Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 
 


              

Mutation vers l’analyse prédictive


IBM. Le CEO de Business Analytics pour la Suisse précise les enjeux de l’évolution de l’informatique décisionnelle (business intelligence).




Mutation vers l’analyse prédictive
Les années 2007-2008 ont marqué l’entrée en force de plusieurs géants du logiciel dans le champ de l’informatique décisionnelle ou Business Intelligence (BI). Oracle avait racheté Hyperion, SAP avait repris la société française Business Objects et IBM la société canadienne Cognos. Ce qui a permis aux trois grands groupes de réaliser de véritables percées dans un domaine qui a entretemps évolué, vers l’analyse prédictive par exemple. En préambule au salon IBM Performance, le grand rendez-vous du secteur qui se tiendra jeudi 3 novembre à Genève, entretien avec Peter Nikles, responsable Business Analytics de IBM pour la Suisse et pour l’Autriche.

Une bonne part des activités de plusieurs géants de l’IT dans le champ de l’informatique décisionnelle (Business Intelligence BI) découle de l’acquisition de sociétés spécialisées dans ce domaine. Pour IBM il s’agit du groupe canadien Cognos en 2007. Quel bilan tirez-vous de l’acquisition quasi simultanée des principaux acteurs du décisionnel (BI) par des géants de l’informatique?
Les trois grands éditeurs de logiciels avaient en effet acquis de telles sociétés. Ce qui a permis je pense aux trois grands groupes de réaliser de véritables percées. Pour IBM aussi, l’acquisition de Cognos a constitué une avancée majeure, tant dans le domaine de la business intelligence (BI) que de la performance financière (Financial Performance).

Qu’entendez-vous par financial performance?
Cognos s’est d’abord établi dans la business intelligence, autrement dit dans le génération d’états ou de rapports (reporting) standard et adhoc. La gestion Financial Performance correspond au logiciel Controller de la société Frango, rachetée précédemmentpar Cognos et s’inscrit dans le cadre des processus de planification et de consolidation financière.

Quels nouveaux jalons ont été ouverts pour IBM ar ces acquisitions?
Les acquisitions ont élargi le champ d’activités. En particulier celle de SPSS (Statistical Package for the Social Sciences), puis de Clarity System et d’OpenPages alors qu’une reprise est en cours dans le domaine Business analytics. Nous ne parlons d’ailleurs plus seulement de Cognos mais d’un portefeuille étendu de business analytics. Et c’est en fait ce qu’IBM a réussi à développer dans le cadre d’un stratégie permettant de démultiplier ses compétences dans plusieurs secteurs. Le groupe a constitué et complété son portefeuille lui-même et couvre chaque aspect de la BI. Sont venus s’y ajouter la consolidation financière et son produit phare Cognos Controller, en sus de la solution de planification et d’élaboration budgétaire TM1: des solutions et d’analyses financières en temps réel.

Et pour ce qui concerne SPSS?
Centré sur des solutions d’analyses prédictives, SPSS a été acquis en 2009. Si nous examinons les systèmes analytiques standards, prenons un cas concret: si vous gérez une chaîne de prêt-à-porter, à Milan, en Suisse, à Paris etc. Ces emplacements sont caractérisés par des spécificités démographiques particulières, part de femmes, âges, etc. Les données de ce type permettent ainsi d’optimiser le portefeuille proposé dans chacune de ces filiales selon les groupes cibles concernés. Ce qui peut être fait selon divers critères. Et un type particulier d’algorithme effectue ce genre de traitement de données de manière très intelligente. Et permet d’établir des synergies entre un emplacement et un autre.

Quelle est la clientèle type ou dominante de SPSS?
La clientèle provient de tous les secteurs. Les banques, l’industrie, les services, etc. C’est d’ailleurs là une tendance de fond qui tend à se renforcer actuellement. Pour toute l’analyse prédictive, en particulier vers les médias sociaux. Si vous souhaitez savoir ce que pensent des clients potentiels à propos d’un produit par exemple, vous allez sur Facebook ou sur d’autres réseaux sociaux, et après avoir lancé ce programme, vous obtenez des résultats préalables probants assez rapidement.

De tels programmes d’aide à la décision existent depuis assez longtemps. Quels sont les progrès accomplis ces dernières années?
En effet. Mais il faut aussi se demander dans quelle mesure le marché est prêt à exploiter ces produits. Il y a de très bons produits depuis longtemps sur le marché mais peutêtre pas encore assez matures. Or le délai de mise sur le marché (time to market) dans le commercial est un facteur décisif de succès. Autrement dit proposer le produit adéquat à la clientèle cible appropriée. La modélisation de cette approche permet d’obtenir une bonne adéquation. Et si l’efficacité peut aussi être améliorée en termes de coûts, cela se traduit par une nouvelle proposition de vente (USP) de nature à procurer des avantages sur la concurrence.

Quel a été l’apport particulier de Clarity Systems?
C’est une autre acquisition importante d’IBM, en 2010. Clarity Systems a été rebaptisé Cognos FSR (financial statury reporting). Il s’agit d’une solution rapide et souple d’emploi qui permet de réunir dans un rapport annuel des données structurées et non structurées. Pour une société cotée par exemple, l’impression des rapports trimestriels permet de relever le défi du foisonnement des sources, le plus souvent des tableaux Excel. Ce système recueille des informations et les canalise dans un protocole particulier XBRL à partir de différentes sources pour les formater dans un format procurant un degré d’automatisation très élevé.

Peut-on vraiment parler de rapports de gestion automatisés?
Oui. A un niveau si élevé même que ce protocole peut être remis à une imprimerie en mesure de l’utiliser tel quel. Ce qui n’est pas le cas habituellement : le fichier doit encore être traité par l’imprimerie moyennant des travaux non négligeables. Et cela tant pour les données structurées que non structurées. Je viens par exemple de rencontrer un client potentiel, un groupe non coté en Bourse, qui doit publier une fois par année un rapport annuel pour le conseil d’administration. Il rassemble toutes les informations disponibles sur une grande table et a besoin de trois semaines pour classer le tout en un rapport. Si vous pouvez faire cela en un jour, l’intérêt du produit tombe sous le sens. D’autant que cela supprime la question des sources d’erreurs dues au facteur humain. Ce système devrait prochainement être vendu à une grande banque, selon IFSR.

Mais ces solutions sont-elles à la portée des entreprises de taille moyenne?
Tout à fait. Cette solution Cognos est également à la portée des sociétés de taille moyenne, non seulement vu le prix attrayant du logiciel mais aussi de sa rapidité de mise en place, si on le compare surtout avec les systèmes ERP qui requièrent de nombreuses journées de consulting et deux à trois ans pour la mise en place jusqu’à ce que le logiciel soit opérationnel.

Avec OpenPages l’an dernier, c’est l’entrée de plain-pied ans la gestion du risque?
En effet, il s’agit là d’une gamme de solutions qui, dans le cadre d’une application modulaire (framework), permet de couvrir tous les risques. En l’occurrence plutôt pour les grands comptes. Ces derniers doivent faire face à des risques opérationnels, financiers, IT et à des problèmes de compliance. Or il arrive souvent que le département IT ne soit intéressé que par ce type de risques et fasse le choix d’une solution centrée sur ce domaine. Le risque financier doit alors être couvert par une autre solution, etc. A la fin vous avez quatre systèmes différents dont la maintenance doit aussi être assurée. Or OpenPages est basé sur une approche modulaire de réseau (framework) qui couvre tous ces risques dans un cadre intégrateur (framework). Et aujourd’hui, dans une entreprise, le Chief Risk Officer doit être en mesure d’appréhender tous les types de risques. De plus, les quatre types de risques sont pris en compte de manière coordonnée..

Cette évolution et ces acquisitions ne s’effectuent-elles pas au détriment de vos sociétés partenaires en Suisse?
Au contraire. Je pense que nos sociétés partenaires dans le domaine business analytics se voient ainsi offrir de nouvelles possibilités de s’affirmer sur le marché et de mieux se profiler auprès de leurs concurrents. Car il s’agit de solutions qui procurent énormément de valeur ajoutée.

La plupart des entreprises – des clients potentiels – affichent une situation financière saine. Leur propension à investir dans ce domaine devrait donc être assez favorable ?
En effet, en particulier dans le domaine business analytics qui affiche une croissance soutenue même si la croissance économique se montre plus hésitante.

Quels sont les leviers de la demande?
Les coûts informatiques parmi lesquels toute l’exploitation des solutions individuelles se révèle d’un poids particulier. Plus il y a de solutions isolées, plus la facture est salée pour les entreprises. Deuxième facteur, les avantages compétitifs susceptibles d’être gagnés par le biais des différents instruments SPSS.. Mais aussi les tendances sous-jacentes telles que l’essor des médias sociaux. D’où nos solutions Social Media Analytics. Afin de permettre aux entreprises de retirer des avantages de ces médias pour l’approche de groupes cibles spécifiques. Autre levier de croissance: de nombreuses entreprises travaillent encore beaucoup avec des tableurs excel dans leurs solutions de planification. Or le taux d’erreur est particulièrement élevé en raison des saisies manuelles. On assiste donc à une nette tendance à l’automatisation des solutions de planification de manière à remplacer les tableurs par des solutions en grande partie intégrées.

Qu’attendez-vous de particulier à l’occasion de IBM Performance 2011?
A Genève comme à Zurich, les clients seront certainement à l’affût des solutions novatrices que nous leur présenterons. En particulier Cognos 10.1, la dernière version. Et des trends tels que le SPSS. D’autant que de plus en plus de clients peuvent témoigner des succès et de leurs expériences ainsi que des défis à surmonter. Ces témoignages constitueront les deux tiers des interventions. L’autre tiers étant dévolu à des présentations plus théoriques. Afin d’illustrer l’intégration des éléments tels que SPSS et FSR.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Vendredi 4 Novembre 2011
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs




Blockchain Daily News