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Où sont passées les baisses des taux ?


Pour tenter de relancer la croissance, ou plus modestement éviter les plus graves conséquences de la crise financière et économique, les banques centrales ont procédé ces derniers mois à des baisses importantes de leurs taux directeurs.




Où sont passées les baisses des taux ?
Aux Etats-Unis la FED maintient ses taux directeurs pratiquement à 0%. En Europe, la Banque Centrale Européenne, a abaissé jeudi 5 mars son principal taux directeur d'un demi-point à 1,50 %, un niveau sans précédent depuis la naissance de l'institution, il y a dix ans. M. Trichet n’exclut pas de poursuivre cette baisse entamée en septembre dernier.

Où sont passées les baisses des taux ?

Pierre-Antoine Dusoulier
Pierre-Antoine Dusoulier
Les taux directeurs fixés par les banques centrales conditionnent les taux interbancaires, c’est à dire les conditions dans lesquelles les banques se prêtent mutuellement. La baisse des taux directeurs a pour objectif évident de fluidifier les échanges entre des banques méfiantes car ne sachant pas estimer la santé financière réelle de leurs partenaires.

Malheureusement, la baisse des taux n’atteint que très partiellement les marchés. Alors que les banques peuvent aujourd’hui emprunter à 2 ans à 2,00%, à 10 ans à 3,20% et à 25 ans à 3,50%, les entreprises et les particuliers à la recherche de prêts doivent encore supporter des taux très élevés. Par exemple, le site meilleurstaux.com spécialisé dans la négociation de prêts immobiliers au meilleur taux, considère aujourd’hui qu’un crédit à 4,85% sur 25 ans est un bon crédit, ce qui laisse 1,35% de marge brute à la banque. Selon ce site, un taux de 4,60% sur 25 ans est qualifié d’excellent.

Pire, les conditions d’obtention de prêts sont de plus en plus draconiennes. Frileuses, les banques fuient le risque et plus que jamais ne prêtent qu’aux riches. Appliquant des taux élevés à partir de taux directeurs bas, ces banques pratiquent des marges importantes sur des dossiers sans risque ou presque. Certes la plupart des banques ont un impérieux besoin de redorer leur bilan mais il serait probablement plus judicieux d’aider à relancer la machine économique en pratiquant des taux raisonnables et en répartissant ses risques plutôt qu’en faisant payer très cher un volant restreint d’activité. Bob Hope a plus que jamais raison : « une banque est en endroit où l’on vous prête de l’argent à condition que vous prouviez que vous n’en avez pas besoin ! »

Pour autant l’évolution prévisible des taux directeurs des grandes banques centrales a un impact certain sur les taux de change et donc sur les marchés des changes. En particulier, toute anticipation par le marché d’une hausse ou d’une baisse des taux de la BCE entraîne mécaniquement la hausse ou la baisse de l’Euro. Je vous laisse tirer vous-même les conclusions de la situation et analyser les propos récents de Jean-Claude Trichet : « le niveau de 1,5% ne sera pas forcément le niveau le plus bas ».

Bon trade

Pierre-Antoine DUSOULIER
Président de Saxo Banque France


www.saxobanque.fr

Vendredi 27 Mars 2009
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