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Portraits de startupers par Sébastien Bourguignon


Entretien avec Sébastien Bourguignon à propos de son ouvrage “Portraits de Startupers.



Vous venez de publier « Portraits de startupers - édition 2017 », racontez-nous l’histoire de ce livre ?

En 2015, à la suite d’une formation que je passais en part-time à Paris Dauphine, j’ai commencé à me poser sérieusement la question de lancer une startup, mais comme beaucoup je m’en rends compte, j’ai rapidement buté sur les grandes questions existentielles : Mon idée est-elle la bonne ? Par où commencer ? Faut-il avoir un profil spécial pour se lancer ? Où trouver des fonds ?

Ce questionnement m’a amené naturellement à m’orienter vers ceux qui l’avaient déjà fait, les startupers eux-mêmes. Je me suis servis de mon blog comme prétexte pour aller leur demander de me raconter par où ils étaient passés pour se lancer dans leur projet, comment ils s’étaient financés ou encore quelles difficultés ils avaient rencontrés ? C’est comme cela qu’est né #PortraitDeStartuper.

Puis les premières réponses sont arrivées et j’ai commencé à les publier sur mon blog. Au bout d’une dizaines de portraits, j’avais des retours ultra positifs sur les réseaux sociaux, alors au lieu de m’arrêter j’ai continué jusqu’à en réaliser 80 sur l’année. Et puis, à force d’échanges et de feed-back, j’ai choisi d’en faire un livre blanc, un eBook, dans lequel j’ai repris l’ensemble des portraits réalisés et j’ai fait intervenir une vingtaine de contributeurs experts de l’écosystème qui ont donné chacun un éclairage très personnel sur cette fameuse French Tech. Dans ces contributeurs, on retrouve entre autres Axelle Lemaire, Gilles Babinet, Alban Jarry ou encore Emmanuelle Leneuf, bref des angles de vue totalement variés et pointus. Ce livre blanc jusqu’à aujourd’hui a été vu plus de 450 000 fois, un carton plein.

Dans les semaines qui ont suivi la publication de ce livre électronique, j’ai été contacté par l'éditeur Maxima qui m’a proposé de le sortir en version papier en librairie, un projet que je n’aurais sûrement pas décidé de mener initialement, mais l’opportunité était trop belle pour ne pas y aller. Comme j’avais déjà commencé la saison 2 de #PortraitDeStartuper, nous avons décidé de partir sur un contenu un peu différent du livre blanc de 2015.

Ainsi dans ce livre, on retrouve 80 startups, 89 startupers avec un équilibrage volontaire entre hommes et femmes afin de mettre en avant l’entreprenariat féminin, et 29 contributeurs dont une bonne partie de ceux qui avaient participé au livre blanc et une dizaine de nouveaux comme Olivier Mathiot, Aurélie Jean ou encore Loïc Dosseur. Un contenu totalement varié et passionnant, un vrai concentré de ce que peut être l’écosystème startup en France actuellement.

Vous nous disiez avoir une activité professionnelle principale, mais comment vous organisez-vous pour ce type de projet ?

Ce n’est pas facile, parfois les journées sont longues, mais elles sont tout le temps passionnantes. Tout cela se fait le soir, le week-end et les vacances en dehors du temps que je peux consacrer à ma famille, mes amis ou même à mes activités sportives. Comme vous le voyez, c’est une vraie organisation. J’écris beaucoup lorsque la maison est calme en fin de journée principalement. La majeure partie des contacts que je prends avec les startupers ou les contributeurs se font par le biais des réseaux sociaux, des mises en relation ou par mail.

Maintenant, on ne va pas se mentir, tout cela prend beaucoup de temps, c’est une énergie importante à dépenser mais avec un retour tout aussi important d’énergie de la part des personnes que je rencontre au gré de ce projet depuis de longs mois. La dynamique est extrêmement positive, je développe mon réseau de manière significative, j’apprends quotidiennement de nouvelles choses, je suis comme un gosse, tout le temps émerveillé des personnes que je rencontre et des contextes dans lesquels cela se passe.

Mais finalement êtes-vous vous-même un startuper aujourd'hui ?

Non toujours pas ! J’ai travaillé sur un projet pendant une bonne partie de 2016 avec 2 partenaires pour lancer une plateforme justement à destination des startupers, mais après de longs mois de réflexion, nous n’avons pas réussi à déterminer de business model viable pour notre projet.

Je ne désespère pas dans les mois ou années à venir de pouvoir me lancer soit dans un projet entrepreneurial soit, et c’est peut-être là que la solution se trouve, dans un projet intraprenarial. Une option qui pourrait être une alternative tout à fait être pertinente pourrait être aussi d’investir dans un projet que l’on me proposerait et de participer à son développement. Je n’ai pas encore la bonne réponse mais ce qui est sûr c’est que je suis on ne peut plus armé pour lancer un projet en mode startup, reste à déterminer lequel et quand.

Un vrai frein dans un cas comme le mien, et pour lequel je n’ai pas encore identifié de solution probante, c’est le fait d’être chargé de famille, cela rend tout de suite beaucoup plus difficile la prise de risques, cela engage beaucoup plus que soit, et c’est aussi aujourd’hui pour moi le point dur pour me lancer dans la création d’une entreprise.

Qui sont les startupers que vous avez interrogés depuis 2 ans ?

Ils ont des profils totalement variés, jeunes ou vieux, novices ou serial entrepreneurs, hommes ou femmes, startups tech ou non, ils sont je pense représentatifs de ce que peut être l’écosystème aujourd’hui. Ils ont tous en revanche un point commun, ce sont des gens passionnés par leur produit ou service. Je n’en ai pas rencontré un seul qui avait des doutes quant à la manière dont se développe leur entreprise.

L’intérêt de ce livre est justement de pouvoir comparer des parcours totalement différents grâce à une mécanique originale, les startupers répondent toujours à la même série de questions. Ainsi vous pourrez comprendre ce qui fait la différence entre un patron d'une startup early stage et celui d'une scaleup. Qu’il s’agisse de leurs parcours académique (ou non d’ailleurs), de leurs ambitions ou encore de la manière dont ils se sont financés, ils ont tous quelque chose de neuf à raconter.

Ma partie préférée dans un portrait est le conseil du startuper à celui qui voudrait se lancer, c’est assez symptomatique, mais de manière récurrente ils répondent presque unanimement qu’il faut se jeter à l’eau.

Ainsi depuis 2015, 180 startups sont passés par le projet #PortraitDeStartuper, et comme je le dis souvent ce n’est que le début.

Quelles sont les startupers de votre livre qui vous ont le plus marqué ?

Ils m'ont tous marqué mais si je devais en choisir 3 parmi les 89 du livre, je dirais sans hésiter pour commencer Jérémy Lamri CEO de la plateforme Monkey tie, tout d’abord parce que techniquement c’est lui qui a accepté le premier de participer à cette aventure en 2015, ensuite parce que c’est quelqu’un d’inspirant et de réellement bluffant. Pour l’anecdote, il a tenté récemment par le biais du Lab RH, une association de startups du secteur des RH, de racheter Viadéo par le biais d’une campagne de crowdfunding auprès des startups du Lab. Une opération qui n’a malheureusement pas abouti puisque le réseau social a été racheté finalement par Le Figaro. De plus, Jérémy publie régulièrement de très belles tribunes que je vous invite à suivre.

Si je dois en citer une deuxième, ce sera sans hésiter Morning et son PDG Eric Charpentier avec l’actualité chaude des dernières semaines, cette néobanque toulousaine, que je suis depuis quasiment le début, a passé de mauvais moments récemment et il me semble que l’on a bien chargé la mule pour une entreprise qui réussit plutôt bien à déranger l’écosystème bancaire. J’espère vraiment que la situation va s’améliorer pour eux, je crois que les choses sont bien engagés pour trouver une solution de sortie de crise.

Enfin, la troisième et dernière startup, mais qui n’en n’est plus une aujourd’hui, ce sera 1000mercis.com avec Yseulys Costes. J’ai une affection particulière pour ce portrait car lors de mon cursus à Paris Dauphine, 1000mercis avait été le premier cas d’étude que j’avais eu à réaliser en cours. Nous devions étudier la stratégie de développement de l’entreprise et notamment le modèle retenu quant à son IPO. J’avais approché Yseulys au culot par le biais de LinkedIn sans grande conviction et elle avait finalement très facilement accepté de participer au projet. Une femme tout à fait accessible et inspirante malgré la réussite insolente de son entreprise.

Qu’avez-vous retenu de tous ces portraits ?

Ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est l’incroyable énergie et le dynamisme de tous ces entrepreneurs. Ils portent tous vigoureusement et avec beaucoup d’engagement leur entreprise. De la plus petite en passant par la plus grosse des sociétés, ces patrons sont tous totalement mobilisés pour développer leur produit ou service et pour le diffuser le plus largement possible.

Mais surtout, et c’est sûrement ce qu’il y a de plus génial dans le fait de côtoyer cet écosystème, malgré la morosité ambiante, la crise et tout ce qui peut assombrir le quotidien des français, les entrepreneurs quant à eux sont des personnes extrêmement positives, orientées solutions, regardant toujours en avant. Je n'ai croisé depuis 2 ans aucun startuper ayant le même parcours, la même histoire, en revanche j’ai trouvé beaucoup de traits de caractères similaires. D’ailleurs nous avions réalisé une étude avec Monkey tie à ce propos.

Que pensez-vous de la folie startups qui sévit depuis quelques années ?

Je trouve que c’est une bonne chose, quoiqu’on en dise ici ou là. Donner l’opportunité à des personnes de tous horizons de créer une entreprise, pour devenir indépendant, créer de la valeur et des emplois, c’est une chance non négligeable. Les initiatives qui ont été lancées depuis plusieurs années pour booster l’entreprenariat en France commencent à donner des résultats, en particulier la French Tech. Nous sommes encore bien loin des États-Unis mais en même temps nous avons vite rattrapé le retard que nous avions pris, le chemin est encore long mais il y a maintenant fort à parier que dans les pépites d’aujourd’hui nous ayons déjà le futur Google ou Apple français.

Il n’y aura jamais eu autant de moyens pour permettre aux français de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Qu’il s’agisse des banques, de l’état, des territoires ou des grands groupes, les solutions de financement sont présentes. Alors certes, il y a encore sûrement des choses à peaufiner, notamment des financements sur des grosses levées de fonds, qui sont plus faciles à trouver à l’étranger qu’en France. Sans parler des structures d’accompagnement, entre les pépinières, les incubateurs, les accélérateurs ou associations tout est à disposition pour aider les entrepreneurs à se lancer et se développer. Il y a là aussi matière à faire mieux, notamment dans les modèles de financement de ces structures, car le service n’est pas toujours niveau du coût que cela représente pour les startupers. Je pense en particulier à ces structures qui se financent en pourcentage du PIA (Paris Innovation Amorçage) une subvention de la ville de Paris et de la BPI de 30k€ max, parfois sur des montant allant jusqu’à plus de 50% de cette somme pour accompagner les startups, ce qui limite drastiquement l’intérêt du financement pour l’entrepreneur.

Pensez-vous écrire un autre tome de ces portraits ?

Si l’expérience de ce premier tome est un succès, et sans m’avancer de trop, je pense que nous pourrons envisager une nouvelle édition des portraits pour l’année prochaine. J’ai adoré travailler sur cette première édition, j’ai découvert un monde de l’édition qui n’a rien à voir avec celui du numérique, qui ne fonctionne pas du tout sur le même moule mais qui fait preuve lui aussi de beaucoup d’agilité. Je tiens d’ailleurs à remercier mon éditeur Maxima et plus particulièrement Stéphane Derville qui est venu me chercher l’année dernière pour me proposer ce formidable challenge.

Quelle sera la suite de cette aventure ?

Tout d’abord, je vais laisser le mois de janvier pour laisser passer le lancement du livre et la promotion qui va autour, avant de relancer début février la saison 3 des #PortraitDeStartuper, une nouvelle série de 100 portraits sera donc publiée quotidiennement du lundi au vendredi entre février et juin. On pourra découvrir encore de nouvelles pépites françaises, de belles entreprises bien établies et surtout des profils d’entrepreneurs remarquables et inspirants.

Ensuite, dans la continuité du premier livre blanc sorti en novembre 2015, un nouveau livre blanc sortira avant l’été, la date reste à fixer, avec de nouveaux contributeurs, et les 100 startups de l’année 2016. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir tous les entrepreneurs de cette saison et d’avoir aussi de nouvelles analyses de l’écosystème par des professionnels du secteur.

Sébastien Bourguignon, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Finyear.



Blog : http://sebastienbourguignon.com
Le livre est disponible ici :
• http://livre.fnac.com/a9861709/Sebastien-Bourguignon-Portraits-de-startupers#st=portraits%20de%20sta&ct=&t=p

• https://www.amazon.fr/Portraits-startupers-2017-Sebastien-Bourguignon/dp/2840018896/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1483822621&sr=8-1&keywords=portraits+de+startupers

• http://www.decitre.fr/livres/portraits-de-startupers-2017-9782840018896.html

• http://www.priceminister.com/offer/buy/1542771516/portraits-de-startupers-de-sebastien-bourguignon.html


Sébastien Bourguignon est Manager dans un cabinet de conseil et spécialiste du numérique.
Passionné par le numérique, l’innovation et les startups, il a créé un blog pour y partager l’actualité autour de ces sujets.
Il a aussi développé le projet #PortraitDeStartuper dans lequel des entrepreneurs partagent leurs parcours de startupers.
Enfin, il est l’auteur du livre « Portraits de startupers – édition 2017 » aux éditions Maxima.

© Copyright Finyear. Propos recueillis par la rédaction de Finyear.

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Vendredi 20 Janvier 2017
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