènement de l’Europe des paiements
En 2002, le Conseil Européen lance le projet SEPA (Single Euro Payment Area), système européen harmonisé de paiement. Dernière brique du projet euro, le SEPA doit permettre à toutes les entreprises d’harmoniser les paiements d’une zone élargie composée de 32 pays, qui représente 480 millions d’habitants, 9 000 banques, 25 millions d’entreprises et 55 à 73 milliards de transactions. L’objectif du projet SEPA est simple et ambitieux : créer une gamme unique de moyens de paiements commune à l’ensemble des pays de la zone : virements, prélèvements et transactions par carte - en euro.

Le BIC et l’IBAN, harmonisation des références bancaires
La standardisation des références bancaires de la zone SEPA depuis janvier 2007, à travers le BIC et l’IBAN , marquent une étape majeure. BIC et IBAN sont désormais obligatoires pour tous les transferts européens.
Au-delà du format des références bancaires, qui conditionnent les formats des fichiers échangés, deux autres éléments évoluent :
- Les protocoles d’échange de fichiers.
- Le « tuyau » par lequel ces fichiers transitent.

Les protocoles d’échange de fichiers
Face à l’arrêt annoncé des protocoles ETEBAC 3 et 5 à partir d’octobre 2011, et l’absence de protocole normalisé au niveau européen concernant l’échanges de fichiers, le CFONB (Comité Français d’Organisation et de Normalisation Bancaire) a validé, pour le marché français, l’utilisation de deux nouveaux protocoles : l’ EBICS, déjà utilisé en Allemagne depuis plusieurs années, et les solutions Swifnet. Internet ouvre la porte àun nouveau mode d’échanges fondé sur IP (Internet Protocol) et ce d’autant plus que le support, le « tuyau » de transmission des données, évolue aussi. En effet, Orange Business Services a annoncé l’arrêt de la maintenance du réseau historique X25 en septembre 2011.

La migration vers EBICS est une condition sine qua non du processus SEPA. Elle est donc bien un enjeu à court terme pour toutes les entreprises avec une date butoir à mi-2011.

2ème Partie : où en sont les PME en France ?

Toutes les PME sont concernées
Les 90 000 entreprises françaises déjà équipées d’une solution de communication bancaire par télétransmission sont les premières concernées. Pour elles, la migration SEPA a des impacts directs sur l’utilisation des deux modes de paiement scripturaux que sont les virements et les prélèvements.

Néanmoins contrairement aux idées reçues, les instruments SEPA ne sont pas destinés uniquement aux paiements transfrontaliers mais également aux transactions réalisées à l’intérieur du territoire français. Ce sont donc bien toutes les entreprises françaises qui sont concernées quels que soient leur taille et leur secteur d’activité.

Or, beaucoup d’entreprises effectuent encore leurs remises d’ordre de manière manuelle, particulièrement parmi les artisans, commerçants et les petites entreprises. Pour elles, l’enjeu est double : s’informatiser pour automatiser leurs flux bancaires via Internet et adopter une solution immédiatement compatible EBICS.

Les PME restent sous-informées
Les résultats de l’enquête réalisée par la CGPME sur le SEPA en août 2009 auprès de ses adhérents parlent d’eux-mêmes : 48% des PME ne savent toujours pas à date de quoi il s’agit. L’étude montre en outre que moins d’une PME sur cinq utilise aujourd’hui le virement SEPA. Elle souligne aussi que 52 % des PME, parmi celles qui n’utilisent pas le virement SEPA, invoquent le manque d’information comme raison principale.

SEPA-EBICS : un challenge, certes mais aussi une belle opportunité

Les PME ignorent les bénéfices concrets
Les PME sont freinées par le coût qu’elles n’ont pas nécessairement anticipé. Elles sont persuadées que les logiciels compatibles ne sont pas disponibles, ce qui est faux ! Au final elles voient le SEPA comme une source de difficulté supplémentaire et ne voient pas les avantages concrets :
- L’accélération des transactions.
- La réduction du coût des opérations bancaires.
- La simplification des paiements transfrontières. Et ultimement une meilleure visibilité sur leur trésorerie.

Il y a urgence à ce que les PME comprennent l’enjeu et cernent les possibilités qui leur sont offertes. Elles doivent donc être rassurées et accompanées.

3ème Partie : quel rôle et obligation pour les partenaires ?

Un rôle d’explication et d’anticipation
Les partenaires sont le relais des éditeurs pour accompagner les entreprises dans cette mutation. Proches des entreprises et de leur dirigeant, ils sont les mieux placés pour les accompagner. Il fait partie de leur rôle de communiquer et de rassurer en vulgarisant le sujet, d’évaluer les besoins selon le niveau d’équipement initial et de mettre en place la solution choisie, et ce sans plus tarder.

En effet, le risque de goulot d’étranglement est bien réel. Car, même si l’enquête réalisée par la CGPME montre que les entreprises informées ont une réelle volonté de passer rapidement au virement SEPA, il y a peu de chances pour que ce calendrier soit respecté, à l’image du passage à l’Euro.

SEPA-EBICS : un challenge, certes mais aussi une belle opportunité

Une obligation d’organisation
Pour les partenaires, la première étape est naturellement de former leurs équipes sur les nouvelles solutions de moyens de paiement mais aussi sur les solutions de gestion de la trésorerie. Ils doivent également informer leurs clients de manière massive et approfondie au travers de rencontres clients, journées portes ouvertes, séminaires physiques ou online. Enfin, l’aspect financier doit être pris en compte. Les partenaires doivent relayer les promotions et proposer des « packages prestations-outils » à leurs clients car le sujet n’est pas compliqué techniquement dans une grande majorité des cas...

Le véritable enjeu pour les partenaires n’est pas de savoir ce qu’ils ont à faire mais de faire face à la gestion du volume. Certains d’entre eux en profitent pour recruter ou former de nouvelles ressources, conscients qu’Ebics et le SEPA fournissent une opportunité d’évolution et de modernisation du poste comptable. Ceux qui ne le font pas doivent absolument s’appuyer sur l’éditeur, qui met à leur disposition des moyens de « back-up » et de gestion en masse au risque d’être pris de court et de voir leurs clients partir à la concurrence.

Conclusion
Ebics et SEPA sont une opportunité pour tous, PME, partenaires et éditeur.
Ce n’est pas le sujet qui est complexe mais bien la gestion du volume face à l’échéance légale et le risque de goulot d’étranglement qui en découle.
L’important, c’est donc bien d’anticiper et de s’organiser.

Par C. Coudert, Directeur Marketing New Business – Division PME de Sage France

Mercredi 29 Septembre 2010
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1.Posté par Guy le 01/10/2010 10:48 | Alerter
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Dans notre PME, nous n'allons pas vers EBICS et SEPA, car nous attendons. SWIFTnet coute trop cher par rapport à ETEBAC et le gros problème d'EBICS est qu'il ne porte pas les signatures personnelles. En gros, EBICS peut se substituer à ETEBAC3, mais pas à ETEBAC5.
Est-ce que cette situation est toujours au même point ?

2.Posté par Eric le 02/10/2010 12:54 | Alerter
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Bonjour,

Il est quand même très amusant de constater que Sage ne promeut que EBICS. Or, si pour préparer SEPA EBICS est une solution, elle n'est pas la seule. SWIFT en est une par exemple. SWIFT a l'avantage d'être un protocole mondial et pas franco français ou franco allemand et d'être hyper sécurisé contrairement à EBICS.

3.Posté par Guy le 05/10/2010 09:35 | Alerter
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En réponse à Eric, Le CFONB a effectivement retenu 2 solutions : SWIFT et EBICS.
SWIFT a l'avantage de positionner l'utilisateur comme une banque et d'adresser tout type de message à une banque ou tout utilisateur de SWIFT, car il fonctionne pour le pool de banque. Les signatures de scellement et transport y sont depuis le début. Le défaut de SWIFT est le coût. Bien trop cher pour une PME. Je dirais excessivement cher pour toutes sociétés, car le coût devient plus fort si effectue beaucoup de message SWIFT.
EBICS à l'avantage de se positionner dans les mêmes coûts qu'ETEBAC, mais ne permet pas l'échange avec n'importe quelle banque puisque ne fonctionnant pas pour le pool de banque, mais d'utilisateur vers banque (point à point). EBICS, lors du choix du CFONB ne supportait pas les signatures, mais selon le plan émis par la CFONB en Avril 2010, EBICS devait être à même de supporter les signatures en Septembre 2010.
Donc la sécurité ne doit pas (ou ne devrait plus) être un critère de choix entre EBICS et SWIFT.
Les critères importants doivent être l'utilisation du réseau et le coût d'émission des fichiers. (il y a 2 ans, SWIFT faisait des propositions commerciales en fonction du nombre de message remis et de la taille en octet de ces messages).

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