Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 
 


              

Rentrée 2009 : principales tendances de recrutement dans la banque et la finance


La période estivale a surtout été marquée par le retour de pratiques que l’on croyait abandonnées, à savoir le versement de primes records et de bonus garantis. De quoi alimenter les débats lors du prochain G20 qui se tiendra fin septembre aux Etats-Unis. En attendant une réforme des modes de rémunérations, l’attentisme prévaut toujours en matière de recrutement dans le secteur banque et de la finance, dans un contexte de crise qui se poursuit.




Pourtant, les raisons d’espérer une embellie sont belles et bien là : besoins toujours insatisfaits dans certains métiers, reconstitution progressive d’équipes qui avaient été réduites, renforcement des établissements financiers sur certaines activités…afin de ne pas passer à côté des opportunités que ne manquera pas d’offrir la période de l’après-crise.

Attention cependant à ne pas sombrer dans un optimisme béat, car le scénario d’une sortie de crise n’est pas prévu avant 2010, et nombreux sont les candidats toujours à la recherche d’un emploi dans la finance. La situation est encore plus préoccupante pour les jeunes diplômés qui sont arrivés en 2009 sur le marché du travail, certains allant jusqu’à parler de « promotion malchance ».

Une actualité estivale chargée
Ceux qui pendant l’été tablaient sur une actualité au ralenti dans la banque et la finance dans l’Hexagone en sont pour leur frais. L’intégration de Fortis par BNP Paribas et la mise en place de BPCE, le nouvel ensemble né de la fusion entre les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, ont été relégués au second plan par deux nouveaux scandales financiers. Le premier concerne la démission de deux hauts dirigeants de la Société Générale suite à leur mise en cause par l’AMF pour une affaire de délit d’initié. Le deuxième est la constitution, par BNP Paribas, d’un milliard d’euros de provisions pour ses traders au titre de l’année 2009.

L’Elysée, le gouvernement, l’opposition, les instances de contrôle et de régulation : tout le monde a momentanément interrompu ses vacances pour s’indigner de telles pratiques de la part de banques qui ont reçu des aides de l’Etat.

Pour leur part, les recruteurs ont surtout constaté surtout une augmentation des rémunérations fixes. Les grands gagnants sont les professionnels des risques qui enregistrent une augmentation moyenne de 5 % de leur salaire fixe sur les six derniers mois, selon une étude internationale réalisée par le chasseur de têtes international GRS. Ils voient également leurs bonus augmenter de 20 % en moyenne en France. Mais cela reste encore bien en dessous des bonus versés dans la banque de financement et d’investissement, et ce malgré une réduction moyenne de 50 % de ces derniers en début d’année.

Alan Johnson, en charge de la rémunération des consultants chez Johnson Associates, indique que la plupart des banques devraient finir par augmenter les salaires, mais que cela ne se fera pas de manière uniforme.

Les raisons d’espérer une embellie
Entre autres signes encourageants, on peut citer les résultats du premier trimestre 2009 publiées début août par BNP Paribas et Société Générale, bien meilleurs que ceux attendus par le consensus des analystes, les activités banque de financement et d’investissement (BFI) ayant plutôt bien résisté.
Certaines banques sont désormais sur le qui-vive, à l’instar de la Société Générale qui dans le cadre de son plan Évolution visant à réorganiser les activités de BFI a nommé une vingtaine de banquiers seniors à des postes stratégiques. Ces mêmes banques n’hésitent pas à renforcer leurs équipes de fusions et acquisitions afin de se tenir prêt en cas d’opérations à venir. Ainsi, la Soc Gen a manifesté son intention d’embaucher 35 banquiers seniors dans toute l’Europe.
Surtout, l’apparition sur le sol français de filiales de groupes étrangers, comme le japonais Nomura dans la banque d’investissement ou l’allemand Sal Oppenheim dans la gestion d’actifs, présagent de recrutements à venir.

Des métiers qui recrutent toujours et des besoins insatisfaits
Déjà très sollicitées en 2008, les fonctions de contrôle des risques continuent de recruter des profils expérimentés, aussi bien en banque d’investissement, en gestion d’actifs que dans la finance d’entreprise. « Nous constatons également que les professionnels des fonctions centrales comme celles de contrôleur interne, consolideur ou déontologue continuent à être recherchés au gré des changements réglementaires ou sous la pression des organes de tutelle », indique Charlotte Brand, directrice de Michael Page Banque.
Sans oublier l’assurance, où les profils d’actuaires connaissent une « certaine pénurie » de l’avis de Gérard Lobjeois, secrétaire général de l’Observatoire des métiers de l’assurance.

Enfin, en finance d’entreprise, il existe des secteurs où les recruteurs « notent des difficultés de recrutement pour trouver certains profils spécifiques, à l’instar des ingénieurs en statistique ou en informatique particulièrement prisés dans les établissements financiers, du fait notamment de la complexité du reporting, ou bien des auditeurs expérimentés en cabinet d’audit international très courtisés en entreprise », relève pour sa part Fabrice Coudray, directeur du cabinet Robert Half International France.

D’après l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), 65 % des recrutements sont aujourd’hui jugés difficiles dans le secteur de la banque et de l’assurance. La chasse aux talents est donc ouverte…

Des équipes à reconstituer
Le début de l’année a été relativement difficile pour les professionnels des dérivés actions, de nombreux établissements ayant réduit leurs équipes en raison de pertes assez conséquentes.
La finance de marché est sans aucun doute le secteur qui a payé la plus lourde contribution : gel des embauches et licenciements dans les équipes de titrisation, chez les analystes quantitatifs, les spécialistes des dérivés exotiques ou des financements LBO.
Force est de constater néanmoins que certains métiers recrutent de nouveau. C’est notamment le cas dans le credit trading. « Tout le monde s’y met, reconnaît un gestionnaire de portefeuilles. Barclays a été l’une des premières à recruter, mais des banques françaises comme BNP et SocGen seraient, elles aussi, sur le point de le faire ».
C’est également le cas dans les dérivés actions, où « les banques ont été forcées de procéder à des recrutements dans l’urgence parce qu’elles avaient taillé massivement dans les effectifs et que les équipes réduites ne pouvaient plus gérer la surcharge de travail actuelle, indique un chasseur de têtes spécialisé. Ce n’est pas un redémarrage complet, sachant qu’un bon nombre de traders dérivés actions ont encore du mal à trouver du travail ».
Les banques américaines ont tellement réduit leurs effectifs avec la crise à l’automne dernier qu’elles réembauchent parfois dans l’urgence et acceptent de garantir les bonus de certains traders. Rien de tel en France où les recrutements se font au compte-goutte. Toutefois, « les mouvements sont accentués par le fait que les gens sont plus faciles et moins coûteux à débaucher » du fait de la crise, reconnaît le salarié d’une banque française.

Des promotions internes… en attendant des recrutements externes
Si la crise accélère les recrutements dans certains secteurs bien particuliers, c’est loin d’être le cas pour la finance en général. « À l’heure où les entreprises redoublent d’attention sur des problématiques aussi importantes que le contrôle de gestion, l’audit interne, l’optimisation des flux de trésorerie, elles peuvent se heurter à des obstacles plus importants que prévu lorsqu’il s’agit de recruter des profils pointus et très demandés sur le marché, commente Olivier Gélis, managing director de Robert Half International France. Des délais de recrutement plus longs peuvent également traduire la volonté des entreprises de prendre le temps d’étudier plus en détail chacun de leurs investissements ».

Ceux qui pariaient sur une recrudescence significative des recrutements à la rentrée 2009 devront encore patienter un peu. Le dernier baromètre de l’Apec confirme en effet la dégradation du marché de l’emploi chez les cadres au troisième trimestre 2009. A peine 55 % des établissements financiers et des compagnies d’assurances manifestent leur intention d’embaucher des cadres au troisième trimestre 2009, contre 70 % à la même période en 2008.
À la question « pour quelle raisons n’envisagez-vous pas de recruter des cadres ? », les entreprises concernées avancent principalement l’absence de départs (44 %) et la priorité donnée à la promotion interne (de non cadres en cadres) en cas de vacance de poste (28 %).

« Toutefois, dans cette période de crise, les recruteurs ont tendance à être particulièrement pessimistes, relativise Eric Verhaeghe, président de l’Apec. Ainsi, ils étaient 1 sur 3 au deuxième trimestre à vouloir recruter. Dans les faits, ils ont été 1 sur 2 à le faire. Ce décalage entre déclarations et réalisations est à suivre de près dans les prochains mois ».

www.efinancialcareers.fr

Lundi 7 Septembre 2009
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs




Blockchain Daily News