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Pascal Houillon fondateur de l'Institut Sage





CFO-news : Monsieur Pascal Houillon, bonjour, vous avez fondé l’Institut Sage pour le développement des entreprises. Hier, l’Observatoire de l’Institut a rendu publique une enquête sur le profil des repreneurs d’entreprise. Qu’en retenez-vous

Pascal Houillon
Pascal Houillon
Pascal Houillon : A travers mon expérience personnelle et les échanges que j’ai eus avec des repreneurs depuis un an sur mon blog, j’avais l’intuition que le repreneur est avant tout un entrepreneur comme les autres. Reprendre est une phase transitoire, il y a l’avant reprise, puis quelques mois où l’on est repreneur, mais après on devient le nouveau dirigeant.

L’étude menée par IPSOS le démontre sous plusieurs angles : prise de risque, capacité de travail, connaissance du secteur, gestionnaire ou développeur… Les qualités nécessaires et les profils traditionnels évoqués dans l’étude font clairement du repreneur un dirigeant d’entreprise comme un autre ! Il reste cependant une différence fondamentale : il part d’un existant. A lui d’en tirer le meilleur parti.

Ce qui m’a peut-être le plus surpris c’est que je ne suis pas le seul à avoir compris la reprise comme une chance : près d’un repreneur sur 3 n’en est pas à sa première reprise. Qu’ils souhaitent donner un nouvel élan à l’entreprise avant de la céder ou se renforcer par une acquisition, les repreneurs montrent que c’est une dynamique de croissance, pas une simple succession.

L’étude montre un manque d’information chez les repreneurs, à quoi est-ce dû selon vous ?

Il est vrai que trouver des informations pertinentes sur la reprise est une tâche complexe. L’information est souvent sectorielle, or plus d’un repreneur sur deux ne connaît pas particulièrement le secteur de l’entreprise qu’il rachète. De plus, l’information est morcelée par la diversité même des questions : quelles sont les aides disponibles, comment financer le rachat, comment gérer la transition avec le cédant, comment gérer les relations avec l’écosystème de l’entreprise au cours des premiers mois ?

Je crois d’ailleurs que le manque va au-delà de la seule information. La reprise est une matrice à trois entrées principales : l’entreprise elle-même (son état à l’instant T, dans toutes ses dimensions : marché, présence, clientèle, image de marque, innovation, ressources humaines, etc.), le cédant (sa vision de l’histoire de l’entreprise, les raisons de la cession) et le repreneur (son envie, sa vision de l’avenir de l’entreprise).

Il manquait un espace qui fédère les compétences et permette le partage et le dialogue entre entrepreneurs. C’est la mission de l’Institut Sage, qui permet, grâce au réseau social des entrepreneurs et des dirigeants sur son site web www.institut-sage.com et grâce à des rencontres physiques, d’échanger les bonnes pratiques.

Selon votre étude, le repreneur est rarement un membre de la famille ou un salarié de l’entreprise elle-même. Pourquoi cette particularité ?

C’est effectivement étonnant, car cela nous différencie de la plupart de nos voisins européens chez lesquels ces taux sont plus élevés. J’y vois le signe d’une dynamique d’entreprendre, qui n’est peut-être pas si faible qu’on l’imagine en France. Trois repreneurs sur quatre étaient salariés et se lancent dans une nouvelle aventure grâce à la reprise : voilà un signe encourageant !

D’autre part, si l’on veut que les PME croissent en taille et se structurent, elles doivent connaître une nouvelle impulsion au moment du passage de témoin. Il est difficile de préjuger de la pertinence ou non d’une reprise interne ou familiale, mais reprendre c’est quoi qu’il arrive plus que succéder. Le plus important dans une reprise, c’est le projet que porte le repreneur et son regard neuf. Ces deux éléments font de lui un accélérateur d’innovation et de croissance pour l’entreprise.

Monsieur Pascal Houillon, je vous remercie et vous donne rendez-vous dans un prochain numéro de CFO-news.

© Copyright CFO-news. Propos recueillis par la rédaction de CFO-news


Jeudi 6 Novembre 2008
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