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Quand un syndicat s'en prend à Watson…


Les grandes mutations sociétales ne vont pas sans soubresauts et l'agitation actuelle autour de la « Loi Travail » ou des nouveaux modèles imposés par Uber et consorts n'en constitue probablement que les prémices. En effet, les promesses de l'intelligence artificielle auront certainement un impact bien plus profond sur les entreprises.




La menace n'échappe (évidemment) pas aux organisations syndicales. Un tract publié par la délégation Force Ouvrière de BNP Paribas – entièrement consacré à la technologie Watson d'IBM (qui n'est pourtant pas, à proprement parler, de l'ordre de l'intelligence artificielle) et aux dangers qu'elle représente pour les salariés de la banque – donne à pressentir l'âpreté de la bataille à venir. Entre point de vue caricatural et réalité des enjeux humains de la révolution à venir, la recherche de l'équilibre sera difficile…

Ce n'est pas une véritable surprise mais la position que prend le syndicat à travers son texte vise à la confrontation. Ainsi, lorsque l'estimation du cabinet McKinsey selon laquelle 45% des activités des salariés pourraient, à terme, être automatisées se transforme en « l'intelligence artificielle pourrait mettre 50% de l'humanité au chômage », le ton est donné. Et le raccourci final qui consiste à faire des robots de futurs donneurs d'ordre à de simples exécutants humains décérébrés est parfaitement absurde !

Plus inquiétant, le message de Force Ouvrière ignore un facteur fondamental dans son analyse : le client. Cité uniquement dans la prolongation du mythe du conseiller garant de la connaissance de ses besoins et de la qualité de service, il n'est jamais fait référence à la possibilité qu'il soit lui-même demandeur de contacts en tout lieu et à tout moment, avec des réponses contextuelles, immédiates et toujours cohérentes à ses questions… La banque centrée sur son client semble étrangère à la réflexion de l'organisation.

Naturellement, à l'opposé, il ne peut être question de sous-estimer le défi posé aux politiques de ressources humaines par l'introduction de l'intelligence artificielle. Car il est indubitable que le mouvement vers l'automatisation d'une partie des métiers de la finance est irréversible, sous la pression conjuguée des attentes des clients et des réductions de marges durables. Les dirigeants des institutions doivent en être parfaitement conscients et ont une obligation de préparer au plus tôt la transition.

Quand une néo-banque 100% technologique (telle que Simple) parvient déjà, en 2016, à opérer avec 20 à 30 fois moins de personnel qu'un établissement traditionnel, il n'est plus possible de continuer à recruter des bataillons additionnels de conseillers (ce qui se voit hélas encore). Il est, au contraire, urgent de réfléchir aux reconversions à envisager et aux plans de formation à mettre en place, en vue de faire monter en compétences les futures « victimes » de la robotisation. Attendre trop longtemps serait suicidaire.

Finalement, les deux parties adoptent la même attitude de déni de la réalité face à des changements inéluctables. D'un côté, les responsables des banques négligent de prendre en compte en avance de phase les effets prévisibles sur l'emploi, tandis que, de l'autre, les syndicats refusent d'admettre que de nombreux métiers disparaîtront. Alors, comme toujours en France, cela se terminera dans un conflit stérile… Et pendant ce temps, des startups peu embarrassées de sureffectifs pourront s'installer sur le marché.

Patrice Bernard
Fondateur du blog “C’est pas mon idée”

fr.linkedin.com/in/patricebernard





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Mardi 7 Juin 2016
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