Monsieur Baroin, ne tuez pas Alternext


Il y a une tradition en France : remettre en cause ce qui marche bien. Plutôt que de l’ajuster pour cela marche mieux.




Marc Fiorentino
Marc Fiorentino
L’offensive menée actuellement pour "améliorer le financement des PME et des ETI par le marché financier" en est la parfaite illustration. Le rapport, dit Giami- Rameix, adressé à notre ministre de l’économie, Monsieur François Baroin, qui alimente ce mouvement, commence d’ailleurs par une citation pour le moins surprenante : "Si nous voulons que tout continue, il faut d’abord que tout change". Une citation extraite du film bien connu "Le Guépard", mais une citation que Jean Luc Mélenchon ne renierait pas. Hop ! On détruit tout. On repart à zéro… Pour tout détruire à nouveau dans deux ans ou trois ans ? Intéressant comme démarche.

Arrières-pensées

Le constat est simple : la Bourse doit être un axe prioritaire du financement des PME et des ETI dès lors que les banques ne jouent pas leur rôle. Jusque là tout le monde est d’accord, mais c’est là que cela se gâte. Pour des raisons étonnantes, et des arrières-pensées qui manquent de clarté, certaines associations et certaines personnalités de la Place de Paris veulent remettre en cause le seul marché de PME et d’ETI qui fonctionne, le marché d’Alternext, un marché qui en 2011, alors que la Bourse de Paris était fermée de fait, était le seul à continuer à introduire des entreprises. Je parle en connaissance de cause : Euroland a introduit deux sociétés, une en Novembre, une en Décembre. Et Euroland est avec Allegra Finance et d’autres acteurs dynamiques le plus gros intervenant sur le marché Alternext depuis sa création en 2005.

Alternext est un marché formidable, plébiscité notamment par les entrepreneurs qui y sont cotés. On remarque d’ailleurs que dans le rapport « Giami Rameix » aucune entreprise cotée n’a été contacté en direct. Alternext doit être soutenu, aidé, amélioré. Mais il ne faut pas changer une équipe qui gagne même si elle devrait gagner encore plus !

Querelle de clochers

Nyse EuroNext est en position d’accusé. On parle même d’aller monter une plateforme avec une bourse anglaise pour faire concurrence à Alternext ou encore d’aller demander de l’aide à la Caisse des Dépôts qui œuvre déjà très efficacement et activement pour les PME et les ETI. Ce sera donc le passage à « l’ennemi » ou « la nationalisation » ?

Cette querelle de clochers et d’egos est à l’image des querelles des candidats à la présidentielle : déconnectée de la réalité. Et ce sont ces querelles qui ont fait de Paris une place financière provinciale. Nyse Euronext mérite un blâme : cela fait des mois qu’on leur demande de nous aider à mieux commercialiser cette plateforme formidable de cotation pour les PME et ETI. Et ils n’ont pas fait grand-chose. Ils réagissent aujourd’hui en créant un « comité stratégique ». Et tout cela va traîner encore pendant des mois. EuroNext mérite un blâme mais pas un carton rouge délivré par des arbitres auto proclamés.

Les vrais, acteurs de la Bourse pour les PME- ETI ont besoin d’un soutien Mais ne réinventons pas ce qui existe déjà et qui fonctionne.
Monsieur François Baroin, vive Alternext.

Marc Fiorentino
Président d'EuroLand Finance
Gérant d'Allofinance
www.allofinance.com

Lundi 27 Février 2012
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