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Revue Mensuelle des Marchés Emergents par Franklin Templeton Investments


Le regain de confiance des investisseurs et l’attrait renouvelé pour les valeurs décotées expliquent le maintien de la tendance haussière des marchés déjà observée en mars. L’indice MSCI Emerging Markets a enregistré en avril une performance de 16,7 % en dollar américain, après une hausse de 14,4 % en mars. Cette performance est en partie due à une faiblesse du dollar américain, qui a incité les investisseurs à se tourner vers des actifs internationaux offrant des rendements plus élevés.




Les marchés asiatiques et latino-américains ont clôturé le mois avec de solides performances, cette catégorie d'actifs continuant d'attirer les investissements. Après une période de sous-performance due à des préoccupations concernant la santé financière des banques de la région, les marchés d'Europe de l'Est ont enregistré les meilleures performances en avril. La Hongrie et la Pologne ont enregistré une performance de plus de 25 % en dollar américain, tandis que la Russie a clôturé le mois avec une hausse de 21,9 %. La Turquie se classe parmi les meilleurs résultats des marchés émergents en avril, avec une performance proche de 30 %. Un regain de solidité du rand a permis au marché sud-africain de terminer le mois d'avril avec une progression de 11,6 % en dollar américain.
En fin de mois, une vague de cas de grippe porcine dans la capitale du Mexique a fait craindre une pandémie à l’échelle mondiale. Hormis l'Amérique du Nord, l'extension du virus semble cependant bien avoir été enrayée dans le reste du monde. Les autorités mexicaines et américaines ont depuis signalé que les craintes initiales relatives au virus étaient exagérées. Le monde est également mieux à même de faire face au virus, grâce à l'expérience acquise lors de l'épidémie de grippe aviaire d'il y a quelques années. La confiance des investisseurs demeure par conséquent intacte.

LE POINT SUR CHAQUE RÉGION

Asie
Le PIB chinois a progressé de 6,1 % en glissement annuel (GA) au premier trimestre 2009, contre 6,8 % en GA au dernier trimestre 2008. Cela est principalement dû à une baisse de la croissance des exportations et à une production manufacturière et industrielle plus faible. Les investissements en capitaux fixes ont toutefois gagné 28,8 % en GA, les efforts du gouvernement visant à doper la reprise économique portant leurs fruits. La croissance du crédit s’est également accélérée, les nouveaux emprunts atteignant 671 milliards de dollars américains au premier trimestre 2009, montant supérieur au total enregistré pour l’ensemble de l’année 2008. Les prix à la consommation ont poursuivi leur baisse en mars, avec un recul de 1,2 % en GA dû à la réduction des coûts dans les secteurs du transport et du logement. À titre de comparaison, la chute enregistrée en février était de 1,6 % en GA. La production industrielle a montré des signes d’amélioration avec une progression de 8,3 % en mars en GA, contre 3,8 % en GA au cours des deux premiers mois de l'année. La reprise économique, soutenue par le plan de relance du gouvernement, devrait se poursuivre. La coopération entre la Chine continentale et Taiwan s’est maintenue avec la signature, de part et d’autre du détroit, d’accords visant à maintenir la stabilité financière, à lutter contre la criminalité et à augmenter le nombre de vols directs entre les deux régions. La Chine et le Kazakhstan ont également exprimé le souhait de renforcer les relations bilatérales économiques et commerciales.
Les efforts gouvernementaux visant à stimuler l'économie sud-coréenne ont donné certains résultats au premier trimestre 2009 avec une croissance de 0,1 % du PIB en glissement trimestriel (GT), après un recul de 5,1 % en GT au cours des trois derniers mois de 2008. La consommation privée a augmenté de 0,4 % en GT contre 4,6 % de repli en GT au dernier trimestre, les dépenses des ménages étant plus importantes suite aux réductions d’impôts, à la baisse des taux d'intérêt et à la diminution des prix pétroliers. Les dépenses publiques ont augmenté de 5,3 % en GT, contre une baisse de 3,0 % en GT lors du trimestre
précédent. Les exportations ont reculé de 4,2 % en GT, ce qui constitue une amélioration par rapport à la baisse de 8,9 % en GT enregistrée au dernier trimestre 2008. Après avoir abaissé son taux d'intérêt de référence de 325 points de base (3,25 %) au total au cours des six derniers mois afin de soutenir l'économie nationale, la Banque centrale a laissé ce taux inchangé à un plus bas historique de 2,0 %. Dans un effort visant à soutenir le secteur financier, la Commission des services financiers a lancé un fonds de 15 milliards de dollars américains destiné à recapitaliser les banques les plus importantes du pays.

Amérique Latine
Étant donné le contexte économique mondial actuel, le gouvernement mexicain prévoit une contraction de 2,8 % de l'économie en 2009. Une reprise est néanmoins prévue pour 2010 avec une croissance prévisionnelle de 2,0 % du PIB. À titre de précaution, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une ligne de crédit de 47 milliards de dollars américains pour le Mexique dans le cadre de son nouveau système de ligne de crédit flexible. La Banque centrale a poursuivi la baisse de ses taux d'intérêt en avril dans le cadre des efforts visant à stimuler l'économie nationale. Celle-ci a abaissé son taux d'intérêt de référence de 75 points de base (0,75 %) à 6,0 %. Les pressions inflationnistes ont maintenu la tendance baissière suite à la demande nationale plus faible. L'indice des prix à la consommation a chuté à 6,0 % en GA en mars après avoir atteint un record de 6,5 % en GA en décembre.
Le gouvernement brésilien a annoncé des mesures supplémentaires destinées à soutenir l'économie. Parmi celles-ci figurent des garanties de dépôt plus élevées afin d'améliorer la liquidité du secteur financier, un plan de logement visant à fournir 1 million de nouvelles habitations à des familles à faibles revenus, et des réductions d’impôts dans les secteurs automobile et des matériaux de construction. La Banque centrale a continué à assouplir sa politique monétaire, abaissant son taux de référence de 100 points de base (1,0 %) à 10,25 %. Les pressions inflationnistes ont continué à diminuer avec des prix à la consommation grimpant de 5,6 % en GA, ce qui demeure dans la fourchette de 2,5 à 6,5 % visée par la Banque, principalement en raison de la demande nationale plus faible et de la diminution des prix des matières premières à l'échelle mondiale. Le président brésilien Lula a rencontré le président chinois Hu Jintao en avril, et les deux parties ont convenu d'élargir les relations bilatérales et d'accroître la coopération dans des domaines tels que le pétrole, les infrastructures et la finance.

Afrique
En Afrique du Sud, le parti ANC (African National Congress) au pouvoir est sorti vainqueur des élections législatives tenues en avril, mais a manqué de peu la majorité des deux tiers. Le dirigeant du parti, Jacob Zuma, devrait devenir le prochain président du pays à l'issue du vote parlementaire du mois prochain. Sur le plan économique, la faiblesse du secteur manufacturier s'est maintenue avec une baisse de 11,1 % de la production en GA au premier trimestre 2009 résultant de la faiblesse de la demande nationale et internationale. Les résultats ont néanmoins été bien meilleurs que la contraction de 21,8 % en GA observée lors du trimestre précédent. Les prix à la consommation ont grimpé de 8,5 % en GA en mars, à l’image de la hausse de 8,6 % en GA enregistrée en février.

Europe
Après avoir augmenté son taux d'intérêt de référence de 300 points de base (3,0 %) en 2008, la Banque centrale russe a opté pour une politique d'assouplissement monétaire en avril en abaissant pour la première fois son taux d'intérêt de référence depuis juin 2007. Les prix à la consommation ont grimpé de 14,0 % en GA en mars, à l’image de la hausse de 13,9 % en GA enregistrée en février. La diminution des prix des matières premières, la baisse de la demande à l'exportation et le resserrement des conditions de crédit ont provoqué une contraction de 13,7 % de la production industrielle en GA en mars, en repli pour le cinquième mois consécutif. Le taux de chômage a grimpé à 9,5 % en GA au premier trimestre 2009 suite à des réductions de personnel résultant de la faiblesse de la demande nationale et à l'exportation.
En avril, le gouvernement turc a revu son PIB prévisionnel pour la période 2009 - 2011. Une contraction de 3,6 % du PIB est prévue en 2009, suivie d'un redressement en 2010 et 2011, avec des croissances prévisionnelles respectives de 3,3 % et 4,5 %. Le FMI et la Turquie ont convenu de la reprise des pourparlers en attente relatifs à un accord de stand-by de trois ans représentant entre 25 et 45 milliards de dollars américains. La Banque centrale a maintenu sa politique d'assouplissement monétaire afin de soutenir l'économie nationale. Celle-ci a abaissé son taux d'intérêt de référence de 75 points de base (0,75 %) à 9,75 %. Dans le but d'améliorer le commerce régional et les relations économiques, la Turquie a signé de nombreux accords avec le Soudan, le Bahreïn et l'Irak.

À la une du mois d’avril : Entretien avec Mark Mobius sur les marchés émergents

Quelle est votre perception de l’économie mondiale ?

La situation actuelle de l'économie mondiale place les ménages, les entreprises et les économies nationales en solide position pour surmonter la crise internationale avec le soutien de leurs gouvernements et banques centrales. Nous pensons également que les marchés émergents sont appelés à jouer un rôle beaucoup plus large dans l’économie mondiale. Des pays tels que la Chine et l'Inde devraient se dégager en tant que nations prépondérantes étant donnée la solidité relativement plus importante de leurs positions macroéconomiques et financières.

Dans quelles régions êtes-vous le plus optimiste concernant les opportunités d'investissement ?
Il est généralement possible de déceler au moins quelques valeurs attractives sur la plupart des marchés, et c’est particulièrement le cas à l’heure actuelle dans toutes les régions des marchés émergents, qui semblent intéressantes compte tenu des récentes corrections des cours. Bien que la croissance mondiale ait ralenti, les marchés émergents devraient conserver une bonne longueur d’avance sur les marchés développés en terme de croissance. L’accumulation de réserves de change place également les marchés émergents en bien meilleure position pour résister aux chocs externes. Les réserves de la Chine s’élèvent par exemple à plus de 2 000 milliards de dollars américains. Plus important encore pour les investisseurs value que nous sommes, les valorisations actuelles des marchés émergents sont attractives. Les titres de certains pays tels que la Turquie et la Russie se négocient désormais sur la base de ratios cours / bénéfices inférieurs à 10 %.
L’Asie est le marché émergent le plus vaste du monde. Les pays asiatiques enregistrent en outre une croissance relativement rapide. Certains, à l’image de la Chine et de l’Inde, possèdent une population très importante et un revenu par habitant en augmentation, et leurs marchés de capitaux se développent rapidement. La croissance économique y demeure relativement élevée, le revenu par habitant est en hausse, les valorisations demeurent attractives et les réformes se poursuivent, ce qui améliore les conditions économiques et d’investissement dans la région.

Les valorisations sur les marchés d'Europe de l'Est sont également attractives, voire très attractives sur certains marchés tels que la Hongrie et la Turquie, où les titres s’échangent actuellement sur la base de ratios cours / bénéfices inférieurs à 10 %. La Pologne est l'un des rares pays de la région qui devrait enregistrer une croissance positive du PIB en 2009. Les valorisations n'y sont néanmoins pas aussi attractives que chez certains de ses homologues de la région. La Russie est un autre marché digne d'intérêt. Avec son impressionnant territoire, son importante population et ses ressources naturelles abondantes, le pays pourrait à long terme devenir l'une des économies au développement le plus rapide.

La plupart des économies latino-américaines se comportent relativement bien compte tenu des conditions macroéconomiques mondiales actuelles. Certains pays sont néanmoins plus sensibles au ralentissement économique mondial. C'est par exemple le cas du Mexique, où le renforcement du commerce interrégional a toutefois compensé une part de l'impact négatif de la baisse de la demande à l'exportation en provenance des États-Unis. L’un des principaux atouts de la région réside dans son énorme marché de consommateurs, avec une demande en biens et services encore latente ainsi que des entreprises de premier ordre à la fois sous-endettées et dont les titres sont abordables. Les ressources naturelles de la région figurent en outre parmi les plus vastes de la planète. Des pays tels que le Chili et le Pérou figurent ainsi parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre. Le Mexique est un exportateur net de pétrole. Le Brésil est un important exportateur de minerai de fer, de même que de produits agricoles tels que le soja et le café. La Colombie exporte également des matières premières telles que le pétrole, le café, le charbon, etc. Bien que les titres des producteurs de matières premières aient subi le contrecoup de la baisse récente des cours, nombreuses sont les entreprises qui restent bénéficiaires aux niveaux actuels.

De plus, les marchés périphériques, qui sont les marchés émergents de demain, commencent à se révéler attractifs. Le Moyen-Orient, par exemple, présente un grand intérêt et nous pensons que son potentiel de croissance et de développement économiques demeure considérable, en particulier si la tendance actuelle de mise en oeuvre de réformes politiques et économiques reste à l’ordre du jour. L’Afrique est une autre région qui retient toute notre attention. Hormis l’Afrique du Sud, les économies régionales commencent également à se montrer dignes d’intérêt.

Selon vous, quelles sont les plus grandes menaces pour l'économie mondiale ?
- Perte de confiance
- Réglementation excessive ou insuffisante
- Adoption de mesures protectionnistes
- Abandon de la philosophie d'économie de marché

Pourquoi êtes-vous si optimiste concernant les perspectives des marchés émergents ?
Une raison essentielle est la croissance rapide de la masse monétaire, non seulement aux États-Unis mais partout dans le monde. Les gouvernements font de leur mieux pour éviter la déflation en injectant des liquidités dans le système économique. Cet argent doit trouver où fructifier et les taux d'épargne actuels, par exemple pour le dollar américain, ne sont pas très alléchants. Les investisseurs ont déjà commencé à montrer des signes de regain de confiance et sont à la recherche de meilleures performances. Les actions sont un choix évident. Concernant plus spécifiquement les marchés émergents, nous sommes optimistes car ceux-ci :
- Sont sous-évalués, s'échangent à des valorisations extrêmement attractives et possèdent de solides fondamentaux,
- Possèdent des devises nationales sous-évaluées,
- Doivent dans l'ensemble connaître une croissance plus rapide que les pays développés,
- Sont amenés à jouer un rôle prépondérant compte tenu de la solidité relativement plus importante de leurs situations financières et macroéconomiques,
- Détiennent de solides réserves de change, ce qui leur permet de mieux résister à de quelconques chocs extérieurs,
- Font preuve de prudence en matière de politique fiscale,
- Développent leurs relations économiques et commerciales mutuelles, ce qui réduit leur dépendance vis-à-vis des marchés développés,
- Représentent un énorme marché de consommateurs de même qu'une vaste main-d'oeuvre,
- Disposent d'abondantes réserves naturelles dans des pays tels que la Russie, le Brésil et l'Afrique du Sud,
- Recèlent un solide potentiel de développement dans des domaines tels que les infrastructures.

www.franklintempleton.fr

Mardi 12 Mai 2009
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