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Raiffeisen Capital Management : Revue des marchés émergents - Juillet 2009


Vous trouverez ci-dessous la revue des marchés émergents (Europe centrale et orientale, Asie) de Raiffeisen Capital Management du mois de Juillet 2009.




Aperçu régional
Si le regain d’optimisme du deuxième trimestre sur les marchés financiers s’est poursuivi en juin, il ne s’est cependant plus traduit par de fortes hausses des cours. Tout au plus les marchés d’obligations d'entreprises ont-ils pu poursuivre leur hausse ; les actions ont par contre enregistré une stagnation, voire une baisse plus ou moins marquée de leurs cours. Il est à noter que les valeurs financières qui ont emmené le fléchissement aussi bien que la reprise depuis mars, ont cédé, parfois assez nettement, depuis leur point culminant atteint pendant la reprise.

Dans la plus grande économie du monde, dont l’influence internationale est toujours aussi décisive qu’auparavant, la plupart des indicateurs de tendances et des indicateurs prévisionnels (confiance des consommateurs, ISM), de même que le chiffre d'affaires du commerce de détail, suggèrent une stabilisation, voire un fléchissement de la dynamique baissière. Cela mis à part, le marché immobilier et le marché de l'emploi ne montrent encore aucun signe de formation d’un seuil plancher. Selon toute vraisemblance, la crise économique la plus grave depuis les années 30 devrait néanmoins atteindre son paroxysme au cours du second semestre de cette année.

Compte tenu de la poursuite de la croissance marquée du taux de chômage et du taux très faible d’utilisation des capacités, il n’y a pas lieu de s’attendre jusqu’ici à des pressions inflationnistes, ce qui devrait permettre aux taux d’intérêts des pays industrialisés de conserver ces prochains mois les bas niveaux actuels, tout au moins à court terme. Les obligations d’État à plus long terme ont enregistré une hausse en comparaison mensuelle, après avoir, dans la première moitié du mois, enregistré de nouvelles baisses de cours. La forte probabilité de connaître, pendant plusieurs années, une croissance économique nettement inférieure au potentiel et d’être confrontés, au cours des prochains trimestres, à une inflation faible, devrait limiter la hausse des rendements à long terme. Les cours des obligations d’État devraient donc se maintenir de manière relativement satisfaisante, malgré les nombreuses nouvelles émissions encore à venir. Il faut noter l’excellente performance, dans l'ensemble, des obligations d'entreprises au deuxième trimestre 2009. Pour les euro-obligations (obligations d'entreprises et obligations d’État) d'Europe de l'Est aussi, les écarts de rendement se sont très fortement réduits au cours des derniers mois par rapport aux obligations d’État de l’Union monétaire européenne.

Au cours du deuxième trimestre, les économies d’Europe centrale et orientale ont de nouveau subi des pressions considérables, principalement dues à l’interdépendance économique avec les pays de l’UE. La forte dépendance vis-à-vis de la demande des pays développés de l’UE a un impact direct sur la production industrielle, qui se contracte de manière extrêmement rapide et diffuse. Eu égard à la crise actuelle, le soutien du Fonds Monétaire International revêt, pour de nombreux pays de la région, une importance majeur, afin d’assurer tant bien que mal la stabilité des économies nationales. Le FMI, l'UE et la BCE coopèrent très activement en vue de maintenir la stabilité de l’ensemble de la région. En outre, la Lituanie et la Croatie ont pu récemment émettre des obligations sur le marché international des capitaux, ce qui consolide leur assise financière et illustre en outre le regain d’appétit pour le risque des investisseurs dans la région.

Revue par pays

Russie
En juin, les prix du pétrole se sont stabilisés juste en-dessous du seuil des 70 dollars américains ; le rouble lui-même n’a pratiquement connu aucune fluctuation par rapport au panier de devises euro-dollar. Si les écarts de rendement des obligations d’État et des obligations d’entreprise russes ont légèrement augmenté, elles sont cependant très en-dessous des niveaux record de l’an dernier. Les données économiques publiées en juin témoignent de la poursuite de la récession. Le recul de la production industrielle s’est accéléré, le chiffre d’affaires du commerce de détail a continué à baisser. Le déficit budgétaire se creuse encore en raison du recul des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses dévolues au soutien de la conjoncture. Toutefois, au niveau des marchés, on note la prédominance manifeste des attentes en matière de reprise de l’économie mondiale et donc de l’augmentation de la demande en matières premières. De nouvelles augmentations des prix des matières premières seraient extrêmement profitables à la Russie.

Sur le marché russe des actions, après la forte hausse de cours de ces derniers mois, laquelle a permis à l’indice RTS de doubler sa valeur, on observe une prise de bénéfices réalisés par les investisseurs. Cette correction a été particulièrement marquée pour les actions gazières et pétrolières, bien que le prix du pétrole brut, juste en-dessous des 70 dollars américains, ait pu se maintenir à un niveau satisfaisant. De nouvelles rumeurs relatives à une hausse imminente de la taxation des entreprises d’exploitation pétrolière et gazière, ainsi qu’un conflit d’actionnaires au sein de l’opérateur de téléphonie mobile Vimpelcom ont pesé sur le marché des actions ; la recrudescence du risque politique en Russie revient dans la ligne de mire des investisseurs. Le groupe norvégien Telenor, qui détient environ 30 % de Vimpelcom, a été jugé, par un tribunal sibérien, coupable d’avoir retardé l'expansion de l'opérateur de téléphonie mobile en Ukraine, et condamné à payer une très forte amende s’élevant à 1,7 milliard de dollars américains. Le paquet d'actions détenu au sein de Vimpelcom a été saisi au titre de caution – la menace de la vente aux enchères de ce paquet d’actions avant que Telenor puisse faire appel contre le jugement plane actuellement.

Hongrie
Le forint a connu d’importantes fluctuations en juin, et s’est apprécié par rapport à l’euro en comparaison mensuelle. Lors de l’assemblée qui s’est tenue fin juin, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé, conformément aux attentes générales. Les obligations d’État hongroises ont néanmoins pu augmenter en juin. Eu égard à la conjoncture actuelle, une baisse des taux d’intérêts serait sans doute indiquée, mais elle risquerait d’entraîner une nouvelle dévaluation du forint. En raison de l’importance de la dette en devises étrangères contractée par les ménages privés et par de nombreuses entreprises, la banque centrale souhaite éviter un tel scénario. La nette revalorisation du forint au deuxième trimestre 2009 devrait offrir à la banque centrale davantage de flexibilité en matière de baisse supplémentaire des taux d’intérêts ; la prochaine baisse pourrait intervenir dès l’assemblée de la banque centrale en juillet. À long terme, le niveau de rendement des obligations d’État hongroises semble très attractif ; toutefois, à court terme, le marché devrait se montrer volatile. Les actions à la Bourse de Budapest ont évolué de façon linéaire en juin. Les valeurs pharmaceutiques Gedeon Richter et Egis se sont illustrées positivement, sous l’effet des commentaires favorables des analystes et d’un programme de rachat d’actions.

Pologne
Comme la plupart des pays de la région, la Pologne a elle aussi connu un net recul de la production industrielle et du chiffre d’affaires du commerce de détail. L’évolution de la balance du commerce extérieur se révèle en revanche positive – en raison de la dévaluation du zloty, les importations baissent plus rapidement que les exportations. Les effets de l’affaiblissement global de la demande étrangère, consécutif à la crise financière mondiale, se font cependant nettement sentir. Conformément aux attentes générales, la banque centrale a baissé le taux directeur de 25 points de base fin juin. Les dernières données publiées sur l’inflation montrent une tendance à la baisse, après que le taux d’inflation ait connu une légère hausse au cours des derniers mois. Les rendements des obligations d’État polonaises sont restés stables en juin ; ils pourraient cependant augmenter en raison de l’altération des perspectives budgétaires et de la faiblesse de la devise. À plus long terme, la hausse des taux d’intérêts pourrait améliorer l’attractivité de la devise. RCM prévoit que le potentiel de réévaluation du zloty devrait aller croissant. Les actions polonaises se sont montrées attractives en juin en raison de la bonne performance des valeurs financières et du producteur de cuivre KGHM, lequel a profité de la poursuite de la hausse des cours du cuivre. Le regain de confiance des investisseurs dans le marché des actions s’est également traduit par l’intérêt suscité par l’introduction en bourse du producteur de charbon Bogdanka - l’émission a été souscrite plus de dix fois au-delà du nombre d’actions disponibles. Parallèlement, l’action du groupe pétrolier PKN Orlen, dont la profitabilité souffre du niveau actuellement très bas des marges de raffinage, a enregistré une évolution négative.

République tchèque
Les données économiques publiées en juin pour la République Tchèque étaient mitigées. En comparaison annuelle, la production industrielle a baissé de 22,1 % ; le chiffre d’affaires du commerce de détail a enregistré un recul inférieur aux attentes des analystes (-2 % par rapport à l’année précédente). L’évolution particulièrement notable de la balance commerciale tchèque, laquelle est positive pour le quatrième mois consécutif, est imputable à la chute des prix du gaz et à un mouvement de déstockage d’une part, et à la forte baisse des importations d'autre part. Lors de son assemblée fin juin, la banque centrale tchèque a laissé son taux directeur inchangé, au niveau historiquement bas depuis mai. Si la plupart des acteurs du marché s’attendaient à une nouvelle baisse des taux, la décision de la banque centrale n’a pas eu d’effet notable sur la devise nationale. Les rendements des obligations d’État tchèques dotées de durées résiduelles courtes ont chuté en juin, alors que les rendements des obligations à plus long terme ont légèrement augmenté. Le marché des actions tchèque a enregistré des hausses de cours en juin, principalement emmenées par la valeur financière Komercni Banka.

Turquie
En juin, la banque centrale turque a encore abaissé son taux d’intérêt directeur de 50 points de base à 8,75 %, excédant ainsi les prévisions de la majorité des acteurs du marché. En l’espace de quelques mois seulement, la banque centrale a abaissé son taux directeur de 800 points de base au total. La forte chute du taux d’inflation (5,2 % en comparaison annuelle, contre plus de 10 % encore en début d’année) et le net fléchissement économique de la Turquie (moins 13,8 % pour le PIB au 1er trimestre 2009 en valeur annualisée) laissent présager de probables baisses supplémentaires des taux d’intérêts au cours des prochains mois. Les acteurs du marché s’intéressent tout particulièrement aux négociations actuellement menées par les autorités turques et le Fonds Monétaire International au sujet de l’octroi d’un crédit. À ce stade, rien ne laisse présager un accord rapide : le gouvernement turc espère en effet sortir de la crise sans l’aide du FMI. Un accord entre ces deux parties devrait être accueilli favorablement . Les actions turques ont évolué de façon linéaire en juin. Les manoeuvres du gouvernement turc visant à retarder le financement du FMI pèsent sur les cours.

Marchés périphériques d’Europe de l’Est
À la surprise générale, le Premier ministre croate a démissionné début juillet ; cela n’a toutefois pas eu d’effet notable sur les obligations croates. L’Ukraine reste massivement soumise à des pressions économiques ; le versement d’une deuxième tranche du crédit du FMI a toutefois eu un effet très favorable sur le marché, et a entraîné des hausses marquées des cours des obligations. Compte tenu des élections présidentielles anticipées prévues fin octobre 2009, la situation politique en Ukraine reste toutefois très précaire.
Depuis le mois de mars, la devise nationale s’est stabilisée à un niveau très bas. Ces derniers mois, le risque de voir les taux de défaut des crédits en devises étrangères contractés par les ménages et les entreprises augmenter brutalement s’est fortement accru. Le refinancement de l’État devrait être garanti au premier chef par le soutien international, raison pour laquelle RCM continue actuellement à n’associer aucun risque immédiat au service de la dette ukrainienne. Dans ce contexte, l’instabilité politique constitue cependant toujours le principal facteur de risque. Les écarts de rendement des euro-obligations ont légèrement augmenté en juin. Les niveaux actuels semblent toujours prometteurs à long terme.

Chine
Les actions chinoises ont connu une légère baisse en juin. De nombreux acteurs du marché ont enregistré leurs premiers bénéfices depuis les fortes hausses de cours de ces derniers mois. Sur le plan conjoncturel, les indicateurs prévisionnels restent très positifs et l’indice des directeurs d’achat (PMI) publié est, pour la troisième fois consécutive, supérieur à 50 points, ce qui est synonyme d’expansion. Pour la première fois, la sous-composante des commandes pour l'exportation a également franchi le seuil des 50 points.
Dans le secteur de la téléphonie mobile, on note les signes d’un ralentissement de l’acquisition de nouveaux clients de téléphonie mobile pour China Mobile. Si, en avril, la société a acquis 5,8 millions de nouveaux clients, ce chiffre est retombé à 5,1 millions en mai. En revanche, les concurrents China Telecom et China Unicom ont pu augmenter leurs parts de marché. Dans l’ensemble, avec 8 millions de nouveaux clients par mois, le marché continue à croître très fortement.

Inde
Le marché indien des actions a affiché un léger recul des cours en juin, après que l’indice boursier ait connu une hausse pendant 13 semaines consécutives. Sur le plan économique, ont note plusieurs données positives : avec +5,8 %, la croissance du PIB pour le premier trimestre 2009 a clairement dépassé les attentes des analystes ; elle a été emmenée par une forte croissance dans le secteur du bâtiment (+14 %) ainsi que dans le secteur des services (+ 12,6 %), tandis que le secteur industriel a déçu (-3,7 %).
Au niveau des entreprises, on note des nouveautés dans le secteur de l’informatique (IT). La direction des entreprises du secteur voit dans les entrées de commandes un signe clair en faveur d'une stabilisation, et rapporte que le faible niveau des coûts pourrait inciter nombre d'entreprises européennes et américaines à intégrer la clientèle de ce secteur. Tech Mahindra s’est emparé de 31 % du paquet d'actions de la société informatique Satyam, en difficulté, et projette le rachat de 20 % supplémentaires. Un rachat total et une intégration complète dans la société Tech Mahindra ne sont en outre pas exclus.

www.rcm-international.com

Dimanche 19 Juillet 2009
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