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Private Equity : 3ème édition du rapport mondial


Bain & Company, le leader mondial du conseil aux fonds de private equity, publie la troisième édition du rapport mondial consacré au Private Equity. Ce rapport fait ressortir trois tendances de fond pour l’année 2012 : une pression sur le capital, une pression sur les sorties et un durcissement des levées de fond qui renforcent l’exigence pour les fonds d’une implication active dans leurs sociétés en portefeuille.




Presque 1 000 milliards de dollars Us sous forme de «réserve de capitaux disponibles » -dont près de la moitié pour des buyouts- sont aujourd’hui fortement dispersés entre les fonds de private equity de tous types et toutes tailles dans le monde, alimentant une guerre des deals.

Bain & Company, le leader mondial du conseil aux fonds de private equity, publie la troisième édition du rapport mondial consacré au Private Equity. Ce rapport fait ressortir trois tendances de fond pour l’année 2012 : une pression sur le capital, une pression sur les sorties et un durcissement des levées de fond qui renforcent l’exigence pour les fonds d’une implication active dans leurs sociétés en portefeuille
« Ce rapport fait un état des lieux du secteur du private equity après trois ans de forte crise» souligne Jean -Marc Le Roux, directeur général de Bain & Company. « Il montre que la pression tant sur le capital que sur les sorties se poursuit mais avec de réelles opportunités pour les fonds qui gèrent de façon dynamique leurs sociétés en portefeuille. ».

Une pression sur le capital

Les fonds de private equity vont tenter d’accélérer le rythme des deals en 2012 alors qu’elles cherchent à faire travailler les capitaux engagés mais non encore appelés – (la poudre sèche ou « dry powder *») -, et ce avant que n’expirent les périodes d’investissement. Elles font cependant face à des difficultés, comme l’affirme Bain & Company dans ce rapport.
« Les fonds de private equity (les General Partners, ou GPs) vont ressentir la pression à vendre certains actifs en 2012 » résume Jérôme Brunet, associé et responsable France du pôle private equity chez Bain & Company, « ils ont tardé à rembourser les investisseurs (les Limited Partners, ou LPs) depuis la crise, ce qui a conduit à une pression à la sortie à hauteur de 2 000 milliards de dollars US ». Environ 50% des fonds levés en 2007-2008 n’ont toujours pas été investis, créant une forte pression à réaliser des opérations. « L’heure approche inexorablement pour ces fonds » ajoute Jérôme Brunet. Si les capitaux ne sont pas investis avant fin 2013, les GPs pourraient bien devoir libérer les LPs de tout engagement, et renoncer en plus à leur management fees et à la part de plus-value (carry) possiblement créée, selon le rapport.

« Nous sommes en présence d’un surplus de capital structurel » ajoute Jérôme Brunet. En effet, les « vieux » fonds vont non seulement se faire concurrence entre eux, mais auront en plus affaire aux fonds plus récents dans un contexte de restriction des transactions réalisables à court terme. De fait, si les activités de buyout conservent leur faible niveau de 2010 et 2011, les réserves de poudre sèche de 2007 et 2008 suffiraient à elle seules à clore tous les opérations pendant presque 2 ans. Et la pression risque d’être encore plus forte en Europe Occidentale, où les fonds ont à gérer une quantité encore plus importante de poudre sèche proche de la date de « péremption ».

Une pression sur les sorties

« Mais il ne faut pas non plus croire que les sorties d’investissement vont réellement décoller en 2012 » souligne Daphné Vattier, Associée au sein du pôle Private Equity de Bain & Company. « Il existe encore des faiblesses dans tous les canaux de sortie. Beaucoup d’entreprises, dans les portefeuilles des fonds, ne sont toujours pas mûres pour la vente car leur valorisation est encore trop faible pour permettre aux GPs de toucher une plus-value ».
A la fin de l’année 2011, les ventes des GPs à des industriels ont plongé au vue du redémarrage difficile de l’économie américaine et des inquiétudes dans l’Eurozone. Les cotations en bourse et les ventes entre fonds d’investissement sont également bloquées. Le montant des actifs non vendus a atteint environ 2000 milliards de dollars, soit deux fois plus que la poudre sèche destinée à être investie par les GP s, et 1,5 fois plus que ce qui a été investis dans l’année 2011.
Selon le rapport, près de 80% des entreprises en portefeuille sont valorisées entre 0 et 1,5 fois la mise, soit largement en dessous du niveau nécessaire aux GPs pour toucher une plus-value. Les GPs doivent par conséquent se concentrer sur l’amélioration de performance opérationnelle et financière des sociétés de leur portefeuille.

Un durcissement des levées de fond

Les levées de fonds ne sont pas sur le point d’être complètement rétablies en 2012. Le rythme lent des sorties d’investissement force les LPs, qui sont à court de liquidités, à respecter leurs engagements pris sur des appels de fonds passés, alors qu’ils atteignent leur plafonds d’allocation. Pendant ce temps, trop de fonds cherchent du capital, ce qui pourrait forcer les GPs soit à revoir leurs attentes, soit à faire face à une certaine déconvenue. En dépit de l’important retard pris pour essayer de mettre au travail la poudre sèche, et des conditions de levées de fonds qui se détériorent et continueront à le faire en 2012, les GPs prévoient de lever 2,8 fois plus de capital en 2012 que ce qu’ils avaient pu lever l’année dernière.
Selon le rapport, des incertitudes sur les perspectives économiques conjuguées à des marchés de capitaux propres toujours volatiles risquent de rendre difficile les accords entre acheteurs et vendeurs sur les prix. Bain a ainsi trouvé que les conditions sur les marchés de la dette étaient moins favorables cette année qu’en 2011. Une des principales sources d’inquiétude est de savoir si l’offre -en termes de dette- va pouvoir suivre le rythme de la demande, cela malgré une reprise du nombre de deals. Les auteurs signalent toutefois que l’adaptation des marchés de crédit sera probable tant que la chasse au rendement, dans un contexte de taux d’intérêts faibles, attirera les investisseurs.

L’exigence d’une implication active dans les sociétés en portefeuille

Selon le rapport, les facteurs du retour sur investissement liés au marché- le β- -à savoir un PIB croissant fortement, des multiples de valorisation en hausse et des effets de levier importants augmentant les retours sur investissement- ont disparu et ne sont pas prêts de revenir de sitôt. Les GPs, comme les LPs, doivent aujourd’hui s’employer à créer du α pour avoir des retours surperformant le marché, c’est à dire stimuler la croissance des entreprises de leur portefeuille. Les GPs vont donc devoir s’affuter sur de nouvelles disciplines pour réussir leurs investissements, augmenter leur capacité et leur compétence organisationnelle pour accélérer la croissance et enfin créer des modèles reproductibles pour créer de la valeur. Les LPs eux, auront pour principal challenge d’identifier les GPs susceptibles de leur offrir un α en progression. Ils devront voir plus loin que le seul historique de performance, et peut-être à la lumière d’indices les plus récents, ils comprendront que certaines performances pourraient bien s’évanouir.
« Le choix d’un bon manager de fonds sera critique pour les investisseurs » conclut Daphné Vattier « Les fonds de private equity qui ont géré les fonds du premier quartile (CAD les 25 % les plus performants) ont 60% de chance de voir le fond remplaçant (successor fund ) surperformer. De la même manière, un GP dont le fonds faisait partie du dernier quartile a 60% de chance de voir le successor fund associé sous-performer. »

Zoom sur les marchés émergents

Les marchés émergents, bénéficiant d’une forte croissance, continuent d’attirer à la fois les LPs et les GPs, même si la plupart d’entre eux auront des difficultés à atteindre leurs objectifs souvent élevés. Les LPs restent fascinés par la croissance robuste de ces marchés, et continuent à y investir leur argent. Cependant, les espérances ne se sont pas encore concrétisées, tout du moins pas à la hauteur des attentes des investisseurs, d’après le rapport. Le principal facteur caractérisant la capacité d’une économie à absorber l’argent du private equity est le nombre de grandes entreprises à vendre/acquérir. Comme cette condition manque souvent à certains marchés émergents, la poudre sèche va continuer de s’accumuler. Pour les investisseurs, l’Asie du Sud-Est est attractive à plusieurs titres. Elle dispose d’un nombre important de grandes entreprises surtout à Singapour et en Malaisie, et dans une moindre mesure en Indonésie. Contrairement à la Chine et à l’Inde, où les fonds de private equity n’ont pu prendre que des parts minoritaires dans des petites et moyennes entreprises, ou bien ont dû se limiter à des investissements privés dans des actifs publics, l’Asie du Sud-Est a traditionnellement été un marché de rachats, offrant plus d’opportunités de création de valeur aux GPs. Etre plus gros, en rapport par exemple à des indices comme le PIB, n’est pas toujours un avantage.

Zoom sur les secteurs immobilier et industriels

D’un point de vue sectoriel, il y a maintenant consensus sur le fait que le marché de l’immobilier américain a touché le fond, attirant l’attention des GPs vers le bâtiment et les matériaux de construction. Sur ce segment, le timing et la localisation sont critiques. Les GPs prennent le temps de comprendre où se situent, dans le cycle de construction, les produits des compagnies qu’elles évaluent. Par exemple, dans la construction commerciale, où l’érection d’un bâtiment peut prendre jusqu’à 18 mois, ils veulent pouvoir rapidement investir dans les producteurs de matériaux nécessaires au début du cycle.
En Europe, les gérants de fonds jouent aussi sur le cycle des business, en regardant très largement dans les secteurs industriels : de l’automobile à la chimie, quels actifs relativement haut récemment pourraient-ils acheter à bas prix?

Zoom sur la santé

Dans l’univers des services de santé aux Etats-Unis, les GPs explorent les opportunités qu’offre ce secteur, nouvellement modifié par la récente législation et la volonté de limiter les coûts. Les entreprises de gestion de services ou les SSII sont des cibles alléchantes, qui attirent l’attention du monde du private equity. Les fonds tentent aussi de profiter de la croissance des cliniques de détail (retail clinics**), qui sont capable de fournir des soins rapides, efficaces et de bonne qualité aux patients. En Europe, les prestataires de soins sont aussi très convoités: les programmes gouvernementaux de réduction de coûts offrent l’opportunité à de nouveaux fournisseurs, plus efficaces, de se faire une place. L’industrie des technologies médicales éveille aussi l’intérêt des investisseurs en Europe comme aux Etats-Unis, où ces derniers doivent gérer les allers et venues dans leur pool, tandis que les producteurs d’appareils médicaux font face à la pression qu’exercent les gérants d’hôpitaux sur les prix ; ces derniers sont en effet de plus en plus tournés vers une gestion fine de leur budget et de nouvelles technologies voient le jour à un rythme soutenu.

* Poudre séche / Dry Powder: terme d’anglais financier formel désignant des titres liquides prêts à être cédés pour couvrir des futures imprévus ou à investir dans des actifs rapidement. Ce terme vient de l’importance de conserver de la poudre (à canon) sèche, au milieu d’une bataille, dès le XVIe siècle.
**Cliniques de détail /Retail clinic: encore appelées Convenient Care Clinics ou CCCs, ce sont des établissements médicaux délivrant des soins simples et effectuant de la prévention générale. Ils sont
tenus par des infirmier(e)s et des assistant(e)s médicaux, plus rarement par des médecins. On les trouve essentiellement aux Etats-Unis, dans certains supermarchés, centres commerciaux ou encore dans certaines pharmacies.

Bain & Company
Bain & Company est le cabinet de conseil en management reconnu par les dirigeants pour sa capacité à matérialiser des impacts et des résultats dans leurs organisations. Bain conseille ses clients, entreprises et fonds de private equity, sur leur stratégie, les opérations, la technologie, l’organisation et les fusions-acquisitions. Les associés et les équipes de Bain développent des recommandations qui peuvent être effectivement mises en oeuvre par les entreprises et s’assurent qu’elles auront ensuite la compétence et l’autonomie pour préserver ces progrès et la valeur de cet investissement. Pour garantir l’alignement des intérêts du cabinet avec ses clients, Bain n’hésite pas à indexer ses honoraires sur la performance constatée de ses interventions. Fondé en 1973, Bain s’appuie sur 47 bureaux dans 30 pays pour accompagner les entreprises de tous les secteurs d’activité et sur tous leurs marchés.
www.bain.com

Vendredi 4 Mai 2012
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