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Revue mensuelle des marchés émergents (mai 2010) par Franklin Templeton Invest.


Par l’équipe « Actions émergentes » de Templeton




VUE D’ENSEMBLE
En mai 2010, les marchés actions ont corrigé. Les difficultés financières de la Grèce et les craintes que le Portugal, l'Espagne et l'Irlande ne soient confrontés aux mêmes écueils ont déclenché un repli au cours du mois. Le naufrage d'une corvette sudcoréenne provoqué par une torpille nord-coréenne et les émeutes politiques dans la capitale thaïlandaise, Bangkok, n'ont fait que renforcer le sentiment négatif. Les pertes subies en mai ont largement effacé les gains enregistrés au premier trimestre 2010.

Malgré l'annonce du soutien sans précédent de la Grèce pour un total proche de 1 000 milliards de dollars par l'Union européenne et le Fonds Monétaire International, le sentiment des investisseurs est resté faible, ce qui s'est traduit par des sorties nettes de capitaux des marchés émergents. L’indice MSCI Emerging Markets a cédé 8,8 % en dollar américain. L'affaiblissement des devises des marchés émergents a contribué à peser sur les performances boursières en dollar américain.

En Asie, tandis que le marché sud-coréen sous-performait face à l'intensification des craintes, le marché actions thaïlandais a résisté : l'indice MSCI Thai a surperformé ses homologues en accusant une baisse de seulement 2,7 % en dollar. Pour leur part, les marchés latino-américains ont enregistré des performances comparables à celles des autres marchés émergents et les marchés d'Europe de l'est ont terminé le mois de mai sur des pertes à deux chiffres.

LE POINT SUR CHAQUE RÉGION


Asie
Les importations considérables de matières premières (dont les prix ont augmenté) ont de nouveau plombé l'excédent commercial de la Chine : à 1,6 milliard de dollars en avril, celui-ci ne représente plus qu'une fraction des 13,1 milliards de dollars constatés un an plus tôt. Ce chiffre reste toutefois une amélioration par rapport au déficit de mars 2010. En avril, les importations ont bondi de 50,1 % en GA à 118,2 milliards de dollars, et les exportations ont augmenté de 30,4 % à 119,9 milliards de dollars. Sur le mois, la Chine a continué de mettre en oeuvre des mesures destinées à apaiser le marché immobilier. À Pékin, cela a consisté par exemple à empêcher les familles d'acquérir plus d'une résidence. Soucieuses d'améliorer les relations commerciales et économiques avec l'étranger, les autorités chinoises ont rencontré des délégations du Japon, de l'Union européenne, de Jordanie, de Bosnie-Herzégovine et des Seychelles.

En Corée du Sud, craignant un conflit armé avec la Corée du Nord lorsque le gouvernement a dévoilé la preuve qu'une torpille nord-coréenne est à l'origine du naufrage récent d'une corvette sud-coréenne, les investisseurs ont fui le won et le marché actions. En réponse à la rhétorique de son pays voisin, le Président sud-coréen Lee Myung-Bak a annoncé plusieurs sanctions. Nous les jugeons positives à long terme car elles contribueront à accélérer le changement en Corée du Nord et se traduiront par l'ouverture du pays. À court terme bien sûr, les marchés seront anxieux, ce qui risque de peser sur leurs performances. Cela dit, malgré toutes les craintes géopolitiques, l'économie sud-coréenne a poursuivi sa croissance. Le secteur industriel indien a de nouveau enregistré une croissance solide en mars grâce à la forte demande intérieure et extérieure en provenance de Chine. La production industrielle a ainsi progressé de 13,5 % en GA, soit son sixième mois consécutif de croissance à deux chiffres (malgré un léger repli par rapport aux 15,1% observés en février). Pour sa part, le secteur commercial a enregistré une reprise robuste en février par rapport à ses faibles performances de l'année dernière provoquées par la crise économique mondiale. Les exportations ont augmenté de 34,8 % en GA à 16,1 milliards de dollars, tandis que les importations ont bondi de 66,4 % en GA, soit un excédent commercial de 9,0 milliards de dollars. Les tensions inflationnistes se sont légèrement apaisées : les prix de gros ont ainsi augmenté de 9,6 % en GA en avril, contre 9,9 % un mois plus tôt. Cela dit, ce chiffre reste nettement supérieur à la progression de 0,5 % en GA constatée en septembre 2009, en raison principalement du prix élevé des aliments et matières premières.

Amérique Latine
Au Brésil, la demande intérieure a continué de se redresser puisque les ventes de détail ont enregistré leur plus forte hausse depuis le début des statistiques de vente. Elles ont en effet bondi de 15,7 % en GA, soit le troisième mois consécutif de croissance à deux chiffres et plus que les 12,2 % observés en février. Les prix à la consommation ont monté de 5,3 % en GA en avril, dans une tendance comparable à celle de mars (+5,2 % en GA). Quant aux statistiques du secteur commercial, elles sont restées positives en avril. En raison de la forte demande intérieure et du renchérissement des matières premières, les exportations se sont inscrites en hausse de 23,0 % en GA et les importations de 60,9 %. Si l'excédent commercial d'avril (1,3 milliard de dollars) est quasiment le double de celui de mars 2010, il reste inférieur à celui d'avril 2009 (3,7 milliards de dollars).

Afrique
Sur l'année 2009/10, le déficit budgétaire de l'Afrique du Sud est de 6,8 %, soit moins que les prévisions de 7,3 % émises par le Trésor en février, en raison principalement de recettes fiscales supérieures aux attentes et de dépenses publiques inférieures aux estimations. Le secteur manufacturier a continué de profiter du redressement de la demande intérieure et mondiale. La production manufacturière a augmenté de 6,3 % en GA, soit plus du double que la hausse de 2,7 % enregistrée en février. La demande intérieure pourrait être dopée par la Coupe du monde 2010 qui débute en juin. Le Président Jacob Zuma a annoncé la création d'une commission nationale chargée de planifier le développement du pays.

Europe
D'après les statistiques préliminaires, le PIB russe a progressé de 2,9 % en GA au premier trimestre 2010 en raison des mesures publiques destinées à relancer la croissance, de la hausse des cours pétroliers et du recul des taux d'intérêt. En comparaison, le PIB s'était contracté de 3,8 % en GA au dernier trimestre 2009 et de 7,9 % sur l'ensemble de l'année. La Russie a de nouveau publié des statistiques encourageantes : pour la première fois depuis quasiment trois ans, la production industrielle a enregistré une croissance à deux chiffres. Portée principalement par la vigueur du secteur manufacturier, la production manufacturière s’est accrue de 10,4 % en GA en avril, contre une progression de 5,7 % en mars. Les tensions inflationnistes ont continué à se relâcher en avril : les prix à la consommation ont augmenté de 6,0 % en GA, contre 6,5 % en GA en mars, en partie grâce à l'appréciation du rouble.

En Turquie, le secteur industriel a poursuivi sa forte croissance puisque la production a gagné 21,2 % en GA en mars, soit son quatrième mois consécutif de croissance à deux chiffres et une progression par rapport aux 18,1 % du mois de février. Le Président russe Dmitry Medvedev a rendu visite à la Turquie en mai, ce qui laisse espérer une amélioration des relations entre les deux pays. Au total, 17 accords portant sur plusieurs secteurs (énergie, tourisme, etc.) ont été signés pendant le sommet. La Turquie a également annoncé être prête à entamer des négociations avec la Malaisie en vue d'un accord de libre échange.

À la une du mois de mai : questions-réponses sur les marchés émergents, et point de mire sur l'Afrique

Quelles sont les perspectives d'investissement en Afrique ?
Les perspectives d'investissement en Afrique sont positives. Les opérateurs prennent conscience qu'il est nécessaire d'exploiter les ressources africaines pour satisfaire besoins de la Chine, de l'Inde et d'autres marchés émergents en forte croissance. De plus, ce ne sont pas uniquement les ressources minérales qui sont attractives, car le potentiel agricole et l'accès à l'eau seront déterminants pour l'avenir des nations.

Quant aux perspectives de la région concernant les marchés des capitaux et les investissements en actions et obligations, le tableau est contrasté. Il existe de multiples opportunités en matière de capital-investissement : en effet, les marchés des capitaux de nombreux pays n'étant pas totalement développés, il est nécessaire de recourir aux investissements directs étrangers. En ce qui concerne les marchés des actions et des obligations, certains se développent assez rapidement mais il reste encore beaucoup de chemin à faire pour qu'ils réalisent tout leur potentiel. Malgré cela, nous investissons très activement en Afrique et possédons des participations importantes dans nos fonds Frontier Markets.

Quels pays, régions et secteurs s'en sortent le mieux et pourquoi ?
L'Afrique du Sud est de loin le plus grand et le plus liquide des marchés d'Afrique subsaharienne. De nombreuses entreprises de premier plan y sont implantées et présentent de bonnes opportunités d'investissement. Le Nigeria devient également une destination d'investissements. En Afrique du Nord, l'Égypte est un marché d'envergure aux performances satisfaisantes. Et parmi les autres marchés intéressants figurent le Kenya, le Botswana, le Ghana, le Maroc, et la Tunisie. La liquidité étant la principale préoccupation, les marchés les plus liquides sont les plus à même d'attirer des volumes d'investissement supérieurs. Et bien sûr, les valorisations sont primordiales ; nous trouvons à ce titre des opportunités attrayantes dans les pays susmentionnés.

Quels sont les conditions à réunir pour révéler la valeur des ressources et le potentiel humain de l'Afrique ?
L'élimination de la corruption et l'existence de règlements et usages prévisibles sur lesquels les investisseurs peuvent se reposer sont essentielles. L'argent va là où l'application de la fiscalité et de la loi est certaine et prévisible. Si la règlementation en matière de change, de fiscalité et de propriété est ambiguë, alors les investisseurs ont tendance à être très court-termistes et capricieux.

Que faut-il faire pour parvenir à cette certitude et prévisibilité ?
Il faut que les pouvoirs publics réalisent le potentiel de leur pays, qu'ils mobilisent la population en faveur de systèmes juridiques appropriés, et qu'ils favorisent l'économie de marché. Bien entendu, cela signifie la privatisation des entreprises d'État, ce qui a tendance à renforcer leur productivité et leur croissance. Et par privatisation, je ne veux pas dire la cession généralisée des entreprises d'État mais des partenariats publics/privés où l'efficacité d'une gestion orientée marché peut jouer un rôle déterminant pour doper la productivité. Cela nous amène naturellement aux besoins en capitaux, avec des marchés des actions et des obligations assortis de règles raisonnables et efficaces.

Êtes-vous plus optimiste qu'il y a 6 mois concernant les perspectives mondiales en termes d'économie et de résultats ?
La reprise est-elle durable alors que les plans de relance publics prennent fin ?
J'ai toujours été optimiste concernant les pays émergents et oui, à en juger par leurs fondamentaux solides, leur reprise économique est durable. Outre des statistiques macroéconomiques solides, ils affichent des indicateurs financiers et budgétaires stables. Le marché boursier connaîtra toutefois des corrections, mais sur le long terme, il reflètera certainement la croissance de ces pays.

Voyez-vous des menaces possibles pour les cours boursiers des marchés émergents ?
Je pense notamment à une crise prolongée en Europe, à l'éclatement d'une guerre dans la péninsule coréenne, ou encore à une accélération de l'inflation et à une hausse des taux d'intérêt, ainsi qu'à une chute brutale de la masse monétaire qui assècherait les marchés. Par ailleurs, et c’est le plus important, les produits dérivés représentent toujours un risque important compte tenu du nombre de sociétés qui se sont lancées dans ce type d’activité et pourraient subir de lourdes pertes.

Pourquoi privilégiez-vous les actions sous-évaluées ?
Parce que c'est la méthode d'investissement en actions la plus fructueuse. Elle est fondée sur le bon sens : vous avez plus de chance de gagner de l'argent si vous misez sur sociétés qui génèrent des résultats élevés et en hausse par rapport au cours de leur action, et qui sont assorties de bilans sains. Nombreux sont les investisseurs prospères qui adhèrent au style « value », comme feu Sir John Templeton et Warren Buffet. Les adeptes des actions sous-évaluées s'attachent à identifier les valeurs décotées, qui s'échangent à des niveaux inférieurs à leur valeur intrinsèque ou réelle. De manière générale, les investisseurs prennent en compte un vaste éventail de critères (en plus du PER, du rapport cours/valeur comptable et du rendement du dividende) pour déterminer si une valeur affiche réellement une décote. Parmi ces critères figurent notamment les marges bénéficiaires, le ratio d’endettement, la rentabilité des capitaux investis, la rentabilité des fonds propres. De multiples raisons peuvent être à l'origine de la décote d'une action aux fondamentaux sains, comme le pessimisme des marchés ou les performances décevantes du secteur, et c'est ce genre de titres qui constitue une opportunité pour les investisseurs privilégiant les actions sous-évaluées. Ces derniers achètent généralement des titres lorsque la conjoncture est défavorable, ce qui leur permet d'obtenir des prix intéressants. Il ne leur reste alors plus qu'à attendre que le marché réalise la véritable valeur du titre
et que ce dernier augmente. Les investisseurs privilégiant les actions sous-évaluées ont tendance à éviter de payer des prix excessifs.

Si l'on s'en remet aux données historiques, on constate que lorsqu'on achète des actions sous-évaluées (c'est-à-dire affichant de faibles valorisations malgré des fondamentaux solides), le marché finit toujours par réaliser leur potentiel, ce qui se traduit par des rendements supérieurs. À ce titre, l'investissement de style « value » peut être fructueux sur tous les types de marchés y compris ceux à forte croissance comme l'Inde ou la Chine. En effet, ce n'est pas le type de marché qui dicte son évolution, mais plutôt des facteurs comme le sentiment, l'absence de connaissances ou encore les cycles de vie des secteurs, qui incitent les investisseurs à acheter/vendre des titres assortis de fondamentaux faibles/solides.

Un facteur important qui permet aux investisseurs privilégiant les actions sous-évaluées de prospérer est leur vision à long terme. Il y a des périodes où les actions sous-évaluées ne performent pas mais à long terme, le style « value » ressort comme le moyen le plus lucratif d'investir dans les actions. D'expérience, nous pouvons dire qu'il surpasse les autres styles d'investissement.

Ce document est destiné aux investisseurs institutionnels uniquement. Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de leur auteur à la date de publication. Elles sont susceptibles d'être modifiées sans préavis et ne représentent pas nécessairement le point de vue de Franklin Templeton Investments. Ces opinions vous sont fournies à titre d'information seulement. Elles ne constituent pas des conseils juridiques ou fiscaux, ni une recommandation pour une quelconque valeur mobilière. Les marchés émergents peuvent être plus risqués que les marchés développés. Les éléments de recherche et d'analyse contenus dans le présent document ont été obtenus par Franklin Templeton Investments pour ses besoins propres, et peuvent être utilisés à ce propos; par conséquent, ils ne vous sont communiqués qu'à titre d'information.

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec Franklin Templeton France S.A.-16/18 avenue George V – 75008 Paris. Tél: +33 (0)1 40 73 86 00 / Fax: +33 (0)1 40 73 86 10, ou avec le correspondant centralisateur de la SICAV Franklin Templeton Investment Funds en France : CACEIS Bank, au 1-3, Place Valhubert, 75013 Paris.

Mardi 22 Juin 2010
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