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Pour Dominique Strauss-Kahn, la crise financière n’est pas encore terminée


Il l’a affirmé devant les députés européens : les effets de la crise financière se feront encore sentir, au moins jusqu’à la fin de l’année. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International, était jeudi au Parlement pour partager son point de vue sur les turbulences des marchés financiers et leurs effets sur l’économie mondiale. Mais il a aussi évoqué l’envolée des prix alimentaires ou le rôle du FMI pour superviser les marchés. Petit compte-rendu de ses propos.




Quel impact pour la crise financière mondiale ?

Cette crise est d’un type nouveau. Les prix des logements aux Etats-Unis continuent de baisser et il n’y a pas de signe de stabilisation. Si les causes de la crise sont encore présentes, alors les conséquences aussi : problèmes de dettes, problèmes dans le système financier qui se répercutent sur l’économie réelle.

Ni l’Europe ni les pays émergents ne sont dissociés de l’économie américaine : ils ne peuvent donc pas échapper à l’impact de son ralentissement. Si, dans le cas de la Chine et de l’Inde, la croissance sera encore très forte, elle le sera un peu moins qu’auparavant. Les économies émergentes ne sont pas immunes.

La crise va-t-elle durer ?

Le pire est-il derrière nous ? Le pire de quoi ? Si l’on évoque le pire de la crise financière, alors oui, peut-être. Mais est-ce certain ? Peu après la révolution française, on disait qu’il était trop tôt pour en mesurer les conséquences. Cela est vrai, aussi, pour la crise financière. Mais nous avons de bonnes raisons de croire que les plus mauvaises nouvelles sont derrière nous : les institutions financières ont pour la plupart révélé l’impact de la crise sur leur activité.

Le principal problème concerne les liens entre la crise financière et l’économie réelle. Et cela, ce n’est pas derrière nous. Il y aura un effet prolongé sur les consommateurs et sur les comportements d'investissement du fait de la restriction des crédits… et nous devrons vivre avec pendant un moment: les optimistes disent jusqu'à la fin de cette année, les pessimistes disent jusqu'à la mi-2009. Personne ne sait exactement.

Faut-il superviser davantage les marchés financiers ?

Comment faire pour éviter que cette crise ne se répète ? Le Forum de Stabilité Financière a produit un rapport complet et a fait des recommandations pour améliorer l’endurance des marchés et des institutions financières. Par exemple : une surveillance accrue de la gestion des risques, du capital et des liquidités, une amélioration de la transparence et un renforcement de la réponse des autorités aux risques. Mais comment mettre en œuvre ces recommandations ? Comment être sûr qu’elles le soient ?

Du fait de la mondialisation, il ne suffira pas seulement d’appliquer ces recommandations dans les pays développés. Si le même type de contrôle n'existe pas ailleurs, alors cela n'aura quasiment aucun effet.

Pour mettre en œuvre ces pratiques, il faut une institution universelle : par exemple le FMI. Il faut propager le travail effectué par le Forum de Stabilité Financière à l’échelle mondiale. Ensuite, le FMI pourrait contrôler ou superviser l’application de ces nouvelles règles et pratiques.

A propos de la crise alimentaire mondiale
Les prix élevés des denrées alimentaires sont un énorme problème humanitaire. Les gens ont faim, mais c’est même pire : parce que les enfants manquent de nourriture, cette crise aura des conséquences sur leur vie entière.

Le développement des pays émergents comme la Chine et l’Inde tire vers le haut la demande -non seulement de nourriture mais aussi de matières premières.

Nous pensons tous que le marché devrait à terme, résoudre cette situation, mais que signifie "à terme"? Nous ne pouvons pas attendre aussi longtemps. Un bon exemple est le Malawi, pays dans lequel la production agricole a doublé en deux ans, grâce à la mise en place d’une politique rationnelle -l’utilisation d’engrais. Il nous faut des politiques, en particulier agricoles, adaptées à ce genre de questions.

Source : Parlement européen
www.europarl.europa.eu

Mercredi 21 Mai 2008
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